Maxime Gasteuil : l’homme français (le vrai)

© Maxime Gasteuil au casino de Paris/Laura Gilli

© Maxime Gasteuil au casino de Paris/Laura Gilli

Le rapport entre l’œnologie, l’épilation et l’ébullition du métro parisien ? Le one man-show de Maxime Gasteuil, Maxime Gasteuil arrive en ville où l’humoriste prometteur explore les différences entre Paris et la province. Le rire est franc, l’artiste attachant. 

Une ambiance chaleureuse

Concert ou stand up ? Pendants les premiers instants du spectacle de Maxime Gasteuil, difficile de le savoir. Le jeune humoriste fait se lever le public, de la musique “commerciale” résonne dans la salle. Nous sommes à Lille, les gens du nord sont bon public et chaleureux, tout est normal. 

Sauf qu’à Lyon à Bordeaux ou à Paris le public se lève aussi, témoigne plus tard l’artiste. En quelques minutes, Maxime Gasteuil parvient à faire se lâcher les spectateurs poliment installés dans leur fauteuil quelques minutes auparavant. Après ce départ sur les chapeaux de roues, l’humoriste enchaîne les sketchs avec une énergie débordante. “Quand je débarque, je sens que tout le monde a envie de me voir”, raconte-t-il. Alors, il se doit selon lui de rendre la pareille. 

Un spectacle à son image

D’où vient cette nouvelle tête de l’humour français ? De la Gironde et plus précisément de Saint-Emilion. La ville où, contrairement à Paris, un homme “avec une chemise à carreaux, un bonnet trop petit sur la tête et une grosse barbe c’est pas un hipster, c’est un agriculteur”. Railler les disparités entre Paris et la province, c’est le fond de commerce de Gasteuil. 

Je suis chez moi dans les deux endroits ; j’ai grandi en province mais aujourd’hui je vis à Paris”, explique-t-il. Il se réjouit de jouer le même spectacle partout dans le pays : “Les Parisiens adorent qu’on leur tape dessus et les provinciaux adorent qu’on tape sur les Parisiens”, s’amuse l’artiste. 

Dans Maxime Gasteuil débarque en ville, il joue l’homme hétéro, viandard, qui boit à en dormir sur le canapé au domicile conjugal… Lui en somme. Alors qu’il pourrait sur le papier incarner la figure maléfique et nébuleuse du “mâle toxique”, jamais il ne dérange ou ne choque, il amuse toujours. Sa limite ? “Ni beauf, ni plouc”. Qu’il raconte les before sur le parking du Macumba, les coups d’un soir ou du prix de l’alcool en boîte de nuit à Paris, impossible de ne pas (re)connaître celui qu’il dépeint. 

“Les Parisiens adorent qu’on leur tape dessus et les provinciaux adorent qu’on tape sur les Parisiens”

Maxime Gasteuil

Après deux heures de spectacle, le public est détendu, l’artiste vidé. Dans sa loge, les canettes de Red Bull sont vides et son tee-shirt trempé. A la fin du spectacle, il a incité le public à “croire en ses rêves” et à se battre à fond pour son projet. C’est ce qu’il a fait, en décidant de “monter à Paris” pour devenir comédien.

Sa nature de pitre, mot désuet qu’il lui sied pourtant si bien ne lui a pas épargné les heures de travail. Si elles sont agréables elles n’en sont pas moins énergivores, pour parvenir à remplir les salles, à se faire un nom. Comme beaucoup d’humoristes de sa génération, il tourne aussi de courtes vidéos, des saynètes pour se faire connaître. Une manière pour lui d’attirer le public et de sa faire connaître.

Si le succès semble là, Maxime Gasteuil voit plus loin. Il remplit des salles, il veut remplir des zéniths. Il apparaît dans quelques films et séries, il veut le premier rôle au cinéma. En attendant, il prépare un “guide du provincial”, un livre kit de survie pour l’arrivée à Paris. Diversifier ses activités l’enthousiasme : il veut être partout, mais surtout en haut. 

En quittant Le Splendid, la salle de spectacle de Lille, Maxime Gasteuil rentre à Paris en voiture avec son équipe. Sur le chemin, ils s’arrêteront dans un fast-food. Sa carrière naissante le fait osciller entre la gloire et l’anonymat, la normalité. Ce qui lui permet de garder une forte identification des spectateurs à sa vie, ainsi qu’une plateforme publique, la scène, pour en parler. Tant mieux, puisqu’il la raconte si bien.

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