Succès pour Rone au théâtre du Châtelet

Crédit : Aude Arago

Jusqu’au 14 mars, Rone dévoile en avant-première son nouvel album au théâtre du Châtelet, Room with a view, accompagné de (La)Horde et des danseurs exceptionnels du Ballet national de Marseille. Avec un propos résolument politique. 

Du 5 au 14 mars, le spectacle Rone x (La)Horde – Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel – se tient au théâtre du Châtelet. Une carte blanche offerte par la nouvelle directrice du lieu, Ruth Mackenzie. Accompagné des danseurs du Ballet national de Marseille, le producteur et DJ Rone dévoile son album à venir, Room with a view, prévu pour le 24 avril prochain. Au-delà d’une performance musicale, l’ensemble de la troupe dévoile la beauté et la force de la fête dans un contexte de chaos sociétal.

Teaser du spectacle Room with a view

Un effondrement symbolique 

Sur scène, tout commence au sein d’une carrière de marbre au bord de l’effondrement. Niché dans l’alcôve de la carrière, de dos, Rone offre le premier aperçu de son nouvel opus, accompagné d’une danseuse-raveuse à la danse frénétique et animale. Une danse qui ne s’arrête pas, bientôt complétée par le reste de la troupe de (La)Horde, soit dix-huit danseurs. Jusqu’au moment de l’effondrement, dans un tas de poussière et de sonorités électroniques. Un effondrement plus que symbolique, puisqu’il représente un drame écologique et sociétal. Durant une heure, les corps se violentent, se retrouvent et se repoussent, dans un ballet organisé. Avec autant de haine que d’amour. Le livret d’introduction précise : “Nous avons pensé ce spectacle comme celui d’un difficile éveil des consciences, d’une marche forcée par la perspective écrasante de l’effondrement, et nous l’avons polarisé sur les rapports physiques que nous entretenons au groupe et à notre environnement. Une exploration des frontières et des nécessaires interdépendances de nos corps.”

Crédit : Aude Arago

La force de la fête 

Face à ce spectacle, aussi touchant que violent, difficile de rester assis sans avoir envie de rejoindre la danse. Un appel à la danse et plus globalement un appel à la mobilisation. L’un des meilleurs moments se concrétise dans le jet de pierre invisibles face à l’ennemi, tout aussi invisible, dans une ère de contestation et de libération de la parole. Une révolte qui se transforme progressivement en danse commune, nourrie par la cohésion du groupe. Toujours dans le livret d’introduction, il est possible de lire : “Nous avons choisi d’incarner les mouvements souterrains, haineux comme amoureux, qui nous agitent et dont la compréhension ouvre la voie à une appréhension plus globale des inévitables luttes et conflits à venir. La chorégraphie rencontre la musique pour raconter la souffrance et la légitime colère des générations actuelles qui cherchent à se fédérer pour se donner sens, dans des communautés de fêtes et de combats.” Le collectif devient politique et s’impose alors comme une solution face au chaos du monde. De quoi nous faire réfléchir, et nous donner envie de revenir. Sans jamais oublier de nous battre.

Room With a View, du 5 au 14 mars, Théâtre du Châtelet, Paris 1er. Sortie du disque prévue le 24 avril, InFiné (ffff). 

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