CINÉMA

FFA 2019 – « Donne moi des ailes » – Entretien avec Nicolas Vanier

© Malvina Raud

Avec son nouveau film, Nicolas Vanier met en scène Jean-Paul Rouve, Mélanie Doutey et Louis Vazquez dans une aventure qui nous emmène en Norvège aux côtés d’oies sauvages. Coup de cœur pour Donne moi des ailes, présenté en avant première au Festival.

Avec un bon casting et des paysages magnifiques, Nicolas Vanier a accepté de nous parler de son nouveau film. Un long métrage avec des thèmes qu’il affectionne et qui touchent le spectateur au cœur. Et qui de mieux pour nous parler d’un film que son réalisateur ?

Est-ce qu’on peut dégager l’autre thème important du film comme étant la famille ?

Nicolas Vanier : Plus généralement, je dirais que c’est la transmission. C’est un thème qui m’est cher car la nouvelle génération (court silence) m’afflige… Les jeunes ne regardent plus de leurs propres yeux. Ils regardent à travers des écrans. Donc je trouvais ça intéressant de montrer le personnage de Thomas qui n’a pas du tout envie de passer des vacances loin de chez lui, loin des jeux vidéos et des réseaux sociaux et qui finit par découvrir autre chose.

Pourtant dans le film c’est grâce aux réseaux sociaux que l’exploit de Thomas prend de l’ampleur.

N.V : Je ne suis pas contre. Je ne veux pas qu’on fasse un retour en arrière. Dans le film, les personnages font un usage utile de ces moyens de communication. C’est ce que j’essaie de montrer, qu’il faut s’en servir intelligemment.

La nature est toujours présente dans vos films. Vous la filmez même comme un personnage.

N.V : Absolument, parce que ce qui m’intéresse c’est les relations, notamment entre les animaux, les hommes et la nature. Tout le monde me demande pourquoi je n’ai pas ramené plus d’images de l’Arctique. C’est parce que là-bas il n’y a personne. Et je veux la filmer de manière brute avec la lumière qu’elle m’offre. Je ne décide jamais à l’avance de quelle lumière je voudrai à quel moment, justement parce que je ne sais jamais ce qu’elle peut m’offrir.

Et traiter la nature comme un personnage, donc comme un être humain, ça s’apprend. Est-ce que cela passe par l’éducation ?

N.V : Bien sûr, parce que les enfants vont hériter d’un monde qui sera très différent de celui dans lequel on vit. C’est impossible de continuer à gaspiller et à consommer comme nous le faisons. C’est comme une faillite annoncée. Les scientifiques s’accordent entre eux. Il faut changer les choses maintenant. Même si ce n’est pas un film politique, cela fait passer l’idée qu’il faut faire quelque chose pour la nature. Je n’ai pas envie de me réveiller un matin sans entendre un oiseau chanter parce qu’ils ont tous disparu. Et cela risque d’arriver.

Et il faut y croire aussi, être passionné par la cause que l’on défend.

N.V : Exactement. Dans le film c’est poussé à l’extrême avec le personnage joué par Jean-Paul Rouve, où la passion devient envahissante. Il est tellement focalisé sur le sauvetage des animaux menacés qu’il en oublie les valeurs qui donnent un sens à la vie, comme sa famille.

Et travailler avec des oies, comment c’était ?

Drôle, tendre et avec un message poignant. Deux ans après avoir présenté L’Ecole buissonnière au Festival d’Angoulême, Nicolas Vanier réussi le pari avec Donne moi des ailes.

Sortie en salles le 9 octobre 2019.

Manon Brethonnet, Malvina Raud.

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