« Tales from the Loop » – Promenade poétique

© Prime Video

Prime Video a dévoilé Tales from the Loop, une série étrange, surprenante et mélancolique. Du drame sur fond de science-fiction qui mise avant tout sur l’émotion plutôt que l’action et offre une parenthèse poétique dans laquelle on se perd volontiers.

Les huit épisodes sont inspirés par les tableaux du peintre suédois Simon Stålenhag et se présentent comme une promenade au cœur d’un univers déconcertant et empli de poésie. À l’image d’un véritable conte, la série s’ouvre sur une adresse aux spectateurs. Face caméra, un vieil homme met en garde ceux et celles qui s’apprêtent à vivre l’expérience de cette jolie rêverie sérielle : « Vous allez voir ici des choses que vous croiriez impossibles. Et pourtant, ces choses sont là. » Une première scène intrigante qui introduit une histoire qui l’est tout autant.

Au fin fond de l’Ohio, une petite ville abrite un centre de recherches spécialisé dans la physique expérimentale. La mission de cette machine souterraine, baptisée « la Boucle » (the Loop) par les habitants, consiste à explorer et résoudre « les mystères insondables de notre univers ». Chaque épisode se concentre sur un personnage et sur la manière dont sa vie est impactée par les expériences de la Boucle. Huit histoires donc, toutes liées les unes aux autres et qui plongent le spectateur dans un doux monde féerique où réalisme et fantastique se côtoient.

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Voyage futuriste ?

La série, signée Nathaniel Halpern (Legion), jongle avec le fantastique et soulève de nombreuses questions, souvent sans y répondre. Les scènes d’explications parfois lourdes et indigestes des œuvres de science-fiction sont ici rapidement balayées pour laisser place à l’émotion et à la contemplation. Le rythme est lent, les dialogues se font parfois rares et sont accompagnés par une bande originale envoûtante composée par Philip Glass et Paul Leonard-Morgan. Les fanas du genre n’y trouveront peut-être pas leur compte quand d’autres se laisseront facilement séduire par cette déambulation mystérieuse. Le mystère, autre élément central de la série, est entretenu au fil des épisodes et peut être source de frustration.

La part belle est ainsi faite aux personnages et au jeu d’acteur qui priment sur l’action. L’ensemble du casting offre une performance remarquable. Pas de grand spectacle donc mais des moments d’émotion comme suspendus pour parler de solitude et de deuil mais aussi d’univers parallèles, d’échanges de corps et de voyages dans le temps. Grâce à un habile travail d’écriture, le fantastique semble parfaitement intégré au quotidien des personnages et à leur réalité. Ce mélange des genres donne lieu à des scènes étonnantes où éléments futuristes, quoiqu’un peu datés, parsèment des paysages ruraux figés dans une ambiance eighties. Robots et autres artefacts technologiques se mêlent alors avec subtilité à l’esthétique léchée de la série et à ses décors. Sans jamais donner un quelconque jugement de valeur sur la technologie, Tales from the Loop se concentre avant tout sur l’humain et le place au centre de sa narration. Les contes (tales) prennent le dessus sur la Boucle (the Loop) et la technologie pour offrir des histoires intimes, bouleversantes mais surtout universelles.

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Pari réussi pour Nathaniel Halpern dont les fables se distinguent des séries de science-fiction traditionnelles et donnent un nouveau souffle au genre. Tales from the Loop divisera à coup sûr mais parviendra à envoûter ceux qui se laisseront aller à la contemplation de cette série unique.

Tales from the Loop est disponible sur la plateforme Prive Video.