La Route du Rock, jour 3 – Dernière euphorie

© Nicolas Joubard – Metronomy

Ce troisième jour de la Route du Rock s’achève en beauté au Fort Sainte-Père au rythme des concerts de Deerhunter, The Growlers ou encore Metronomy.

Hand Habits et Deerhunter ouvrent aujourd’hui le festival, dès le départ le ton est donné la journée sera moins rock, les sonorités sont indé, ce que l’on apprécie inéluctablement. La pluie est une nouvelle fois au rendez-vous, Bradford Cox, chanteur et guitariste de Deerhunter enfile son ciré jaune et charme la foule le temps d’une heure. Ce virage alternatif nous mène au concert du groupe suivant, Pottery, une découverte live marquante dans notre festival. Originaires de Montréal, c’est l’occasion pour eux de tester leur premier EP, No. 1, sorti en mai dernier.

The Growlers

20h50, la foule se presse du coté de la grande scène, pas de doute c’est The Growlers qui est attendu dans quelques minutes. La formation aux airs de dandy s’élance prudemment sur scène dessinant les contours d’un show efficace et éperdument cool. Les bras se lèvent au rythme des morceaux du groupe, allant des classiques de l’album Chinese Fountain sorti en 2014, aux singles publiés tout récemment, chacun se laisse aller à quelques pas de danse malgré la sobriété de mise pour ce live.

© Nicolas Joubard – The Growlers

Metronomy

La bonne surprise de la soirée est définitivement la performance du groupe Metronomy. Le quintet britannique qui sortira son prochain album à la rentrée, Metronomy Forever, a su habilement charmer le festival sous l’emprise de ses émanations pop. Loin des premiers lives stoïques, parfois fades, souvent insignifiants, de leurs précédentes tournées, Joseph Mount s’impose désormais en leader charismatique du groupe. Ce dernier laisse pourtant une place conséquente à chaque membre de la formation, valorisant leur rôle sur scène. Metronomy laisse la part belle à leurs futurs morceaux, six au total, tout en jouant ses “classiques” issus des albums The English Riviera et Nights Out. Une performance géniale qui s’oppose ainsi vivement à celle du groupe Tame Impala, il y a deux jours, étant donné le peu de place accordée par le groupe à leur album à venir. Les corps sont en mouvement sur la musique luminescente, le public danse sous la pluie battante, Joseph lance timidement mais surement Love Letters en français et termine en beauté sur un morceau garage du premier album de Metronomy : le pari est réussi.

Dernière soirée

23h50, tempête, boue, k-way et musique festive, en quelques secondes après le concert de Metronomy l’esplanade qui fait face à la scène principale s’est transformée en salle des fêtes une demie heure durant. Le temps de fêter les cinq ans de la fameuse chenille de la Route du Rock. Un moment d’engouement baigné de pluie qui met en exergue la dimension bon enfant et joyeuse de ce festival.

Les réjouissances espiègles laissent place aux derniers lives de la soirée et du festival, avec comme à l’accoutumée de la musique électronique sophistiquée. Ce soir c’est l’ambient sobre et profonde de David August, et la minimal tapageuse du duo français Oktober Lieber, qui sont mis à l’honneur sur le site qui se vide progressivement sous l’effet de la pluie et d’une fatigue bien amorcée. Notre Route du Rock s’achève ici, conquis une fois de plus par l’ambiance, le line-up et le cadre du festival. Le festival aura accueilli près de 25 000 personnes au total au cours de cette 29e édition, affichant toujours plus la ferveur de ses habitués de longue date.

Vous pouvez retrouver les concerts captés lors de la Route du Rock sur le site d’Arte Concert.

Caroline Fauvel

LILLE

Du cinéma et de la musique - Master 1 Métiers de la Culture

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