CINÉ NEWS – Les César déconnent, les Cahiers démissionnent

Chaque semaine, la rédaction vous résume l’actualité du cinéma. Festivals, cérémonies, tournages et autres événements, vous ne pourrez plus dire que vous n’étiez pas au courant.

César 2020 : Les Misérables sacré, la gêne aussi

Au cours d’une cérémonie très attendue suite aux récentes refondations et polémiques qui ont concerné l’Académie des César, c’est bien Les Misérables qui a rendu le palmarès le plus triomphal avec pas moins de quatre récompenses obtenues : meilleur film, montage, espoir masculin et César du public. Tout sauf une surprise tant la destinée du film, récemment passé par les oscars et récompensé à Cannes, et son sujet remplissaient tous les critères pour obtenir un tel succès. Autre fait marquant du palmarès : le doublé de J’ai perdu mon corps (animation et musique originale) et de Papicha (espoir féminin et premier film, comme Shéhérazade l’an passé), le succès d’Anaïs Demoustier et Roschdy Zem (une première fois pour ce presque-vétéran du cinéma français) chez les interprètes et malgré tout le triplé de J’accuse (meilleure réalisation, costumes et adaptation).

Et c’est bien ce dernier paramètre qui l’a finalement emporté sur la cérémonie, au-delà même de la qualité médiocre de cette dernière. A la révélation du nom de Polanski pour la catégorie de la meilleure réalisation, Adèle Haenel, initiatrice en France de la libération de la parole des victimes de violence faites aux femmes, a quitté la salle en signe de protestation aux côtés de Céline Sciamma, la réalisatrice de Portrait d’une jeune fille en feu qui concourrait également dans la catégorie en question. Dans la foulée, Florence Foresti, présentatrice d’un soir, n’est pas revenue sur scène comme le veut la tradition, s’insurgeant cette fois-ci du côté de chez Instagram avec une story pour le moins très clair : “Ecoeurée”, peut-on lire. Une soirée historique et inoubliable, et que l’on aimerait oublier.

Quentin Billet-Garin

Les retrouvailles entre Martin Scorsese et Paul Schrader pour The Card Counter

Martin Scorsese va produire le nouveau film de Paul Schrader intitulé The Card Counter. Les deux hommes entretiennent une relation fructueuse depuis plus de quarante ans. Le scénario de Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976), écrit par Paul Schrader, contient les germes des obsessions de ce dernier. En plus d’être un scénariste important (crédité pour le formidable Rolling Thunder), Paul Schrader est passé derrière la caméra à plusieurs reprises pour livrer des films noirs importants, à l’instar de Blue Collar. Son dernier film, First Reformed, n’est pas sorti en salle en France. Pour autant, il s’agit d’un grand film, qui fait vaciller les convictions d’un ancien aumônier face à l’emprise d’une multinationale sur l’environnement. 

Pour ce nouveau projet, Martin Scorsese épaulera Paul Schrader en s’occupant de la production de ce film centré sur Tell, un ancien soldat reconverti en joueur de poker qui va faire la rencontre d’un homme voulant se venger d’un colonel militaire. Pas de doute, nous sommes bien dans l’univers de Paul Schrader, celui des tensions morales et de la crasse marchande. Devant la caméra, Deadline annonce que Tell sera joué par Oscar Isaac, Tye Sheridan incarnera le deuxième personnage et le casting sera complété par Willem Dafoe en tant que colonel et Tiffany Haddish comme créancière. 

©The Playlist

Clément Simon

Démission générale de la rédaction des Cahiers du Cinéma : “une question de principe”

Dans un communiqué, l’intégralité de la rédaction des Cahiers du Cinéma, y compris leurs rédacteurs en chef Stéphane Delorme et Jean-Philippe Tessé, ont déposé leur démission collective à la nouvelle direction de la revue en faisant jouer leur “clause de cession” comme stipulé par le droit du travail en cas de changement de propriétaire d’un titre. En effet, début février, la revue s’est vue rachetée par un collectif d’entrepreneurs – parmi eux Xavier Niel et des producteurs de cinéma très influents – et a notamment nommé une nouvelle directrice générale : Julie Lethiphu, aussi connue comme la déléguée générale de la Société des Réalisateurs Français (SRF). Ce qui pose un problème au titre du conflit d’intérêt, comme l’explique le communiqué : “Le nouvel actionnariat est composé notamment de huit producteurs, ce qui pose un problème de conflit d’intérêts immédiat dans une revue critique. Quels que soient les articles publiés sur les films de ces producteurs, ils seraient suspects de complaisance.

Une décision difficile et qui marque un tournant dans l’histoire des Cahiers, revue libre depuis toujours et qui a toujours revendiqué son indépendance vis-à-vis de tels films, cinéastes, productions et distributions. Reste à savoir désormais comment va se passer la suite : quand prendra effet cette démission, et comment la nouvelle équipe se réorganisera autour des nouveaux propriétaires de la revue. Pour développer le communiqué rapidement relayé sur les sites d’information et les réseaux sociaux, Stéphane Delorme, pour France Culture, a rappelé que c’était une question de principe.

Quentin Billet-Garin

Netflix propose un top 10 quotidien à ses streamers : la fausse bonne idée

Depuis lundi, la plateforme Netflix a ajouté non pas un nouveau film ou une nouvelle série, mais une fonctionnalité alléchante puisque s’affichera désormais sur l’interface de chaque catégorie un top 10 des œuvres les plus regardées au niveau national. Une façon dirait-on de guider son streamer du bon côté du catalogue  : le plus populaire. On a testé, et côté film nous nous sommes retrouvés avec le dernier Underworld et Paranormal Activity  en date, la nouveauté Netflix Sa dernière volonté et même un film avec Ben Affleck (Mr. Wolff). Côté série, Outlander, Locke & Key et Vikings s’en tire avec les honneurs du public. Les œuvres citées sont donc favorisées par les streamers français. 

Si cette fonctionnalité, à première vue, semble faite pour montrer les «  tendances  » d’un public national – à l’image de ce que fait YouTube avec son onglet Tendances, sans y donner un véritable classement –, elle affiche déjà deux limites. D’abord sur la définition même d’un catalogue et d’une plateforme. Netflix confirme cette idée qu’elle sert du contenu plutôt qu’elle n’en propose. Poster un top 10 pareil revient à indiquer «  ce qu’on devrait voir  » plutôt que de demander «  ce que l’on réfléchirait de voir  ». Le top 10 ayant désormais une côte populaire auprès des médias et étant désormais un gage de qualité, il sera très difficile d’y voir plus clair sur les ajouts (et donc une plus-value culturelle) quotidiens et nombreux de la plateforme, et donc d’établir chez le streamer une forme de curiosité (on ne découvre pas à travers des tops 10). Pourtant, deuxième problème, Netflix communique, sur Twitter notamment, sa richesse (réelle) à travers le prisme d’une une multitude d’œuvres cultes  ».

Seulement, on ne peut pas se vanter d’être «  culte  » dans son catalogue quand on ne propose aucun film antérieur aux années 80. La communication quasi-fasciste de cette plateforme vis-à-vis de la vie des œuvres – quand est-ce qu’elles sont cultes, comment elles se classent, la pauvreté historique dans le cinéma et les séries – montre ô combien le streamer netflixien se doit de dépasser sa condition si la curiosité du monde, moteur de la culture, de niche ou populaire, puisse subsister encore. 

©LesInrocks

Quentin Billet-Garin

Wes Anderson au Festival International du Film d’animation d’Annecy

Décidément, Wes Anderson ne peut plus se passer de la France ! Quelques semaines après avoir dévoilé les premières images de son prochain film The French Dispatch qu’il a tourné à Angoulême, le réalisateur sera présent pour le 60e anniversaire du Festival du film d’animation à Annecy. Il reviendra au cours du festival sur les deux films d’animation qui ont marqué sa carrière : l’Île aux Chiens et Fantastic Mr. Fox (pour lequel il avait remporté à Annecy le Cristal du long métrage et le prix du public). Très attendu par ses fans, il sera accompagné de Jason Schwartzman et Roman Coppola, deux de ses fidèles collaborateurs. Le festival aura lieu du 15 au 20 juin prochains.

©TwentiethCenturyFox

Garance Nicpoń

Jean-Paul Rouve, rôle principal de l’adaptation de Soumission en film

Le roman de Michel Houellebecq sera adapté en long-métrage par Guillaume Nicloux, réalisateur de Thalasso et Valley of Love. Sorti le 7 janvier 2015, le même jour que les attentats terroristes à la rédaction de Charlie Hebdo, le roman qui imaginait l’élection d’un président issu d’un parti politique musulman en 2022 fait encore polémique aujourd’hui. Déjà adapté en Allemagne comme pièce de théâtre et à la télévision sous le titre Unterwerfung, le roman devait être porté à l’écran en France par le chaîne Arte sous forme de série, mais ce sera finalement un long-métrage dont le tournage débutera en septembre prochain. 

©Première

Louise Tallandier

Netflix prépare un biopic sur Marylin Monroe  

En Mars dernier Andrew Dominik annonce préparer un biopic sur Marilyn Monroe intitulé Blonde. Cette adaptation de la biographie romancée éponyme, de Joyce Carol Oates publiée en 1999, sera distribuée par Netflix. 

Des rumeurs couraient alors déjà sur la distribution. Le nom d’Ana de Armas avait été évoqué pour incarner le rôle titre, sans que beaucoup n’y croient réellement. Désormais confirmée, avec la parution de photographies du tournage prises par des paparazzis, cette information n’a pas fait que des heureux. 

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©LeBlogducinéma

Et pourtant, la résultat après maquillage et coiffe, est plutôt convaincant, vous ne trouvez pas ? Sortie prévue pour 2021. 

Léïna Jung

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