Présidentielle américaine : quel.le démocrate pour affronter Donald Trump ?

© Montage : Guillaume Lacoste

Ils et elles sont encore 11 sur la ligne de départ. 11 à briguer l’investiture du parti démocrate pour la prochaine élection présidentielle. A quelques heures de l’ouverture des primaires en Iowa le 3 février, état des lieux des candidat.e.s prêt.e.s à en découdre avec Donald Trump.

Qui sera le ou la candidat.e démocrate désigné.e par la convention nationale démocrate mi-juillet à Milwaukee, Wisconsin ? Le suspense est pour l’instant entier, et sans doutes plus important que lors des élections précédentes. Et le fait qu’ils et elles soient encore douze en lice n’arrange rien. Le marathon des primaires démarre le 3 février en Iowa. A partir de là, les partisans démocrates vont choisir pour qui ils souhaitent que les grands électeurs votent lors de la convention. Le 3 mars, 14 Etats voteront en même temps, c’est ce qu’on appelle le Super Tuesday.

Mais qui sont les candidat.e.s ? De l’aile gauche à l’aile droite, du favori des sondages à celui qui n’a aucune chance de l’emporter, portraits succincts des 11 femmes et hommes qui veulent faire tomber Donald Trump en novembre prochain.

Joe Biden

L’ancien vice-président de Barack Obama est le dernier des poids lourds à avoir officialisé sa candidature, en avril 2019. Et son heure est peut-être enfin venue : déjà candidat aux primaires de 1988, puis à celles de 2008, remportées par un certain Barack Obama, il avait été dissuadé de se lancer en 2016 au profit d’Hillary Clinton. Mais cette fois, à 78 ans, l’ancien sénateur du Delaware est pour l’instant en tête dans les sondages. Tenant d’une ligne centriste, Joe Biden concentre plus ses efforts contre Donald Trump que contre ses opposant.e.s démocrates.

Un duel avec l’actuel président exacerbé par l’affaire ukrainienne, qui vaut en ce moment un procès en destitution à Donald Trump, et dans laquelle Joe Biden, ainsi que son fils Hunter, sont également impliqués. Accusé d’attouchements sexuels par plusieurs femmes, il est aussi régulièrement mis en cause pour ses positions passées, comme son vote pour la guerre en Irak en 2004, et sa longue opposition au mariage homosexuel.

Bernie Sanders

Il avait été la sensation des primaires de 2016, en étant jusqu’au bout un adversaire coriace pour Hillary Clinton. Bernie Sanders, 77 ans, sénateur du Vermont, est de nouveau dans la course à l’investiture, en espérant bien cette fois faire triompher l’aile gauche du parti démocrate. Partisan d’un “Green New Deal” pour le climat, d’une couverture santé universelle ou encore d’un salaire minimum à 15 dollars de l’heure, Bernie Sanders est en effet vu par beaucoup comme un véritable socialiste, ce qui n’est pas souvent bien vu outre Atlantique. Placé derrière l’autre figure de la gauche démocrate Elizabeth Warren en début de campagne, il est désormais au coude à coude avec Joe Biden dans les sondages.

Victime d’une crise cardiaque en octobre dernier, Bernie Sanders a été obligé de suspendre sa campagne, ce qui a relancé le débat sur son âge, sur lequel il est souvent attaqué comme d’autres de ses adversaires. Il est soutenu par de nombreuses personnalités comme Michael Moore, et de jeunes figures de l’aile gauche du parti, à l’image de la médiatique représentante de New-York, Alexandria Ocasio-Cortez.

Elizabeth Warren

Après un début de campagne tonitruant, et certains sondages qui la plaçaient en tête des intentions de vote dans des états clés, Elizabeth Warren semble aujourd’hui dévisser au profit de Bernie Sanders. Première femme élue sénatrice du Massachussets, et ancienne prof de droit à Harvard, elle s’est faite remarquée très tôt dans la campagne des primaires, pourfendant Wall Street, défendant une imposition plus forte des grandes fortunes, et plaidant pour la légalisation du cannabis. Certains rêvaient alors d’un ticket Sanders-Warren avant même le début des primaires.

Aujourd’hui en mauvaise posture face à Bernie Sanders, elle semble opérer un léger recentrage, en déclarant notamment qu’elle est favorable au maintient de l’accord de libre échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. En cas de véritable échec rapide dans les urnes, Elizabeth Warren pourrait être l’une des faiseuses de roi de cette campagne, en choisissant l’un ou l’autre des deux favoris.

Pete Buttigieg

C’est le plus jeune candidat de ces primaires démocrates, avec Tusli Gabbard dont nous reparlerons. A 37 ans, Pete Buttigieg n’a pas de mandat national, mais il est depuis huit ans maire de la petite ville de South Bend, en Indiana, ce qui lui fait dire qu’il a plus d’expérience en politique que Donald Trump (qui n’avait jamais été élu avant la présidentielle de 2016). S’il est favorable à une couverture santé universelle, et qu’il se dit très soucieux des enjeux écologiques, cet ancien militaire, vétéran d’Afghanistan notamment, est plutôt classé du côté des modérés du parti démocrate. En voulant incarné une sorte de “troisième voie” entre radicaux et centristes, il avait réussi à percer dans certains états d’après les sondages il y a quelques mois, mais la dynamique semble s’être enrayée. Défenseur des droits des LGBTQ+, il espère être le premier homosexuel à être investi par le parti démocrate.

Michael Bloomberg

Démocrate, puis républicain, puis indépendant… et de nouveau démocrate. L’ancien maire de New-York, onzième fortune mondiale a d’abord soutenu Joe Biden dans ces primaires, avant de se décider à se lancer en novembre pour représenter le camp centriste, au moment où l’ancien vice-président était en position délicate dans les sondages. Mais la campagne du milliardaire ne décolle pas, il est bien loin du trio de tête dans les sondages, qui le classent même régulièrement derrière Pete Buttigieg. Ancien ami de Donald Trump, il a comme lui promis de ne faire campagne que sur sa fortune personnelle.

Amy Klobuchar

Elle s’est faite remarquée en annonçant sa candidature il y a près d’un an sous la neige, au Minnesota, l’état duquel elle est sénatrice. Au coeur de sa campagne, la proximité et la lutte contre le changement climatique : Amy Klobuchar veut faire revenir les Etats-Unis dans l’accord de Paris, dont Donald Trump est sorti. Elle est avec Elizabeth Warren soutenue par le New York Times pour ces primaires. C’est la première fois que le célèbre journal choisit deux candidat.e.s.

Andrew Yang

“L’humain d’abord”, c’est un des slogans d’Andrew Yang, qui met l’accent sur la nécessité de créer une “nouvelle économie”, et sur la menace que représente selon lui le progrès technologique pour l’emploi. Jamais élu jusqu’ici, cet entrepreneur de 44 ans plaide également en faveur d’un revenu universel de 1000 dollars par mois pour tou.te.s les Américain.e.s âgés de plus de 18 ans. Des propositions qui ne sont pas sans rappeler celles de Benoit Hamon, lors de la campagne présidentielle française de 2017.

Tulsi Gabbard

Elle aussi agée de 37 ans, elle est donc la plus jeune candidate à l’investiture avec Pete Buttigieg. Représentante d’Hawaï, elle est la première parlementaire d’origine samoane, ainsi que la première hindouiste à faire son entrée à la Chambre des représentants. Là encore comme Pete Buttigieg, elle est vétéran de l’armée américaine, un passé qu’elle rappelle souvent. Elle s’était notamment portée volontaire en Irak en 2005. Accusée par certain.e.s dans son camp, notamment par Hillary Clinton, d’être trop proche des Républicains, elle avait été pressentie pour devenir ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, après l’élection de Donald Trump.

Michael Bennet

Diagnostiqué d’un cancer de la prostate au moment d’annoncer sa campagne, Michael Bennet a repoussé son entrée dans la course, le temps d’être soigné. Le sénateur du Colorado, réputé modéré, met notamment en avant la nécessité selon lui d’investir dans le secteur de l’intelligence artificielle.

Tom Steyer

Autre milliardaire (avec Michael Bloomberg) à se lancer dans la course, Tom Steyer. Financier notamment chez Goldman Sachs, engagé de longue date au parti démocrate, il n’a jamais été élu. Ces derniers mois il s’est particulièrement engagé dans une campagne pour la destitution de Donald Trump. Après avoir dans un premier temps renoncé à se présenter, il a finalement changé d’avis, pour se lancer dans la course aux primaires démocrates.

Deval Patrick

Il est l’un des derniers à s’être déclaré candidat, c’était en novembre dernier… Seulement, l’ancien gouverneur du Massachussets n’est pas vraiment connu, et il semble très compliqué qu’il arrive à remporter quoique ce soit, en s’étant déclaré à seulement trois du mois du premier caucus en Iowa. Admirateur de Barack Obama, il se dit candidat pour “renouveler le rêve américain, pour tout le monde, partout“.

A noter que 18 candidat.e.s se sont retiré.e.s avant même le début des primaires. Parmi eux, le maire de New-York Bill De Blasio, la première sénatrice noire de Californie Kamala Harris, ou encore l’ancien représentant du Texas Beto O’Rourke.

Kevin Dufreche

A l'écrit, et en podcast : Musique en bref !

Pas encore de commentaires

Les commentaires sont fermés