« Metronomy Forever » sous les projecteurs

Photo : Michele Yon

Très attendu, le sixième album de Metronomy est sorti le 13 septembre : Metronomy Forever (Because Music) a divisé la rédaction.

Dernier album de la formation britannique, Metronomy Forever s’avère être un cheminement complexe de morceaux singuliers. Ces derniers mois Metronomy avait longuement anticipé la sortie de celui-ci avec un virage pop assumé, en sortant les singles Lately, Wedding Bells, Walking In The Dark ou encore le très pop Salted Caramel Ice Cream. Le résultat final est somme toute plaisant mais l’euphorie que suscitait les précédentes compositions n’est pas au rendez-vous. La faute à ce long teasing à n’en plus finir et à un album très alambiqué qui perd parfois de sa saveur et de sa cohérence, comme Sex Emoji morceau presque absurde qui pousse le travail de Metronomy dans ses retranchements. En parallèle le groupe excelle toujours autant dans les compositions instrumentales comme c’est le cas pour Lying Low ou Forever Is A Long Time, qui ne sont pas sans rappeler la réussite du morceau Boy Racer sur l’album Love Letters. Finalement Metronomy Forever est un album compartimenté qui montre la palette diversifiée qu’est la musique de Metronomy, mais qui échoue dans la proposition d’une esthétique globale.

Caroline Fauvel

On croyait Metronomy quelque peu en stand-by. Après deux grands albums ayant marqué à n’en pas douter la musique des années 2010, Joseph Mount, leader du groupe, a décidé de faire cavalier seul avec un album concept, le rafraîchissant Summer 08, paru trois ans auparavant, accompagné d’une tournée au format DJ set en solo, suivi l’an dernier d’une réédition de Nights Out, pour les 10 ans de ce deuxième album. Mais voilà que le quatuor du Devon revient pour présenter son sixième opus, Metronomy Forever. Avec ses 17 morceaux, il renoue avec ses origines instrumentales et la langueur des premiers albums. Les singles se retrouvent égarés au milieu de morceaux instrumentaux et d’interludes. Cela tranche avec l’efficacité des précédents albums, tirés au cordeau. À l’image de la pochette, Metronomy Forever prend son temps pour s’égarer et s’abandonner dans la jungle de sons post-estivaux, entre des sons synthétiques satisfaisants et des guitares électriques rétrospectives. De la même manière que son compatriote Jamie xx, en solo comme avec The xx, flirte avec la musique électronique et dance, Joseph Mount navigue avec succès sur cette piste, sans oublier de rappeler des compositions peut être plus abstraites, comme Boards of Canada ou encore Grizzly Bear. Cela n’empêche pourtant pas Metronomy Forever de rester dans le sillage des précédentes œuvres du groupe, laissant reconnaître rapidement sa marque de fabrique, et d’ainsi bien porter son nom.

Victor Costa

Si Summer 08 en avait dérouté certains et ne ressemblait déjà plus à l’idée qu’ils pouvaient se faire de ce qu’est Metronomy, ce nouveau disque finit de les achever. Gloubi-boulga auditif incompréhensible, Metronomy Forever fait du n’importe quoi n’importe comment. Joseph Mount et ses ouailles font l’économie de la cohérence (c’est plus facile pour faire un disque, c’est certain), chose qu’on ne pouvait pas reprocher à Summer 08. Des influences pseudo-funk de Sex Emoji ou pop 80’s de Wedding Bells, aux tentatives d’incursion techno, en passant par le mashup Mika/Kylie Minogue sur Salted Caramel Ice Cream, Metronomy est a côté de la plaque, tourne même parfois au ridicule, ne racontant rien, n’inventant rien. Plutôt gênant lorsqu’on est Joseph Mount, et qu’on est décrit comme l’un des artistes les plus influents du XXIe siècle, statut que l’on porte plutôt fièrement. Les nostalgiques de l’English Riviera tenteront de se consoler avec Whitsand Bay, seul titre admissible, qui ouvre d’ailleurs l’album. Finalement, un single aurait suffi.

Kevin Dufrêche

Imaginé et composé par Joseph Mount, leader du groupe Metronomy, dans son propre studio localisé dans le Kent en Angleterre, ce sixième album ne déçoit pas et offre quelques surprises bienvenues. Teasé depuis maintenant plusieurs mois, le groupe britannique propose donc un album cadencé et nostalgique, dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Les mélodies, parfois simplistes, sont suffisantes pour nous envoûter et nous faire écouter d’une traite cette pièce en 17 parties, ponctuée d’interludes instrumentaux tels que Forever Is A Long Time, Miracle Rooftop ou encore Lying Low, ce dernier titre rappelant le classique Boy Racer de Love Letters. Ces morceaux sont une excellente surprise et constituent indéniablement un des points forts de cette nouvelle sortie. Les autres titres ne sont pas en reste, de Salted Caramel Iced Cream, en passant par Wedding Bells, à Upset My Girlfriend et Insecurity, c’est un mélange de festivités, d’amertumes, d’euphorie et de nostalgie qui s’offre à nous. Le seul raté serait finalement Sex Emoji, morceau insipide et agaçant, vite oublié grâce au reste de l’album qui offre de belles opportunités pour rayonner en live.

Pierre-Louis Herrouin

Kevin Dufreche

A l'écrit, et en podcast : Musique en bref !

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