Rencontre avec Vidéoclub – « Toutes les générations regrettent les années qu’elles n’ont pas connues »

Deux heures avant leur concert à La Nouvelle Vague dans le cadre du festival Baisers Volés de Saint-Malo, le tandem Vidéoclub a répondu à nos questions.

Du haut de leurs dix-sept années, Adèle Castillon et Matthieu Reynaud s’impatientent avant de monter sur scène. En quelques mois, les adolescents ont dépassé les millions de vues sur Youtube avec trois morceaux. Ce qui est touchant, c’est leur sincère naïveté qui infuse dans leurs textes et mélodies composés en amoureux. La nostalgie, fil rouge de Vidéoclub, n’est pas convoquée par un passé idéalisé mais par un mal-être juvénilé lié à l’ennui. Le couple vient nourrir des premiers pas artistiques intriguants, reste à savoir si l’idylle musicale perdurera. Pour l’heure, Adèle et Matthieu s’installent confortablement dans le canapé vintage de La Nouvelle Vague.

Vidéoclub, c’est surprenant comme nom de groupe pour des jeunes qui ont peu fréquenté ces lieux. Au-delà de la musique, c’est le cinéma qui vous rassemble ?

Adèle Castillon : À la base, ce nom est venu de Matthieu [Reynaud] qui, pendant une soirée, voulait donner ce nom à son futur groupe.

Matthieu Reynaud : Il n’y a pas pas vraiment de recherche intense derrière ce nom.

A : On ne devrait pas trop le dire en interview (rires) et on se rattrape toujours en disant que le cinéma est quelque chose qui nous parle, notamment l’esthétique des années 1980, le grain, les couleurs pastels.

Dans vos tenues, il y a quelque chose de très pop, comme si vous étiez des enfants des années 1980. On retrouve ces références dans le clip En nuit. Qu’est-ce qui vous plait dans cette décennie  ?

A : Toutes les générations regrettent les années qu’elles n’ont pas connues. C’est lié à une frustration de l’être humain.

M : C’est une nostalgie de la vie et pas des années 1980.

Adèle, tu as déjà joué dans des films. Quel est votre rapport au métier d’acteurs ?

A : J’ai un attrait fort pour le cinéma mais Matthieu a déjà eu des expériences de casting. J’espère pouvoir rejouer dans des films plus tard et pourquoi pas en réaliser, notamment avec Matthieu.

M : J’aimerai beaucoup composer des bandes originales pour des films. La musique de Basketball Diaries me rend fou, c’est l’un des mes films préférés.

En écoutant vos trois morceaux, je ressens énormément l’influence de Fauve. C’est un groupe qui vous a inspiré pour le projet  ?

A : Oui, c’est un groupe qui compte pour nous deux. On a les mêmes références comme cet amour commun pour Odezenne. Matthieu écoute beaucoup de rock new wave des années 1980 et ça se ressent dans les synthés.

Pour composer, tu travailles beaucoup sur des synthés ?

M : Oui, avec des synthés analogiques. J’utilise beaucoup de vieilles machines, une boite à rythme, un Prophet 6.

A : Il y a des brouillons réalisés tous les deux puis Matthieu s’enferme et donne une structure à l’ensemble. Il m’envoie une base assez solide, on en parle et à partir de là j’interviens pour des ajustements ou des changements de direction. J’interviens surtout sur les mélodies de voix. Dans l’ensemble, on travaille à deux.

Pour Amour plastique, le texte provenait d’un poème écrit par l’un de vos amis.

M : C’est à une période où on traînait tout le temps chez moi comme je dispose d’un studio, celui de mon père. On a enregistré Amour plastique sur un poème d’Esteban avec une instru de Matthieu. Le père de Matthieu a mixé l’ensemble.

Adèle Castillon et Matthieu Reynaud © Mathilde Cherel pour Maze

On a l’impression que vous ne faites pas de séparation entre votre relation privée et la musique. Tout se mêle. C’est ce qui vous guide dans l’écriture  ?

A : Tu as raison. Les trois morceaux disponibles parlent d’amour. En nuit, on l’a écrite à deux et l’objectif était davantage d’évoquer l’amitié mais le clip a recentré sur la question amoureuse. Dans les autres chansons qui arrivent, les thématiques changent.

Il y a une mélancolie qui vient s’y greffer.

A : Oui, c’est parce que l’on est tous les deux comme ça. Souvent, on s’enferme pour ressasser des sentiments.

J’ai vu une vidéo de vous, pour votre premier concert. Adèle est très émue sur scène quand elle voit le public chanter avec elle. Comment vous vous sentez deux heures avant le concert  ?

A : Ce soir, c’est notre neuvième concert. On a hâte même si je stresse beaucoup plus que Matthieu. On va jouer un nouveau titre sur scène, il s’intitule Mai. La nostalgie est toujours présente avec ce morceau, il y a une naïveté que l’on trouve avec bonheur dans les films de Jacques Demy.

Quels sont vos projets pour la suite  ?

A : On va faire nos premières dates parisiennes et c’est déjà presque complet.

M : Ma vie se déroule devant mes yeux, sans rien prévoir.

A : Une fois, on se promenait tous les deux dans la rue et il me parle du voyage à Londres de la semaine prochaine alors que c’était demain ! Il ne faut pas trop le brusquer.

Vidéoclub en concert :

  • 16 novembre – Stereolux, Nantes.
  • 23 novembre – EMB, Sannois.
  • 13 janvier – Le Botanique, Bruxelles.
  • 17, 18 et 23, 24, 25 janvier – La Maroquinerie, Paris.

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