Visite de la rétrospective « Léonard de Vinci » au Musée du Louvre à Paris

Jusqu‘au 24 février 2020, le musée du Louvre présentera 160 peintures, manuscrits, objets d’art et sculptures de Léonard de Vinci dans les espaces du hall Napoléon au sein d’une exposition record.

Jamais autant d’œuvres du peintre et sculpteur n’ont été réunies dans un même lieu. Prêtées par la Reine d’Angleterre, Bill Gates, le Vatican, la Russie ou de grands collectionneurs privés, ces œuvres rassemblées sont le fruit d’un travail de recherches long de dix ans et de cinq ans de négociations diplomatiques. L’exposition plonge les visiteurs dans l’univers du peintre florentin en abordant toutes ses disciplines et en accordant une large place à son savoir encyclopédique.

Les quelques premiers murs d’exposition consacrés aux draperies dessinées par l’artiste permettent d’observer sa recherche de l’exactitude dans les plis, leur tombé et l’épaisseur des étoffes. Léonard de Vinci présente pourtant une grande liberté dans la pratique graphique qui se traduit picturalement par la superposition des membres et des personnages, une presque absence de couleur et des œuvres inachevées. À cette liberté graphique s’ajoute une liberté d’invention de l’Histoire et de conception des personnages comme en témoigne son approche rénovée des textes bibliques.

Cette grande rétrospective utilise notamment la technique de la réflectographie infrarouge, qui permet, en traversant les pigments, d’accéder à la première couche de l’œuvre et d’ainsi mettre en évidence le dessin sous-jacent aux peintures. Le visiteur découvre alors des détails des œuvres imperceptibles à l’œil nu comme les hésitations de l’artiste, connu pour son invariable insatisfaction.

 « La science de la peinture est tellement divine qu’elle transforme l’esprit du peintre en une espèce d’esprit de Dieu  » disait ce chercheur des hommes et des sciences. La rétrospective  ne néglige pas le génie scientifique de Léonard de Vinci et expose une abondante documentation d’observations, de recherches, d’expériences, de théories et réflexions mêlant étroitement l’écriture et le dessin. En vue de l’atteinte des proportions parfaites et de la connaissance intégrale de l’univers, le peintre florentin convoque dans ses manuscrits toutes les disciplines, parmi lesquelles la géométrie, la dynamique des fluides, l’optique, l’hydrologie et l’astronomie. L’artiste voulait parfaitement traduire la vérité des apparences par l’exigence scientifique et pour cela connaitre l’intériorité des phénomènes et des mouvements.

Saint Anne, la Vierge Marie et l’enfant Jésus jouant avec un agneau, 1503-1519.
© Romane Guéchot

Pour toutes ses œuvres, l’artiste italien procédait à un travail préparatoire minutieux qui est mis en lumière dans les ailes du hall Napoléon. Nombres d’études, pour certaines inachevées ou très localisées et détaillées comparativement à leur place sur les chefs-d’œuvre finaux, laissent deviner la forme aboutie de l’œuvre. Ces études sont particulièrement présentes dans la partie de l’exposition dédiée au retour du peintre à Florence. Dans le temps, comme dans le musée, les études de composition pour la Scapigliata – “la femme échevelée” – précèdent la Scapigliata finale.  Pour Saint Anne, la Vierge Marie et l’enfant Jésus jouant avec un agneau le nombre d’études de composition est également surprenant. Léonard de Vinci a pointilleusement et successivement étudié le visage d’Anne, l’enfant Jésus, le visage de la Vierge, le bras de la Vierge, son manteau, la robe de Sainte Anne… qui constituent tous des études de composition indépendantes.

En cherchant combien l’art peut imiter la nature, il élève la peinture à la hauteur d’une science divine, faite de proportions exactes et capable de recréer le monde. Cela transparait particulièrement dans l’expression du mouvement, vérité de tous les êtres et de tous les vivants. Léonard de Vinci peint la vie dans des œuvres narratives comme la Cène, la Saint Anne ou La bataille d’Anghiari. C’est la période inaugurale de l’art moderne.

Si certaines œuvres, dont l’Homme de Vitruve, ont dû être renvoyées en Italie pour des raisons de protection et de sécurité, le maître italien reste connu pour avoir relativement peu peint et, de ses peintures, presque la moitié sont présentes. L’exposition retrace chronologiquement la vie et les travaux de l’artiste en s’attachant bien à montrer les dessous de la préparation des chefs-d’œuvre.

La Scapigliata, 1508
© Romane Guéchot

Exposition « Léonard de Vinci » jusqu’au 24 février 2020 au musée du Louvre, à Paris. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 à 18 heure. Nocturnes le mercredi et le vendredi jusqu’à 21h45. Tarif unique : 17 €. Réservation obligatoire d’un créneau de visite sur ticketlouvre.fr

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