CINE NEWS – Les nominations aux Oscars 2020, toujours aussi masculines

Chaque semaine, la rédaction vous résume l’actualité du cinéma. Festivals, cérémonies, tournages et autres événements, vous ne pourrez plus dire que vous n’étiez pas au courant.

Oscars 2020 : des nominations sans surprises

Déjà en panne de suspense avant d’être annoncées, les nominations pour la 92e cérémonie des oscars ont réservé très peu de surprises. A commencer par l’omniprésence (masculine) des films stars de la saison des prix que sont Joker (11 nominations), The Irishman, 1917 et Once Upon a Time… in Hollywood (10nominations), tous les quatre nommés dans les catégories meilleurs films et meilleure réalisation. C’est la première fois au XXIe siècle que quatre films atteignent ou dépassent chacun la barre des dix nominations pour une cérémonie des Oscars. Une statistique qui montre également au grand jour le manque total de diversité de ces nominations…

Un manque de diversité qui, du coup, nous fait regretter l’absence de films plus radicaux, comme Midsommar, meilleure chance de A24 de briller pendant cette saison des prix, ou encore Ad Astra de James Gray, l’un des meilleurs films de 2019 proposé par le meilleur cinéaste américain en activité, mais aussi Uncut Gems des Safdie dont la nomination d’Adam Sandler en meilleur acteur s’est fait attendre pendant toute la saison des prix… Il suffit de jeter un œil à la catégorie de la meilleure réalisation pour s’apercevoir du statu-quo et de l’absence de prise de risque dans les choix de l’Académie : Todd Philips (Joker), Quentin Tarantino(Once Upon a Time…), Martin Scorsese (The Irishman), Sam Mendes (1917) et Bon Joon-ho (Parasite), cinq cinéastes déjà bien affirmés et ancrés dans le système. Il est toujours rageant de voir ce crédit offert à des cinéastes certes méritant cette année mais qui ont déjà tant donné et d’en arriver à ce snob envers d’autres, plus jeunes et moins exposés, qui ont encore tant d’images à offrir.

Ceci dit, le suspense reste entier dans les catégories reines. Le meilleur film devrait se jouer entre 1917 et Once Upon a Time… in Hollywood puisque Parasite devrait être choisi en meilleur film international (comme Roma l’an passé, Bong Joon-ho ne devrait pas faire le doublé film étranger/meilleur film). En meilleure réalisation, Sam Mendes et son plan-séquence unique dans 1917 a une petite longueur d’avance sur Tarantino et Todd Philipps même si l’on voit bien l’Académie offrir une première statuette dans cette catégorie à Tarantino, histoire de rendre hommage à un cinéaste qui, dans son dernier film, rend lui-même hommage à tout un pan du vieil Hollywood. Les catégories pour les interprètes n’offrent en revanche aucun suspense puisque Joachin Phoenix(Joker), Renée Zellweger (Judy), Brad Pitt (Once Upon a Time…) et Laura Dern(Marriage Story) devrait chacun.e remporter les prix des meilleurs premiers et seconds rôles.

On termine par nos fiertés nationales que sont Les Misérables et J’ai perdu mon corps, les deux seuls films français à concourir respectivement dans les catégories du meilleur film international et du meilleur film d’animation. Si le film de Ladj Ly, dont la destinée est absolument incroyable, a très peu de chances de l’emporter, celui de Jérémy Clapin peut espérer créer la surprise tant le snob (mérité, lui) contre Disney aux derniers Golden Globes peut donner de l’espoir à la partie disons « indépendante » des films nommés (avec Klaus).

© Sony Pictures / Netflix / Universal

Quentin Billet-Garin

Spike Lee, Président du Jury du Festival de Cannes

Deux ans après avoir marqué Cannes avec l’explosif Blackkklansman, le réalisateur et scénariste Spike Lee, a cette année été désigné comme Président du Jury du prestigieux festival, qui se déroulera du 12 au 23 mai prochain. Une reconnaissance significative pour cet artiste résolument engagé de 62 ans, puisqu’il s’agit de la première personne afro-américaine à occuper cette place en pas moins de 73 ans de festival. L’ensemble du jury sera dévoilé à la mi-avril.

Caroline Fauvel

La fille au bracelet, Bande-annonce

Après deux nominations au Festival du film d’Angoulême l’année passée (Valois du scénario et de la musique de film) et une présentation en exclusivité au Locarno Film Festival, La fille au Bracelet est le second long métrage de Stéphane Demoustier. Anaïs Demoustier, sa sœur, y incarne le rôle de procureur, tandis que le personnage principal est joué par Melissa Guers, qui n’avait jamais tourné auparavant. Les rôles de ses parents sont campés par nulle autre que Chiara Mastroianni et Roschdy Zem. Annie Mercie quant à elle endosse l’avocate de l’accusée.

Lise, jeune femme sortant à peine du lycée, est accusée du meurtre de celle qui s’avérait être sa meilleure amie. On la suspecte de l’avoir plantée par 7 fois à l’aide d’un couteau de cuisine. Le motif ? Une vidéo à caractère pornographique de l’accusée, que la défunte aurait publié sur le net. Plaide-t-elle coupable ? Non. A-t-elle commis le crime ? A vous de le découvrir dès le 12 février 2020 au Cinéma.

Léïna Jung

Blow Up fête sa 400ème  !

Le désormais très reconnu « Blow Up, l’actualité du cinéma (ou presque) », format court de la chaîne culturelle franco-allemande, Arte, fête son 400ème numéro avec une série de vidéos portant sur le travail du réalisateur David Lynch. Depuis près de dix ans maintenant Luc Lagier anime efficacement la communauté cinéphile (ou non) avec ce web magazine incontournable. Et pour cause avec ces formats de quelques minutes seulement, cet amoureux du cinéma et des images, a construit une véritable mine d’or, faites de portraits thématiques richement documentés. Un matériel singulier, libre, propice à la médiation et à la découverte du 7e art, tout simplement.

Caroline Fauvel

La Bonne Épouse, Bande-annonce

Martin Provost continue avec son nouveau film La Bonne Epouse, sa quête de libération féminine. Paulette (Juliette Binoche), femme du propriétaire de l’Institution ménagère Van der Beck, se trouve fort dépourvue quand le veuvage lui tombe dessus. Endettée et démunie, celle qui prône que « la bonne épouse est avant tout la compagne de son mari, ce qui suppose oubli de soi et bonne humeur », doit faire de ses élèves la perle des ménagères.

A l’aube de Mai 68, Paulette d’abord confrontée à cette nouvelle idée de « féminisme », va peu à peu s’y ouvrir au combat pour l’égalité, jusqu’à peut-être se libérer de ses idées. Tombera-t-elle pour autant dans les bras de son premier amour ? Verdict au cinéma le 11 mars 2020.

Léïna Jung

Retour derrière la caméra pour Mélanie Laurent

Mélanie Laurent repasse derrière la caméra, un an après Galveston, son premier long métrage américain. La réalisatrice de Demain et de Respire s’attaque pour la quatrième fois à l’adaptation d’un roman, avec Le bal des folles (éditions Albin Michel). Le premier roman de Victoria Mas raconte la curieuse tradition du « Bal des Folles », durant lequel les couloirs de l’hôpital de la Salpêtrière laissent entrer le Tout-Paris pour une soirée mystérieuse.

Le livre retrace notamment les travaux du Dr Charcot sur l’hypnose et l’hystérie, et à travers eux, la condition féminine au XIXe siècle. Mélanie Laurent l’abordera dans un thriller, qui suivra la tentative d’évasion au cours du bal d’une femme enfermée contre son gré à l’hôpital. Il faudra malheureusement attendre encore un peu avant de voir le film sur grand écran, puisque le projet est encore au stade du développement.

©LesInrocks

Garance Nicpoń

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