Agend’art – Événements 2.0 dans la capitale

Séance de rattrapage pour la rubrique Art qui publie exceptionnellement son Agend’art un peu plus tard, pour vous partager sa sélection d’événements à ne pas manquer en 2020, à Paris. Au programme : une histoire de la violence, celle des talons à la semelle rouge, une expérience immersive et plusieurs visions du futur qui nous interrogent.

Issue de l’exposition Faire Corps à la Gaité Lyrique à Paris @ Cecilia Poupon

Théâtre – Histoire de la violence au Théâtre de la Ville, à Paris

Histoire de la violence, Laurenz Laufenberg, Renato Schuch, Alina Stiegler © Arnaud Declair

Histoire de la violence raconte l’agression dont a été victime Édouard Louis. Un soir il rencontre un jeune homme, Reda, et l’invite chez lui. Au matin son amant sors un revolver et se transforme soudain en bourreau. Le roman interroge cette irruption brutale de la violence mais ne s’arrête pas au récit de l’agression. En relatant la suite – la visite à l’hôpital, le dépôt de plainte, le récit à ses proches – Edouard Louis questionne aussi une violence sociale omniprésente, celle du racisme et de l’homophobie, et de la douleur qu’elle provoque. En mai 2018, Thomas Ostermeier, le co-directeur de la célèbre Schaubühne de Berlin s’est emparé de ce récit fragmenté dans une mise en scène intense qui pointe du doigt la violence structurelle qui sous-tend nos société contemporaines. Le Théâtre de la ville accueillera le spectacle au mois de février, une bonne occasion de découvrir le travail scénique de Thomas Ostermeier et d’entendre cette version allemande du puissant texte d’Édouard Louis.

Du 30 janvier au 15 février 2020, « Histoire de la violence » d’Édouard Louis par Thomas Ostermeier et la Schaubühne, au Théâtre des Abbesses, 31 Rue des Abbesses, 75018 Paris en allemand surtitré français, places de 10 à 30€. Infos et réservations

Florine Gatt

Exposition – Christian Louboutin : l’Exhibition[niste] au Palais de la Porte Dorée, à Paris

Soulier Maquereau © Guillaume Fandel

Nous sommes désormais nombreux à savoir reconnaître leur fameuse semelle rouge. Pourtant, peu sauraient dire d’où est venue la vocation de Christian Louboutin à créer ces escarpins, aujourd’hui acclamés au quatre coins du monde. Il vous étonnerait probablement d’apprendre que c’est en se baladant à 10 ou 12 ans dans l’aquarium de la Porte Dorée, que sa destinée s’est dévoilée. Il venait d’apercevoir un panneau interdisant le port de stilettos. Intrigué, il a décidé de les sublimer. Découvrez où il en est arrivé, dès le 26 février 2020 au Palais de la Porte Dorée.

Du 26 février au 26 juillet 2020, Christian Louboutin : l’Exhibition[niste] au Palais de la Porte Dorée 293 Avenue Daumesnil, 75012 Paris. Tarifs : 12€ (plein), 9€ (réduit). Infos et réservations.

Léïna Jung

Exposition – Faire corps à la Gaîté Lyrique, à Paris

Du 24 janvier au 3 mai, plongez la tête la première dans l’expérience immersive Faire corps à la Gaîté Lyrique à Paris. La compagnie d’Adrien M et Claire B vous fait voyager dans un univers visuel et lumineux en stimulant vos sens. L’observation de l’art devient une expérience à part entière où le spectateur est invité à se déplacer, à réagir et même à danser, devenant partie intégrante de l’installation. Un processus interactif se met en place entre l’oeuvre et le spectateur qui se rencontrent et se mêlent au sein de trois oeuvres principales : « L’ombre de la Vapeur  » en partenariat avec la Fondation d’entreprise Martell, «  XYZT  » et « Core  ». Entre poème de lumière et balade sensorielle, l’exposition vous invite à lâcher prise et à explorer de nouvelles formes esthétiques, liant spectacle vivant et arts visuels. Certains jeudis, des visites augmentées en mouvement, ou en musique, sont aussi proposées et certains week-ends, des ateliers pour les enfants.

Du 24 janvier au 3 mai 2020, à la Gaîté Lyrique, 3 bis rue Papin 75003 Paris. Tarif étudiant : 8€, Tarif plein : 10€. Ouvert du mardi au vendredi de 14h à 20h, le week-end de 12h à 19h et en nocturne tous les jeudis jusqu’à 22h. Fermeture exceptionnelle le 1er mai.

Lisette Pouvreau

Exposition – Jusqu’ici tout va bien ? Archéologies d’un monde numérique au Centquatre, à Paris

© Takayuki Todo – SEER – Visuel expo 104 Yasushi Kato

Présentée au Centquatre à Paris dans le cadre de la troisième Biennale des arts numériques NEMO, cette exposition d’art contemporain et de robotique constitue une prospection sur le futur. Gilles Alvarez et José-Manuel Gonçalvès, ses curateurs, mettent en avant leurs volonté de présenter «  l’état de l’art à l’âge des nouvelles technologies ». La scénographie présente un musée laissé à l’abandon en 2019. Une catastrophe naturelle ou anthropique a causé la disparition de l’humanité au profit de robots et de créatures humanoïdes. Les années 60 étaient obsédées par les voyages dans l’espace et le premier pas sur la lune. Les années 90 anticipent dans un mélange de surprise et d’impatience le passage à l’an 2000 : science-fiction et design spéculatif imprègnent toutes les époques avec un questionnement permanent autour du devenir-demain. Pourtant, au seuil, cette fois, d’une possible disparition de l’espèce humaine, entre lowtech, effondrement et crise écologique ou intelligence artificielle,« tout numérique » et SF mise en application : de quoi se préparer avec cette exposition aux enjeux de la décennie …

Jusqu’au 9 février 2020, Jusqu’ici tout va bien ? Archéologies d’un monde numérique au Centquatre 5 rue Curial, 75019 Paris. Tarifs et informations

Mathilde Cassan

Exposition – I Have Done Things Here I Couldn’t Do Elsewhere au 6B, à Saint-Denis

© https://ihavedonethingshere.cargo.site/

L’exposition I Have Done Things Here I Couldn’t Do Elsewhere , qui s’inscrit dans le cadre de la Wrong Biennale, est pensée comme un espace web à travers lequel le visiteur peut déambuler comme il naviguerait sur Internet. Elle trouve son origine dans un constat simple : notre rapport existentiel au monde passe nécessairement par l’espace, que ce soit pour se nourrir, pour aimer ou pour se divertir. En ce sens, les années 90 ont permis l’émergence d’un nouveau type d’espace ambigu, impalpable et pourtant bien réel : Internet. Internet serait un lieu commun, hétérogène où la distance territoriale importerait peu. Commun, car accessible à tous en tout temps, et hétérogène parce que chaque page web est régie par un certain nombre de règles qui lui est propre, modulant par là même les interactions des utilisateurs. C’est ainsi que Facebook se rapprocherait d’une place publique en tant que lieu de rencontres, d’échanges et de revendications, mais également parce qu’il s’agit d’un espace tributaire d’un système de gouvernance interne, avec ses règles et ses modérateurs. À l’instar des lieux physiques que nous traversons quotidiennement, les êtres humains ont développé des habitudes sur les différents sites web qu’ils fréquentent se traduisant plus tard en normes comportementales. Nous nous proposons donc d’étudier et de mettre en lumières ces nouvelles habitudes contractées sur Internet, d’en souligner les attraits et les impasses en rassemblant les films d’artistes d’horizons divers — du cinéma à l’art contemporain, en passant par le maquillage 3D et l’expérience digitale.

Du 23 janvier au 14 février, I Have Done Things Here I Couldn’t Do Elsewhere au 6B 6-10 Quai de Seine, 93200 Saint-Denis. Entrée libre du lundi au samedi de 14h à 19h. Plus d’infos

Marie Crabié

Rédactrice en chef de la rubrique Art. Curieuse et intriguée par la création artistique sous toutes ses formes

Pas encore de commentaires

Les commentaires sont fermés