Rencontre avec KØZLØV : « Je définirais ma musique comme industriellement dansante »

Cette semaine, Maze vous fait découvrir Kozlov, étoile montante de la techno française. Sa chaîne SoundCloud compte déjà plusieurs milliers d’abonnés et ses titres génèrent des dizaines de milliers d’écoutes. Après plusieurs dates dans divers pays d’Europe et la sortie de son dernier EP Find Your Own Morality, il s’attaque désormais au festival Tomorrowland.

Photo © Facebook de Kozlov

L’importance des origines 

Derrière son nom à consonnance polonaise, Florian Kozlowski est un jeune garçon de 24 ans originaire de l’Oise. Il s’initie pour la première fois à la musique électronique et au mixage alors qu’il est au lycée. C’est durant cette période que ses amis lui attribuent déjà le surnom de Kozlov, son nom de famille original étant pour certains trop compliqué à prononcer  : «  C’était l’époque ou l’on s’appelait par nos noms de famille plutôt que par nos prénoms  ». Dès tout petit, il s’intéresse au style musical des années 80-90, son répertoire de l’époque se compose entre autres de Haddaway, Snap  ! ou Technotronic. Il débute sa carrière de DJ dans les soirées d’anniversaires et les mariages  : «  Vers 5h du mat’, je me faisais plaisir en remixant des chansons commerciales mais version électro et big room  ». Ces petites prestations lui permettent de toucher assez d’argent pour s’offrir du matériel de mixage. À ses 18 ans, il se tourne vers la musique techno, puis industrielle, et finira par ne jamais les quitter. Il découvre ce mélange de sonorités dans les soirées underground de Paris et c’est le déclic. Il nous raconte  : «  À un moment j’ai décidé de dire «  stop  » et de me consacrer à ce que j’aime, la techno. J’ai ensuite appris à produire, j’ai acheté du matériel analogique, j’ai galéré, j’y ai passé des semaines voir des mois mais aujourd’hui je suis fier et n’ai pas honte de dire qu’il n’y a pas eu que la techno dans ma vie  ». Désormais il mixe et produit de la techno industrielle tout en travaillant dans la maintenance électrique en industrie, un métier qui lui laisse le temps de se consacrer à sa passion.

Quand le groove se heurte à l’industriel

Kozlov nous décrit sa musique de manière simple  : de l’industriellement dansant. Il s’agit d’apporter un certain groove dans une musique brutale  ; une manière originale d’associer deux ambiances qui prennent une nouvelle fois racine dans les influences de son enfance. Son dernier titre Tchernobyl, ayant généré environ 40 milliers d’écoutes sur Soundcloud et 80 000 sur YouTube, est directement tiré de la série OCS du nom éponyme  : «  C’est mon meilleur son «  banger  », la série m’a directement inspiré. J’ai joué sur les nombreux breaks de la track pour apporter une histoire aux sonorités nucléaires, puis j’y ai ajouté quelques phrases en Ukrainien qui parlent de la catastrophe de Tchernobyl et nous y voilà  ! J’ai beaucoup aimé produire ce son ». Le musicien nous parle aussi de Settlement of Disputes, musique qui lui aura valu plus de 12 000 écoutes sur Soundcloud  : «  Celui-ci c’est mon meilleur son «  dark  », j’ai essayé d’amener la chose progressivement, tout en gardant une certaine tension dans la track  ».

Son EP Find Your Own Morality sorti le 27 janvier dernier, produit par le label Archivio One, est quant à lui composé de trois titres très différents. La première track, très breakée et criarde fait office d’introduction à l’EP, tandis que la seconde, bien que la mélodie ait une très bonne lead, reste fidèle à la techno industrielle. Pour terminer, le troisième morceau, bien plus trash, se compose de rythme drums industriels.

Entrée dans le monde de la nuit

Le talent de Kozlov lui aura permis de signer avec plusieurs labels, les plus importants étant Green Fetish Records, Grounded, COUP, MOTZ et Archivio One. Depuis octobre 2019 le DJ enchaîne les dates, entre Berlin, Cologne, Gdańsk, Lille, Budapest, Barcelone  ; ainsi ses horizons dépassent les frontières françaises. De son point de vue, les grosses raves de Paris ont énormément évolué, et le public aussi. La scène internationale lui permet de changer de l’air nocturne parisien  ; les warehouses «  jamais vues  » lui apportent de nouveau cette petite touche d’adrénaline  : « Ça me fait du bien d’aller à l’étranger, avant tout dans les pays de l’Est, là où la techno commence seulement à être en effervescence. Les gens sont géniaux  ». Les rencontres, c’est aussi un des aspects merveilleux du voyage. Toutefois le jeune homme nous confie : «  Il est très facile de se faire des amis, mais c’est le temps d’une soirée et non d’une vie. Attention, je fais quand même de très belles rencontres  !  »

Pour 2020, pas de collaborations avec d’autres artistes ou de remixes prévus mais un entier dévouement à sa carrière solo. Sa collaboration avec le label ARTS est toutefois déjà assurée et certaines dates sont déjà confirmées, un agenda plutôt chargé et très encourageant. On pourra donc retrouver Kozlov à Berne, Bruxelles, Nîmes, Paris, Kiev, Dublin, Sofia, Wrocław, Cologne, Berlin et surtout au célèbre festival de musique électronique Tomorrowland en juillet. Malgré l’engouement, l’artiste reste très détendu et ne semble ressentir aucune crainte vis-à-vis de l’avenir  : «  Je le vis au jour le jour, j’apprécie le moment. Si j’ai des dates tant mieux, dans le cas contraire je me ferais toujours plaisir en mixant chez moi  ».

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