Madeleine de Proust #10 : « Le Combat d’Hiver », la dystopie pour ados de Jean-Claude Mourlevat

© Illustration Henri Galeron

Chaque mois, un membre de la rédaction se confie et vous dévoile sa madeleine de Proust, en faisant part d’un livre qui l’a marqué pour longtemps, et en expliquant pourquoi cet ouvrage lui tient à cœur.

Paru en 2006 chez Gallimard Jeunesse, Le Combat d’Hiver est un roman dystopique pour adolescents. Il suit quatre orphelins de seize ou dix-sept ans, Helen, Milena, Milos et Bartholomeo dans leur quête de vérité.

Enfant/ado, je dévorais des piles de bouquins à une vitesse affolante. J’ai lu les trois quarts du rayon jeunesse de ma bibliothèque de quartier. Le Combat d’Hiver fait partie de ces romans reçus pour un Noël ou un anniversaire, dont la couverture m’avait autant intriguée que sa quatrième de couverture. Cette dernière propose aux lecteurs des « hommes-chiens », des « peuple-cheval » et des « jeux du cirques réinventés par la Phalange. » Rien ne prépare à la vague de tristesse provoquée par les dix dernières pages, relues pour l’occasion, qui m’ont faites pleurer, encore une fois.

Roman d’amitié, roman d’amour, roman d’aventure … Mais vraiment roman jeunesse ? L’écriture ne fait pas de concession. Il y a du sang, des moments de pur horreur qui font s’interroger sur les destinataires. Le livre n’est peut être pas à mettre entre les mains des plus jeunes.

Mythes et légendes

La société dans laquelle vivent les quatre protagonistes est dirigée par un gouvernement militaire dont l’arme principale est la peur, matérialisée par une passion morbide pour les jeux du cirque romain. Ceux-ci ont été remis en place pour punir les dissidents. Une manière de mobiliser l’héritage gréco-romain des lecteurs (qui ont d’ailleurs certainement le nez dedans en cours d’histoire). Le fantastique prend une place importante dans le roman, qui met en scène des personnages hybrides, mi-hommes, mi-animaux. Le Combat d’Hiver c’est une histoire de courage.

La voix de Milena

Titre incitatif de la première partie, il introduit le rai de lumière du roman. Ce qui fait tenir les personnages de notre roman, c’est l’espoir. Ce dernier passe par différentes choses, tangibles ou non. La voix angélique de Milena est la clef de l’histoire mais aussi l’un des éléments récurrents du récit. Le « ciel », par exemple, se transforme en morceau de fresque dans le cachot de l’orphelinat, qui aide les élèves à supporter les longues heures d’isolement.

« Oui, il y avait un bout de ciel peint sur le bois à demi-moisi. Il ne mesurait pas plus de trente centimètres sur quinze et le bleu azur avait sans doute pâli, mais c’était un ciel, assurément ! »

Le Combat d’Hiver

Camille Gho

Étudiante en journalisme culturel, je me nourris de romans et d'amandes (enfin, j'aimerai bien...)

Pas encore de commentaires

Laissez un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.