PORTRAIT – Lous and The Yakuza, un talent forgé par la rue

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Artiste émergente de la scène foisonnante belge, Lous and The Yakuza développe un style atypique, une énergie débordante, a tout pour devenir grande.

Alors que son premier single Dilemme a atteint quasiment les 8,5 millions de streams sur Spotify et environ 4 millions de vues sur Youtube, elle annonce que son tout premier album devrait sortir dans les semaines à venir. Même si, comme elle le souligne dans son propre Clique Talk, l’album est prêt depuis juillet 2017.

Lous fait preuve d’un sens du détail, qui rend son travail très propre. Ses trois premiers singles clipés le montrent. En tout cas, elle a compris que pour percer il faut produire de la qualité, quitte à ne rien sortir pendant un temps. Ce qui n’a pas toujours été sa vision première. Lous est une artiste dans l’âme. Elle a se goût de transmettre et de s’exprimer. Elle le faisait par le dessin. Aujourd’hui c’est grâce à la musique.

Ces trois premiers clips sont remarquablement travaillés, tant dans la réalisation, que dans l’apparence qu’elle projette. On y retrouve quelques légères similitudes, peut être due à la composition de l’équipe présente sur les projets et qui n’est pas forcément différente avec Wendy Morgan à la réalisation, et Jannie McInnes et Scheme Engine à la production.

Dans ses textes l’artiste originaire du Congo évoque des sujets toujours aussi sombres et mélancoliques. Elle nous parle de sa folie, de son désir de solitude et de ce que « la vie » a fait d’elle. Son lexique correspond à la vie d’une femme tourmentée, elle a choisi de s’exprimer en français qui s’avère être la langue qui lui permet de retranscrire avec exactitude ce qu’elle ressent. Des clips intenses, reflets de sa vie, esthétiques et poignants, tant dans les textes que dans le visuel : Lous transmet.

L’artiste belge joue avec son image et sa personnalité pour saisir le public, avec une
aisance stylistique atypique. Ses ornements dégage de sa gangue sa brillance intérieure. Elle se démarque. Fortement inspirée par la culture japonaise, jusqu’à dans son nom de scène (un Yakuza étant un membre de la mafia japonaise). Plus particulièrement par la chanteuse japonaise Ikue Asazaki.

Joaillerie, grillz, faux « facetats » font partie intégrante du personnage. Ce qui a donné la punchline « J’ai marque sur le front telle Lous » dans le titre Z. Kietu de Damso issu de son album Ipséité. On a compris que Lous avait le souci du détail.

Si Damso se permet de faire référence à l’artiste dans ses morceaux, c’est que Lous fait partie de cette scène émergente belge remplie de grands talents. Hamza, Shay, ou encore Angèle. Elle s’entoure des meilleurs « Yakuza » pour pondre de beaux projets, on a vu Krisy, Damso, Yseult… Et d’une major, la signature avec Sony Music en 2019 qui lui permet d’instaurer cette rigueur visuelle.

La question du succès n’ébranle pas l’artiste, elle sait qu’elle y parviendra, c’est une question de temps. « Gravir les échelons, ça prend du temps », c’est ce qu’elle dira dans Tout est gore. Elle dit aussi que le succès pour une personne à la peau ébène est un chemin plus éprouvant vers le succès que n’importe qui d’autre. Jok’air l’exprimera ainsi : « un vrai négro doit en faire deux fois plus, courir plus vite, sauter deux fois plus haut » dans le morceau Hypocrite présent sur l’EP Jok’Pololo.

Ce que l’on sait déjà c’est que l’album s’intitulera Gore, et sera produit par El Gincho, producteur de Rosalia sur El Mal Querer. L’album sera composé de dix tracks a-t-elle dévoilé dans son propre Clique Talk. En espérant qu’elle confirme sa prise de vitesse depuis Dilemme et plus récemment Solo.

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