CINÉMA

FFA 2019 – palmarès féminin et engagé

Cette année, le Festival d’Angoulême n’avait pas à rougir de sa programmation. Les dix films en compétition ont tous marqué le public. Lors de la révélation des prix dimanche 25 aout, ce sont les films portés par des femmes et engagés qui ont raflé la mise.

Valois de diamant

Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec a décroché le prestigieux Valois. Les dessins réalisés à l’aquarelle donnent à l’histoire violente une autre profondeur. Déjà présenté à Cannes, le long-métrage a également séduit Angoulême.

Valois des étudiants francophones

Ce jury étudiant, présidé par Claire Borotra, a décerné son prix à Adam de Maryam Touzani. Drame se déroulant à Casablanca, ce long-métrage met en scène deux mères en fuite.

Valois du scénario

Mounia Meddour a reçu ce prix pour son film Papicha. L’histoire raconte celle d’une jeune femme rêvant de devenir styliste dans une Algérie des années 90 qui commence à se déchirer.

Valois de la musique

Une nouvelle fois, ce sont Les Hirondelles de Kaboul qui ont remporté le prix.

Valois de l’actrice

Le jury l’a très vite annoncé, ce n’est pas un mais deux Valois qui allaient être remis. Deux femmes ont crevé l’écran cette année. Lyna Khoudri pour Papicha et Nina Meurisse pour Camille. Cette dernière incarne Camille Lepage, jeune photojournaliste tuée lors d’un reportage en Centrafrique.

© Pyramide Distribution

Valois de l’acteur

Alors qu’il jouait aux côtés de Guillaume Canet dans Au Nom de la terre, c’est bien le jeune Anthony Bajon qui s’est fait remarqué dans ce drame social, contant l’histoire vraie d’une famille d’agriculteurs de la fin des années 90.

Valois de la mise en scène

On la connaissait comme actrice et pourtant c’est en tant que réalisatrice qu’ Hafsia Herzi a reçu son Valois. Avec l’histoire d’amour parsemée de doutes comme dans Tu mérites un amour elle a su convaincre le jury qu’une talentueuse réalisatrice venait d’être découverte.

Valois du public

A la fin de chaque projection, les spectateurs étaient invités à voter pour choisir le meilleur film. Cette année, c’est à Mounia Meddour, pour Papicha, que le prix a été remis.

Valois René Laloux

Que serait un festival à Angoulême sans parler d’images et d’animation. Tous les ans, un Valois est décerné au meilleur court-métrage de la compétition. Cette année, c’est le réalisateur suisse Claudius Gentinetta qui remporté le prix pour Selfies.

Les coups de cœur de la rédaction

Cela aurait pu être Les Hirondelles de Kaboul, de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec. Les réalisatrices ont su rester très fidèles au livre de Yasmina Khadra. Le dessin d’animation permet justement aux lecteurs de ne pas être frustrés par des personnages qu’il n’auraient pas imaginés ainsi au cours de leur lecture. Mais le coup de cœur de ce festival sera Au nom de la terre. Les difficultés du monde agricole, que le spectateur imagine mais ne connaît pas, sont mises en lumière, sans adoucir cette noire réalité. Ce film fait également découvrir un talent : l’acteur Anthony Bajon, brillant même à côté d’un Guillaume Canet encore une fois très bon. Ce jeune acteur s’est révélé dans ce long-métrage d’Édouard Bergeon, endossant le dur rôle d’un fils d’agriculteur, à qui l’on impose à un jeune âge de lourdes responsabilités. Deux films à voir, armé d’un bon paquet de mouchoirs.

Malvina Raud

Avec une compétition remplie de films mettant en scène des histoires assez engagées et des femmes fortes, difficile d’en choisir un seul qui sort du lot. Dans la compétition, La Fille au bracelet est d’une puissance incroyable. Impossible d’arrêter de penser à cette jeune fille sur les bancs des accusés une fois en dehors de la salle de cinéma. Mélissa Guers est une vraie révélation. Par son regard froid et ses silences glaçants, on comprend bien plus que ce qu’elle veut dire aux avocats. On se prend vite au jeu mis en place par Stéphane Demoustier. Coupable ou innocente ? C’est tout ce que le spectateur veut savoir. La vie de cette adolescente sans problème défile devant nos yeux. Comme notre propre vie. Un film sans fioriture qui fonctionne à la manière d’un thriller.

Manon Brethonnet

Manon Brethonnet, Malvina Raud.

Auteur·rice

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