« American Horror Story : 1984 » – Slasher power

© Fox

Les années 80 continuent d’inspirer les scénaristes du petit écran outre-Atlantique. Cette vague de nostalgie qui plane sur Hollywood depuis quelques mois n’a pas épargnée Ryan Murphy. La dernière saison de sa série d’anthologie American Horror Story, sous-titrée 1984, rend hommage aux grands films slashers des eighties.

Été 1984, à Los Angeles. Richard Ramirez, un tueur en série surnommé The Night Stalker, fait rage. Entre deux cours d’aérobic, cinq jeunes décident de devenir moniteurs d’une colonie de vacances afin d’échapper à la paranoïa qui gagne la ville. Une fois sur place, ils découvrent que le camp Redwood a déjà été le théâtre d’un massacre perpétré quelques années auparavant par un certain Mister Jingles. Au milieu des bois, une nouvelle tuerie se prépare alors que Mister Jingles est de retour et que Ramirez rôde lui aussi. La bande d’amis comprend rapidement que les histoires d’horreur racontées au coin du feu ne seront pas les plus effrayantes.

Dès les premiers épisodes – et même, lors de la promo de cette nouvelle saison -, la série de Murphy regorge de références aux grands classiques du slasher. Souviens toi… l’été dernier, Halloween, Vendredi 13… Les clins d’œil s’enchaînent et entraînent le spectateur au cœur des années 80. Les futures victimes prennent les traits de personnages volontairement stéréotypés. Brooke – incarnée par une Emma Roberts qui endosse enfin le rôle d’un personnage positif – représente la parfaite final girl, un peu naïve et qui se casse la figure tous les 10 mètres lorsqu’elle est poursuivie par un tueur. Elle est entourée d’autres personnages aussi caricaturaux à l’image de Montana (excellente Billie Lourd), nymphomane sur les bords et fervente défenseure de la culture eighties. Si Sarah Paulson, Jessica Lange et Evan Peters manquent à l’appel, le casting compte tout de même des têtes déjà bien connues des spectateurs comme Lily Rabe et Dylan McDermott. Nouveau venu dans la distribution, Matthew Morrison fait une entrée remarquée dans l’univers horrifique de Murphy. L’ancien interprète de Mr. Schue dans Glee (autre série signée Ryan Murphy) est ici méconnaissable et hilarant dans le rôle de Trevor.

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À la limite du pastiche, la saison remplit amplement son rôle de divertissement. Les scènes artificielles et volontairement clichées se succèdent rapidement sans laisser place à l’ennui. La violence excessive et les nombreux bains de sang tendent vers le kitsch tout en offrant des scènes délectables. De nombreux rebondissements ponctuent les neuf petits épisodes de cette saison composée en deux parties. La (longue) nuit du massacre est racontée en cinq épisodes alors que les conséquences de la tuerie et les désirs de vengeance des survivants viennent clôturer la saison.

Comme dans plusieurs saisons d’American Horror Story (Murder House, Hotel), les morts se confondent aux vivants et deviennent prisonniers de l’endroit où ils ont perdu la vie. Ici aussi, les victimes de Jingles et Ramirez sont condamnées à errer, à tout jamais, dans le camp Redwood. Ce détail contribue à lier 1984 aux autres saisons de la série. Ces connexions demeurent cependant timides et parfois bancales. Le personnage de Ramirez par exemple, lui aussi pris au piège dans le camp, apparaît dans la cinquième saison (Hotel) censée se dérouler à notre époque. Comment aurait-il pu se rendre à l’Hôtel Cortez s’il était prisonnier du camp depuis tout ce temps ? Une maladresse d’écriture fâcheuse qui s’ajoute à d’autres incohérences qu’il est possible de déceler entre les saisons. L’interconnexion de ces dernières prend la forme d’un véritable casse tête pour les spectateurs qui cherchent à établir des liens entre les différentes saisons. Une réponse sera peut-être apportée lors de la dixième saison qui devrait réunir les acteurs emblématiques de cette série pas si anthologique que ça finalement.

Sans rien réinventer, 1984 se présente comme une parenthèse délirante qui dérive un peu de l’univers de la série. Cette saison permet d’asseoir un peu plus le nouveau casting tout en surfant sur la vague de nostalgie ambiante. Malgré ses incohérences et ses facilités d’écriture (notamment sur ce qui s’apparente être une happy ending), 1984 se regarde volontiers comme un étrange hommage aux années 80.

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