LUNDI SÉRIE – « The Mighty Boosh », l’obscure sitcom british

© BBC

Deux fois par mois, la rédaction se dédie entièrement au «  petit écran  » et revient sur une série pour la partager avec vous. Toutes époques et toutes nationalités confondues, ce format pourra vous permettre de retrouver vos séries fétiches… ou de découvrir des pépites  !

2004. Alors qu’aux États-Unis une célèbre sitcom nommée Friends tirait sa révérence, outre-atlantique, deux acteurs britanniques dont la réputation n’était déjà plus à faire au Royaume-Uni lançaient leur propre sitcom complètement déjantée   : The Mighty Boosh.

Difficile de résumer une série aussi surréaliste et déstructurée que The Mighty Boosh. Si la première saison a pour décor un Zoo, la seconde se déroule dans l’appartement londonien typique des sitcom tandis que la troisième et ultime saison prend place dans la boutique d’un des personnages secondaires de la série. Dans chacune de ces saisons nous suivons les aventures de Vince Noir (Noel Fielding), fashion victim infantile, et de Howard Moon (Julian Barratt) jazzman insignifiant et totalement ringard. Ces deux losers (l’un étant plus loser que l’autre, on s’entend) sont au centre d’aventures improbables donnant lieu à des scènes à jamais cultes pour les amoureux du nonsens.

Des planches au petit écran

Cette série totalement absurde est diffusée par BBC3 en 2004 seulement, mais c’est à 1998 que remonte la première rencontre sur scène de Fielding et Barratt puisque The Mighty Boosh est l’adaptation d’un spectacle et d’une émission de radio animée par le duo comique. Ces deux formats leur ont permis de développer un univers complètement loufoque que la série pousse encore plus loin. Ces origines scéniques influencent grandement la forme de cette série faite d’un enchaînement de situations grotesques donnant lieu à de véritables sketchs. Visuellement, une fois encore, on reconnaît toute l’influence de l’art scénique et notamment celle du théâtre et de la comédie musicale dans l’adaptation à l’écran de l’univers imaginé par les deux compères. Les épisodes sont jalonnés de chansons qui résonnent dans des décors d’une inventivité remarquable. La série développe par ailleurs tout un bestiaire  : d’Old Gregg aux Bongo Brothers en passant par le Killeroo, un kangourou tueur aux attributs… imposants.

L’amour du kitsch et du nonsens

Amateurs de kitsch, vous trouverez votre bonheur en vous plongeant dans ces trois saisons de The Mighty Boosh. Décors en polyester, costumes en papiers mâchés, marionnettes, costumes et mascottes dignes du SuperBowl. Tout est là pour passer un bon moment en compagnie de ces deux losers magnifiques. Le talent indéniable de ce duo est de nous faire rire. Certes. Mais à travers ces trois saisons on s’aperçoit bien des multiples talents de ces véritables hommes de scènes  : musiciens, acrobates, danseurs, costumiers, chanteurs… Fielding et Barratt touchent à tout et se trouvent derrière chaque élément technique de la série qui a été réalisée, rappelons-le, avec un budget ridicule. Au sein d’un seul et même épisode les deux acteurs peuvent jouer respectivement deux à trois rôles chacun. Avec The Mighty Boosh, Fielding et Barratt montrent qu’ils sont un des groupes de comédiens gardiens du nonsens très britannique.

La série, terminée depuis 2007 reste malgré tout inégale. A la saison trois nous préférerons les saisons une et deux, d’une bien meilleure facture et dont l’humour fonctionne bien mieux. La série se regarde aujourd’hui encore et laisse un goût de nostalgie nouvelle pour le début des années 2000 qui ont pourtant sacrées de nombreux boys band, ont vu naître quantités de séries aux rires préenregistrés et autres joyeusetés culturelles. The Mighty Boosh est ancrée dans son temps. Au détour d’un épisode vous rencontrerait ainsi les membres de The Horrors ou encore des Razorlight, aujourd’hui beaucoup moins sur le devant de la scène qu’à l’époque. The Mighty Boosh reste une série emblématique d’une forme d’underground devenu avec le temps désuet. Mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime.

La série, aujourd’hui encore inédite sur les écrans français est disponible à l’achat, sous forme de coffrets DVD. Outre-manche, Noel Fielding a fait des émules début janvier en soulignant le fait que la décennie écoulée n’avait «  pas assez comportée de Boosh  » dans un post instagram le montrant en compagnie de son acolyte de toujours, Julian Barratt.

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Peut-être qu’une nouvelle saison permettrait d’élargir le public français de la série. A l’ère des plateformes de vidéos à la demande, rien n’est impossible.

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