AGENDART – La rentrée culturelle !

© Hélène Bully

La rubrique Art de Maze fait sa rentrée et vous propose une sélection d’évènements culturels à ne pas manquer pour réussir la votre.

Festival – Festival d’Automne à Paris: les valeurs sûres

A Paris, qui dit rentrée culturelle dit forcément un peu Festival d’Automne. Sous sa houlette, la manifestation regroupe l’essentiel des spectacles qui mettent le plus l’eau à la bouche. Dès septembre, l’amateur de spectacle vivant francilien pourra reprendre son marathon culturel avec Oreste à Mossoul de Milo Rau (du 10 au 16 septembre au Théâtre des Amandiers) et The way she dies, une collaboration à partir d’Anna Karenine entre le TG Stan et Tiago Rodrigues, déjà invités à “occuper” plusieurs semaines le Théâtre de la bastille respectivement en 2018 et 2019 (du 11 septembre au 6 octobre au Théâtre de la Bastille). Côté danse, deux rendez-vous seront à noter avec Infini du français Boris Charmatz (du 10 au 14 septembre au Théâtre de la ville puis en tournée en Île-de-France) et Panoramix de La Ribot (du 14 au 22 septembre au Centre Pompidou ), la chorégraphe espagnole faisant l’objet d’un portrait dans le cadre de cette édition du festival Enfin, impossible de ne pas être intrigué par les performances “architecturales” du duo d’artistes californiens Gerard & Kelly organisées à la Villa Savoye et à l’appartement-atelier de l’immeuble Molitor, deux lieux créés par Le Corbusier.

Festival d’Automne à Paris. Jusqu’au 31 décembre à Paris et aux alentours.

Francis Bacon Oedipus and the Sphinx after Ingres 1983 Coll Berardo Lisbonne -The estate of Francis Bacon © Adagp paris and DACS London 2019 Artimage photo Prudence Cuming Associates Ldt

Exposition – Francis Bacon en toutes lettres au Centre Pompidou

Après des rétrospectives sur Matisse, Magritte et Derain, le Centre Pompidou poursuit la re-découverte des grands peintres du XXème siècle en exposant Francis Bacon pour la première fois depuis vingt ans, sous la direction de Didier Ottinger.
L’exposition « Bacon en toutes lettres » sonde les influences littéraires du peintre irlandais, d’Eschyle à Nietzsche en passant par Bataille, une « famille spirituelle » pour reprendre les mots du peintre, à qui il doit l’invention de son univers plastique si singulier. La littérature fut toujours pour Bacon un puissant stimulus de son imaginaire. Ainsi, lectures, performances, littérature visuelle et sonore parsèment le parcours de l’exposition. La scénographie est elle-même rythmée par différents îlots regroupant plusieurs peintures en relation étroite avec un auteur : les motifs de l’inspiration, la re-appropriation des mythes et des histoires et leur conversion en images sont ainsi rendues plus percutantes.
En explorant les rapports étroits entre peinture et littérature, cette rétrospective témoigne d’une approche relativement novatrice en histoire de l’art et offre une nouvelle interprétation particulièrement riche de l’oeuvre de Bacon. De quoi ne pas oublier que les peintres sont souvent de grands lecteurs !

Centre Pompidou, Place Georges Pompidou, 75004 Paris https://www.centrepompidou.fr

Théâtre – Les Vagues au Théâtre de Belleville

© Sarah Lasry

Parce qu’il y a aussi du théâtre en dehors du FAP… Après quelques dates à Paris en 2018, la pièce de la jeune metteuse en scène Georgia Azoulay (que nous avions eu le plaisir de rencontrer ici) est de retour pour une série de représentations au Théâtre de Belleville. Cette adaptation des Vagues de Virgnia Woolf constitue un des meilleurs choix ouvrir la saison théâtrale de manière exigeante. Publiée en 1931, The Waves est l’une des œuvres les plus particulières de l’autrice anglaise. On y retrouve six amis d’enfance qui se sont un peu perdus de vue, réunis à l’occasion de l’enterrement de l’un d’entre eux. Leurs six voix intérieures se mêlent dans un flot de pensées quasi continu… à moins qu’il ne s’agit que d’une seule et même personne ? Vibrante et énergique, la mise en scène de Georgia Azoulay rend hommage au foisonnement littéraire qui fait toute la spécificité de l’œuvre originale sans oublier la profonde mélancolie qui se dégage de cette jeunesse un peu perdue, oscillant toujours entre apathie, cynisme et hystérie et, finalement, profondément émouvante .

Les Vagues, librement inspirée de Virginia Woolf, mise en scène de Georgia Azoulay. Au Théâtre de Belleville du 4 au 27 septembre, les mercredi, jeudi et vendredi à 19h. Tarif: 10-26€. Durée: 1h20.

Camille Bombois – La fillette à la poupée, 1925, huile sur toile, 55 x 46,5 cm, Collection privée – © Adagp, Paris, 2019 Photo : © Jean Louis Losi

Du Douanier Rousseau à Séraphine. Les grands maîtres naïfs

Pour sa réouverture le 11 septembre, le Musée Maillol situé dans le 7ème arrondissement célèbre les grands maîtres (et maitresses) de la peinture naïve. Au tournant du XXème siècle, ceux qu’on qualifie alors de « primitifs modernes » travaillent en marge des canons esthétiques : leur utilisation de couleurs chatoyantes et l’attrait pour la figuration sont alors à contre courant de la mode. Réunis pour la première fois à Paris, on retrouve dans l’exposition André Bauchant, Henri Rousseau, Ferdinand Desnos mais aussi Séraphine Louis. Un ensemble de peintres qui, à l’écart des avants-gardes comme des académismes, a tenté de renouveler l’histoire de l’art à sa manière. De manière assez pertinente, la scénographie est organisée autour d’un parcours thématique qui interroge les liens entre l’art dit naïf et la tradition picturale. Les commissaires de l’exposition, Jeanne-Mathilde Lacourt et Alex Susanna ont en effet choisi de réunir ces artistes autour d’un questionnement formel pour montrer une autre dimension de l’art de l’entre-deux-guerre. Une bonne exposition pour découvrir un côté inattendu des oeuvres des années 20 !

Musée Maillol , 61 rue de Grenelle 75007 Paris https://www.museemaillol.com

Exposition – Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton

© Charlotte Perriand à Rio, 1987. © Adagp, Paris, 2019 ; © Archives Charlotte Perriand

Parce que pour certains la rentrée ne commence qu’en octobre, Maze se permet d’aller jusqu’à signaler la très prometteuse exposition que la Fondation Louis Vuitton consacrera à Charlotte Perriand. Femme libre et indépendante disparue en 1991, la designeuse fut la compagne de route du Corbusier et de Pierre Jeanneret et a signé quelques uns des meubles mythiques du XXème siècle. Selon certains on lui doit même complètement la fameuse chaise longue (dite LC4) du Corbusier… L’exposition permettra de redécouvrir le travail de Perriand, de se plonger dans son univers grâce à des reconstitutions de son “Appartement idéal” (1927) ou dans sa “Maison de thé” conçue pour l’UNESCO en 1993 mais aussi d’admirer des œuvres qui ont pu l’inspirer tels des dessins de Fernand Léger ou de Pablo Picasso.

Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton du 2 octobre 2019 au 24 février 2020. Tarifs : 5-16€.

Chloë Braz-Vieira

Rédactrice en chef de la rubrique art. Toujours quelque part entre un théâtre, un film, un ballet, un opéra et une expo.

Pas encore de commentaires

Laissez un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.