Avec « The Slow Rush », Tame Impala varie les tempos

On ne l’attendait plus, il est finalement sorti : The Slow Rush consacre le retour de Tame Impala, cinq ans après l’immense Currents. Un nouvel opus qui a divisé la rédaction.

Dans le milieu musical, on distingue trois typlogies de disques sur le point de sortir ; ceux dont on n’attend rien, ceux dont on attend beaucoup et ceux qui ont déjà fait leur preuve tellement on nous les vend dégoulinant de talent. On attaque tout juste 2020 et, pas la peine de prétendre l’inverse, l’album le plus attendu, le plus providentiel, le plus tout.. c’est celui de Tame Impala. The Slow Rush coche sans conteste les cases de cette dernière catégorie. Et avec raison, quand on sait que Currents avait définitivement installé Tame Impala dans le club restreint des meilleurs artistes de la décennie. Un album qu’on écoute depuis maintenant 5 ans, avec le même plaisir à chaque fois, comme si c’était la première fois. Ces disques sont rares, vraiment. Pas la peine de s’en faire pour son successeur donc. Et Kevin Parker se charge d’enfoncer un peu plus ce dernier point. Mars 2019, grand retour avec Patience  : boom. Avril 2019, Borderline  : boom. Le mec est vraiment bon, il a rien perdu, on attend avec impatience l’album qui devrait sortir avant l’été.

Les mois passent, l’été aussi… Stratégiquement c’est peu commun ; qui sait, les mixes ont peut-être fini à la benne (ce serait pas une première dans le milieu). Fin octobre, l’Australien lâche It Might Be Time. Outre le trouble temporel, c’est une légère inquiétude qui commence à se dessiner ; Tame Impala est toujours Tame Impala mais le vent semble avoir tourné. Posthumous Forgiveness et Lost Yesterday confirment la tendance. De très bonnes mais inégales productions, et c’est ce qui ressort finalement à l’écoute du LP ; un manque de cohérence sur le long qui se traduit en faux plat, même après plusieurs écoutes. N’en déplaise à la magnifique pochette, le véritable oxymore de ce disque réside en réalité dans l’état d’esprit de l’album. L’album dont le succès n’était pas à prouver l’est peut-être après tout.

Guillaume Lacoste

C’est comme si Kevin Parker, avait, au moins un peu, lâché prise avec The Slow Rush. Dans un tournant électro digne de la French Touch que l’on n’attendait pas forcément, la musique de Tame Impala semble s’envoler, vivre sa vie, voyager à travers les sons : on apprécie l’ambiance disco de Glimmer, la basse lancinante de Lost in Yesterday, ou encore le groove de Bordeline. Sans se séparer de la profondeur et de la mélancolie, The Slow Rush est un disque souvent dansant, alors que le cerveau de Tame Impala nous a habitué à des compositions plus sombres et introspectives, presque mécaniques, en tous cas pas festives. C’est dans cette forme particulière de légèreté que l’album trouve sa cohérence, et plus de lumière qu’auparavant. On a désormais plus que hâte de voir le groupe au complet défendre ces nouvelles chansons sur scène. Ah, et n’oublions pas l’essentiel : une fois de plus, Kevin Parker nous offre un grand disque.

Kevin Dufreche

Il aura fallu du temps au groupe australien de pour sortir The Slow Rush, un album au long cours, qui se dévoile progressivement au fur et à mesure des écoutes. Pourtant la partition est inégale, entre temps l’oreille s’est accommodée à quelques singles deja bien amorcés : Borderline (sorti en avril 2019), Posthumous Forgiveness, Lost In Yesterday, ou It Might Be Time  ; et difficile alors de concevoir cet album comme un tout. Il est cependant de belles surprises comme sur One More Year, qui nous laisse songer à de belles intro lives, et n’est pas sans nous rappeler Be Above It, le premier morceau d’Innerspeaker ; ou sur des compositions comme Instant Destiny et On Track. Mais très vite l’album s’essouffle, paradoxalement plombé et égayé par des compositions pop, trop pop, comme le superbe Lost In Yesterday, qui aurait mérité une place à part, et le moins superbe Is It True. The Slow Rush sous ses allures de Face B de Currents, flirte avec les amours passés du groupe, le rock psychédélique et cette esthétique vaporeuse si appréciable. Ce dernier album revendique de fait un passif musical riche, qui peine à nous convaincre dans sa globalité, mais demeure une composition substantielle qui réclamera notre attention et notre écoute pendant les prochaines semaines.

Caroline Fauvel

Kevin Dufreche

A l'écrit, et en podcast : Musique en bref !

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