Donald Trump mis en accusation : le bras de fer entre démocrates et républicains

© White House photographer – Official White House Facebook page

Ce mercredi 18 décembre, la Chambre des représentants américaine a mis en accusation le président Donald Trump pour abus de pouvoir et obstruction au Sénat. Cependant, sa destitution par le Sénat est peu probable.

Depuis le début de son mandat Donald Trump interroge par son imprévisibilité et son comportement souvent décrié comme immature. La politique qu’il mène pour les Etats-Unis est difficilement qualifiable tant elle est incohérente. Il multiplie les erreurs entre ingérence russe dans sa campagne en 2016 et sombres histoires d’influence des votes via Facebook. Il semblerait que l’impeachment ait été l’épée de Damoclès du président américain depuis le début.

En quoi consiste l’impeachment ?

La procédure d’impeachment est inscrite dans la Constitution américaine par l’article 2 : elle indique qu’un président peut être mis en accusation puis destitué pour trahison, corruption, crimes et délits majeurs. La Chambre des représentants lance la procédure en mettant en accusation le président des Etats-Unis. Ensuite c’est au Sénat d’en faire le procès, pendant ce temps le président est suspendu de ses fonctions. Pour destituer le président il faut que les sénateurs votent au deux tiers pour. C’est la troisième fois dans l’histoire des Etats-Unis que la procédure d’impeachment est lancée.

Deux chefs d’accusation retenus contre Donald Trump

Le 18 décembre, la speaker Nancy Pelosi clôture la séance à la Chambre des représentants pour l’impeachment du président en retenant deux chefs d’accusation à son encontre  : abus de pouvoir et obstruction au Congrès. L’affaire qui permet cette procédure d’impeachment est celle de la conversation téléphonique entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et Donald Trump.

Le chef d’Etat américain demande à son homologue ukrainien d’enquêter sur son rival démocrate en vue des élections présidentielles de 2020, Joe Biden. En échange, il propose 400 million de dollars d’assistance militaire ainsi qu’un rendez-vous à la maison blanche à l’Ukraine. Le Congrès, suite à ces révélations, enquête sur Donald Trump qui ordonne à son administration de refuser toutes les demandes du Congrès dans le cadre de cette enquête. Cette requête de la part du président américain constitue une violation de la séparation des pouvoirs.

Les députés américains divisés

Lors des débats à la Chambre des représentants, démocrates et républicains se succèdent pour prendre la parole. Les républicains soutiennent en bloc le président américain en accusant les démocrates de lancer cette procédure car ils ne veulent pas travailler avec le gouvernement républicain. Pour autant, ils ne nient pas l’affaire ukrainienne mais ne considèrent pas qu’elle justifie un impeachment.

Tandis que les démocrates n’ont pas défaillis et ont maintenu la procédure même si celle-ci les affaiblit politiquement. L’énergie qu’ils vouent à l’impeachment du président peut les éloigner de l’objectif des présidentielles de 2020 et les mettre en difficulté face aux républicains. La menace de l’impeachment planait pourtant depuis plusieurs mois au dessus de la tête du président américain, en commençant par l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. Après 2 ans d’enquête, les faits retenus n’avaient pas été considérés suffisants pour mettre en accusation le président américain.

Un vote conséquent mais sans grandes conséquences

Même si Donald Trump a été mis en accusation mercredi par 230 députés américains pour abus de pouvoir et 229 pour obstruction au Congrès, la décision finale d’une destitution du président par le Sénat reste peu probable. Nancy Pelosi, la speaker de la Chambre des représentants, prend ses précautions vis-à-vis du Sénat. Elle n’a pas dit quand elle leur transmettra les articles de mise en accusation car elle veut s’assurer que le Sénat mènera un procès juste. Les sénateurs ont déjà fait part de leurs inquiétudes et réticences face à cet impeachment. Ils trouvent que le cas monté par les députés est faible et ne veulent pas entendre de nouveaux témoins, ni être présentés de nouvelles preuves.

Le véritable impact de cette rare procédure d’impeachment est celui qu’elle produit sur l’opinion publique. Le mandat de Donald Trump sera incontestablement tâché par cette mise en accusation. Durant les débats à la Chambre des représentants mercredi, plusieurs centaines de citoyens américains manifestaient devant la Maison blanche en faveur de la destitution du président. Donald Trump était quant à lui en déplacement dans des bases militaires américaines. Il a refusé ce jour-ci de prendre les questions des journalistes présents. En effet, c’est sur Twitter que le président américain a préféré s’exprimer, comme à son habitude. Des dizaines de tweets depuis le 18 décembre dans lesquels Donald Trump accuse les démocrates, et notamment Nancy Pelosi, de nuire aux intérêts américains et de mener une «  chasse aux sorcières  ».

Il ne reste qu’à voir la position des sénateurs américains lors du procès qui se tiendra en 2020. Plusieurs sénateurs républicains ont déjà affirmé leur soutien au président et leur réticence au futur procès. A moins de dix mois des élections présidentielles de 2020, le verdict des sénateurs pourrait s’avérer déterminant.

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