CINÉMA

« Amour Fou » – Un thriller bancal

Copyright Caroline Dubois

La soirée du 20 Février sera sous le signe du thriller chez Arte. La chaîne de culture Franco-Allemande diffusera en intégralité la série Amour fou, composée de 3 épisodes de 50 min chacun. Cette mini-série réalisée par Mathias Gokalp met en scène un drame familiale, dont les rôles principaux sont tenus par Clotide Hesme et Jérémie Renier. Un thriller qui passe un peu à côté de son histoire.

En trois heures en tout, nous nous confrontons à un meurtre, un traumatisme d’enfance, un plan machiavélique et la folie d’un homme. Ce qui rend, dans chaque épisode, les événements un peu trop proches les uns des autres. En plus de devoir avoir le cœur accroché (thriller oblige) il est essentiel de garder en tête la chronologie des événements pour moins sentir cette impression de trop. C’est le premier épisode qui en pâtît le plus, compte tenu de la quantité d’informations données. A cela, s’ ajoute une suite d’ événements majeurs se succédant en moins de vingt minutes de visionnage. Tous ces éléments font perdre toute crédibilité à l’histoire qui s’inscrit pourtant dans le réel.
L’intrigue se déroulant sur plusieurs années, il aurait peut-être été plus intéressant et digeste de la dérouler en plusieurs épisodes de 40 min.

Manque de profondeur dans l’écriture

Une série du genre thriller, une femme torturée, un couple à la dynamique malsaine… le synopsis sonnait déjà comme du Hitchcock. Au visionnage, la musique qui nous fera penser au cinéaste auteur des Oiseaux.
En effet, on sent une volonté d’emmener le spectateur dans la folie de Romain et de nous faire sentir un certain malaise devant celle de Rebecca. Grâce au procédé simple de saut dans le temps, le réalisateur joue avec le spectateur en l’amenant sur de fausses pistes. C’est principalement de cette manière qu’est retenue notre attention, même si on a le droit à un « cliffhanger » à la fin des épisodes 1 et 2.

Il est difficile de s’attacher aux personnages, et c’est encore une fois une histoire de temps. L’intrigue est centrée autour du déroulement d’une vengeance sur plusieurs années, ce qui ne laisse pas beaucoup d’espace pour que les personnages montrent toutes leurs caractéristiques. D’ailleurs, ces derniers semblent ne jamais évoluer malgré les divers bonds dans le temps du scénario. A tel point, qu’ils ont les mêmes réactions enfants et adultes, ce qui révèlent un manque de profondeur dans l’écriture.

Des stéréotypes trop présents

Episode 1, lors d’un dîner entre couples, les femmes vont préparer le dessert pendant que les hommes vont réparer le problème d’électricité. Si cela semble anecdotique, c’est pourtant l’illustration d’un défaut de la mini-série. Là où un personnage masculin meurtrier sera présenté comme un homme immature qui a été un garçon turbulent, les crimes du personnage féminin seront eux prémédités et la femme vue – à juste titre- comme dangereuse. Aussi, le scénario offrant à l’épisode 1 une fin digne d’une nouvelle de Maupassant, on passe à côté d’une sensibilisation du féminicide qui aurait été intéressante compte tenu de l’actualité. Certainement involontaires, ces détails peuvent être vu d’un mauvais œil aujourd’hui.

Si ce thriller français a une intrigue à priori bien ficelée, les défauts d’écriture et le format un peu trop court nous laisse finalement impassible.

Auteur·rice

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