Les collages de Slip décryptent l’actualité surréaliste

Oubliez le reste du monde © Slip

Besoin d’évasion et d’inspiration en cette période de confinement ? Vu du web cette semaine, l’artiste Slip nous transporte dans un univers coloré, aussi surréaliste que poétique à travers les collages qu’il publie sur son compte Instagram.

Que diriez-vous de jouer au baseball avec le globe en guise de balle ? Et si les embouteillages s’apparentaient à un jeu d’enfant et qu’il était possible de «  ranger  » les personnes dans des boîtes d’oeufs ? En période de canicule, pourquoi ne pourrions-nous pas nous installer dans nos frigos ?

Ces images fantasmées, qui paraissent aussi surréalistes que poétiques sortent tout droit de l’imagination de l’artiste lyonnais Slip. Il les matérialise par des collages pop-art, inspirés entre autres de la culture soviétique. « J’ai commencé par faire des compositions d’images pour le groupe de musique Apple Jelly, de très bons amis à moi pour qui je réalisais les affiches » explique-t-il. À l’époque, j’étais un des rares à m’intéresser à l’informatique, donc c’est à moi qu’est revenue la tâche de composer l’identité graphique du groupe. »

Restez jouer sur l’autoroute ! ! © Slip

Si cet épisode nous ramène 20 ans en arrière, rien ne semble avoir entamé le style que l’artiste définit dès ses premières créations. « N’ayant aucune formation artistique, j’ai dû composer avec plusieurs contraintes comme le fait de ne savoir ni dessiner, ni peindre, avoue Slip. Travailler à partir d’images était plus simple pour moi et puis au fur et à mesure, mes compositions ont gagné en précision et pertinence. »

À la base de chacune de ses œuvres, il y a non seulement les couleurs très présentes, mais aussi de nombreuses photos d’archives qu’il chine sur le web, détoure et sort complètement de leur contexte, « des documents disponibles pour tout le monde », assure-t-il, mais qui demandent un temps de recherches conséquent. C’est notamment du côté des œuvres du russe Lazar Markovich Lissitzky ou les affiches soviétiques imaginées dans les années 1930 qu’il puise son inspiration, «  le pouvoir réalisait justement de nombreux collages à cette époque, notamment à des fins de propagande  », détaille-t-il.

Autre référence pour l’artiste, le mouvement du Dada qui regroupe, après la Seconde Guerre mondiale, artistes, écrivains et musiciens cosmopolites réfractaires au système culturel et social en place au profit d’un principe de liberté absolue en art. « Ce qui m’intéresse globalement, c’est moins le message de l’artiste à travers l’œuvre que leur esthétique graphique. »

Confinement familial © Slip

Un message qu’il se plait toutefois à faire passer à travers ses compositions personnelles. « Je m’inspire de tout ce qui m’entoure, mon quotidien mais aussi des thèmes plus larges de société, raconte Slip. Mes dernières créations sont inspirées des positions du gouvernement ou le rapport aux soignants par exemple. » Une manière pour l’artiste de nous embarquer dans une autre dimension, au delà de nos quatre murs.

Si les expositions auxquelles il prévoyait de participer sont pour le moment reportées, toutes ses œuvres sont à retrouver sur son Instagram, ou son site en format 30x30cm.

Marie Crabié

Rédactrice en chef de la rubrique Art. Curieuse et intriguée par la création artistique sous toutes ses formes

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