Si vous saviez…

CC-BY-4.0 – © European Union 2019 – Source – EP – Gabor KOVACS

Depuis plusieurs mois, Greta Thunberg multiplie les actions en faveur d’une prise de conscience collective autour du réchauffement climatique. En juillet 2019, l’activiste et militante écologiste suédoise s’est rendue à l’Assemblée Nationale. De quoi susciter des cris d’orfraie sur les réseaux sociaux, relayés sur des plateaux de radio ou de télévision, par les oxymoriques tenants du « c’était mieux avant ».

Quand on a moins de dix-huit ans et qu’on porte un projet associatif ou personnel, nous sommes confrontés à des personnes plus âgées qui ne nous prennent pas au sérieux, restent indifférents ou préfèrent nous demander de bien rester à notre place. C’est à ce moment-là qu’on se dit que lorsqu’on sera « plus grands », nous ne serons jamais comme ça. Nous encouragerons plutôt l’expérimentation et le franchissement des portes que nous n’avions pas osé franchir, autrement dit, l’émancipation.

Greta Thunberg n’est, en réalité, pas le sujet. Elle est toutefois aujourd’hui l’incarnation médiatique de cette jeunesse engagée, sous toutes ses formes et dans tous ses modèles d’action. Que cela ait été voulu ou non, elle est aujourd’hui la représentante du paradoxe de nos sociétés vis-à-vis des jeunes.

Les discours sur une démobilisation et un défaut d’engagement dans la vie de la cité de celles et ceux qu’on regroupera dans le groupe social des « jeunes », sont légion, surtout à l’approche d’échéances électorales.

Pourtant, depuis de nombreuses années, on assiste plutôt à une mutation des engagements qu’à leur disparition. De nombreuses initiatives voient le jour, en France comme ailleurs. Ce sont autant de preuves que les jeunes engagé.e.s existent, même si cela se fait le plus souvent à un niveau très localisé et généralement peu pris en compte dans la construction des discours et des politiques publiques.

Écologie, culture, lutte contre les discriminations, animation locale, peu importe. Partout, des milliers de Greta Thunberg tirent de l’éducation non formelle, de l’engagement au service d’une cause ou de l’accomplissement d’un projet personnel, autant ou davantage de bénéfices et de connaissances que de l’école.

Le temps de la mise en cohérence des représentations et des discours est aujourd’hui venu.

Baptiste Thevelein

Co-fondateur et directeur de la publication

Co-fondateur, directeur de la publication du magazine Maze. Étudiant au CELSA. Président d'Animafac, le réseau national des associations étudiantes.

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