Rencontre avec Maxenss – « Il y a des choses tragiques qui se passent en moi »

@ Bleu Nuit

De l’eau a coulé sous les ponts pour Maxenss, jeune artiste qui connait une visibilité maximale sur Youtube en compagnie de Squeezie, McFly et Carlito et bien d’autres. Après une période collective dans le groupe Fysh, Maxenss revient avec un premier EP solo intitulé @+. Nous l’avons rencontré à Saint-Malo, avant son concert complet à La Nouvelle Vague.

Le succès rencontré par la première édition d’@+ a permis à Maxenss d’en proposer une version augmentée l’été dernier, alignant des titres plus énergiques. Le cœur de l’EP nous plonge dans la solitude du personnage, dans ses tourments amoureux. La douceur de la voix rencontre des textes très introspectifs, appuyée par une production de grande qualité. Puis viennent les derniers morceaux de cette version augmentée qui envoient valser une certaine monotonie pouvant se dégager au fil des titres. L’humour revient comme un boomerang et l’énergie revigore cet EP qui est à l’image du personnage crée par Maxence Lapérouse, jamais à l’heure mais toujours avec une longueur d’avance.

On se retrouve après la sortie de @+, une version augmentée de l’EP sorti l’été dernier. Les premières images du clip @Maxoulezozo donnent le ton, on te voit avec tes potes sur une plage. Il y a une certaine rupture de ton par rapport aux productions de ton précédent groupe, Fysh. Qu’est-ce qui t’a amené vers ces sonorités plus douces  ?

Maxenss : Oui, clairement. Même à l’époque où je faisais des trucs un peu parodiques, j’avais des textes plus personnels. Ce morceau parle de l’alter ego que j’ai crée, qui est mon double maléfique. C’est peut-être ça qui est paradoxal chez moi, cette volonté d’écrire des textes plus profonds et ce Maxoulezozo qui vit dans l’instant.

Ce paradoxe était déjà présent lors de ta prestation à La France à un incroyable talent. Dans ce morceau, @Maxoulezozo, tu dis ceci : «  Ça y’est j’me livre décode les rimes, tourne la page  ». Tu quittes vraiment le monde de la parodie  ?

Oui et non. Déjà, j’aimais bien le dire pour la rime (rires) et c’est aussi une référence au livre écrit avec Squeezie. Il s’agissait plutôt de parler d’un nouvel horizon, pas de refermer une page définitivement. Ce sont des choses qui me travaillaient depuis un moment et je n’osais pas faire le premier pas. Avec Fysh, j’ai appris à faire de la musique. Il y avait plus cet aspect personnage alors que ce nouveau projet, ce sont des textes très personnels.

C’est l’avantage d’internet et notamment de YouTube, cela permet d’emmener les spectateurs vers des territoires qu’ils ne connaissent pas puisqu’ils te font confiance artistiquement.

Exactement. C’est une nouvelle manière d’apprécier les choses puisqu’on suit davantage des personnalités que des projets. Cela peut avoir du négatif peut-être mais concernant mon cas, ça me permet de tenter de nouvelles choses. Tant que ça me fait kiffer, je le fais.

Il y a une cohérence mais aussi une évolution quand on parcourt l’EP. Tu sembles absorber toute la violence du monde, celle d’un groupe avec Petit Poisson mais aussi celle de l’individu avec Yeux rouges. C’est une thérapie la musique pour toi  ?

Oui, clairement. J’ai envie de faire de la musique et j’en ai aussi besoin. Il y a des choses tragiques qui se passent à l’intérieur de moi et je ressens le besoin d’en passer par la musique pour les évacuer. Dans les textes, il y a certaines choses qui sont romancées puisque je passe par une narration.

Il y a aussi beaucoup de tendresse dans la façon d’aborder ces thèmes. C’est le cas dans Le Pré des corbeaux. Pourquoi vouloir chanter comme si tu avais le souffle coupé  ?

Il y a une histoire de souffle mais aussi un effet qui s’appelle le chorus. On a beaucoup insisté là-dessus, dans cette recherche d’une esthétique écorchée, un peu fait maison. C’était cohérent avec la thématique et avec la volonté que j’avais de délivrer ce message. J’avais envie de faire un morceau plus organique, avec une guitare et un peu moins de sonorités électroniques.

Tu écris les textes mais est-ce que tu interviens sur les compositions ?

Oui, bien sûr. Des fois, ce sont des compositions que des amis me proposent ou sinon je les réalise avec eux. Je n’ai pas forcément le texte avant, ça vient surtout des relations avec les gens qui m’aident à composer.

Et au niveau de la réalisation des clips ?

J’ai des idées de base et je confie le projet à un réalisateur. En général, je fais assez confiance et les réalisateurs comprennent très vite vers quel univers j’aimerai me tourner. Pour faire un bon truc qui semble facile à faire, c’est souvent là que tu as le plus de travail.

Pour la chanson Les mégots, comme pour le clip, tu passes par la simplicité et l’humour pour éviter les leçons de morale qui peuvent parfois prendre le pas sur le caractère artistique d’une oeuvre.

On a profité du shooting de ma pochette parce qu’il y a un visuel très similaire. C’est très premier degré alors que je n’apprécie pas forcément ce genre de chanson d’habitude. Pour le coup, ce morceau est très concept et facile à comprendre (rires).

Héros de roman brise un peu les structures de tes chansons. Tu passes du point de vue de l’autre, en essayant de deviner ses sentiments. C’est aussi une chanson où les refrains se mêlent aux couplets. C’est quoi la genèse de ce morceau ?

C’est une production qui m’a inspiré. J’ai d’abord eu des idées mélodiques avec le mot “boomerang” en tête et tout est parti de là. Il y avait cette idée de partir à un endroit pour mieux revenir. C’est un mec qui se pointe devant la maison d’une personne qu’il chérit et il se rend compte que son cœur est pris. Ça fait un peu psychopathe (rires) mais je trouve ça mignon en même temps. C’est un personnage qui aimerait faire comme dans un roman, dans un film et pouvoir conquérir la princesse. Il y a cet aspect poétique et un peu bizarre du type qu’on pourrait imaginer déguisé et qui se pointe tous les jours devant la maison. Martin, qui m’accompagne sur scène, m’a fait cette proposition et ça a donné ce résultat.

Tu seras sur scène ce soir. Comment tu te sens avant de monter et une fois sur scène  ?

Il y a toujours une part de stress mais je suis surtout très excité. Je reste impatient malgré la fatigue. Dès que je joue le premier morceau, ces sensations disparaissent. Après le concert, c’est pas toujours évident. La rencontre avec le public est très réjouissante mais je suis vraiment exténué par les morceaux finaux qui demandent beaucoup d’énergie.

Quels sont tes projets pour la suite  ?

Nous sommes à la fin de tournée donc j’ai plus de temps pour composer. Je ne sais pas encore si ça donnera un album ou seulement des morceaux qui ne formeront pas un tout. Je reste concentré sur la musique tout en gardant un œil tourné vers le milieu du cinéma.

Maxenss en concert :

  • Le 21 mars à Les abattoirs – Cognac (16)
  • Le 3 avril à La salle de l’étoile – Chateaurenard (13)
  • Le 25 avril à Connexion live – Toulouse (31)
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