Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand – Coups de coeur

© Sofia Alaoui / Qu’importe si les bêtes meurent

Après dix jours de projections intenses, la 42ème édition du Festival du Court Métrage de Clermont Ferrand s’achevait le samedi 8 février dernier. L’occasion de revenir sur cinq courts qui nous ont fait de l’oeil pendant nos pérégrinations.

Amour(s) de Mathilde Chavanne (France)

Sélectionné en compétition national, Amour(s) nous parle du sentiment amoureux à travers le regard d’enfants que la jeune réalisatrice Mathilde Chavanne (Quelque Chose Brûle) va interroger sur leurs visions de l’amour. Éloignez ici l’idée du simple documentaire, la cinéaste ne se contente pas de filmer ses protagonistes en train de converser dans leur salle de classe, elle y ajoute des mises scènes romantiques et théâtrales (rencontres, tromperies, rupture..) jouées par des enfants qui tentent d’aimer comme les grands. Une bulle de poésie entre tendresse et mélancolie qui décortique les différents facettes de cet obscur objet qu’est l’amour.

La Distance entre le Ciel et Nous de Vasilis Kekatos (Grèce / France)

Après une Palme d’or amplement méritée au Festival de Cannes en 2019, La Distance entre le Ciel et Nous, deuxième court métrage du cinéaste grecque Vasilis Kekatos poursuit sa route des festivals et concourt en sélection internationale à Clermont-Ferrand. Derrière ce titre romanesque et poétique se cache la rencontre nocturne de deux hommes au beau milieu d’une station service déserte, l’un quémandant les quelques euros qu’il lui manque pour rentrer chez lui à l’autre. Un pitch d’apparence simple qui rayonne pourtant par la présence céleste des deux acteurs et par un scénario intelligent. Un bijou crépusculaire et intimiste qui est resté depuis, gravé quelque part au creux de notre coeur.

L’Âge tendre de Julien Gaspar-Oliveri (France)

Quatrième court-métrage de Julien Gaspar-Oliveri, L’Âge tendre nous conte le quotidien tumultueux et intense de Diane, 16 ans, ado rebelle et provocatrice en quête d’attention. Emprise d’une mère trop encombrante qui la considère comme une “meilleure amie”, elle va, le temps d’un week-end, s’affranchir de son adolescence. Porté par la transperçante Noée Abita -révélée dans Ava de Léa Myzius (2017)- , L’Âge Tendre porte dans ces images et ses dialogues une énergie folle à laquelle on s’attache en un clin d’oeil. Le portrait d’un âge, tendre mais aussi rude , un temps de la vie où tout semble possible et tout se transforme.

Miss Chazelles de Thomas Vernay (France)

Dans la petite commune de Chazelles-sur-Lyon Clara est élue première dauphine tandis que Marie remporte le premier prix de Miss Chazelles. Suite à l’annonce des résultats, la pression montre entre les amis de Clara et la famille de Marie, mais de leurs côtés les deux rivales semblent entretenir une relation ambiguë. Pour son troisième court métrage Miss Chazelles, Thomas Vernay retourne dans la ville où il a grandit près de Lyon. Des couleurs pop et des acteurs brillants dénichés en casting sauvage, le court détonne par sa sincérité et sa vitalité, il ne nous faut pas longtemps pour être téléporté dans ce village et dans les yeux sensibles de Clara (Megan Northam).

Qu’importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui (France/ Maroc)

Récemment primé du grand prix du jury au Festival Sundance, Qu’importe si les bêtes meurent, cinquième court métrage de la cinéaste franco-marocaine Sofia Alaoui était l’un de nos coups de cœurs du Festival de Clermont. Dans les hauteurs de l’Atlas, Abdellah, jeune berger qui élève des bêtes avec son père fait face à une tempête de neige. Pour ne pas que les moutons périssent, il s’en va au village s’approvissionner en nourriture et découvre un village déserté frappé par un étrange événement. Avec très peu de dialogues mais des paysages sublimes teintés de froid, Sofia Alaoui livre un film troublant de beauté proche de la science-fiction.

Pour découvrir le palmarès complet du festival de Clermont Ferrand.

Pauline Pitrou

Lyon / Paris

Fervente prêtresse de la pop française et de tout ce qui s'écoute avec le coeur.

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