Festival d’Avignon – OFF : « Les chatouilles » vous coupent le souffle

© Avignon Le Off

Pour la cinquième année et après le film, Les chatouilles ou la danse de la colère, le spectacle écrit et mis en scène par Andréa Bescond et Eric Métayer, est de retour à Avignon. Dans un joyeux mélange de danse et de théâtre les deux réalisateurs racontent en toute légèreté un sujet extrêmement lourd.

Un message vibrant contre l’indifférence

Pour Andréa Bescond, le choix de cette histoire autobiographique s’est imposé à elle «  comme une survie, comme l’envie de dire haut et fort ce que beaucoup ne veulent pas entendre, rejettent en bloc, quoi de plus insupportable que le viol d’un enfant ?  ». Il n’y a pas de doute, le public entend et ressent le message et la durée des applaudissements viennent en témoigner. La mission est d’autant plus réussie pour ses créateurs que le spectacle a été adapté au cinéma et consacré par deux Césars – meilleure adaptation et meilleure actrice dans un second rôle – cette année.

La pièce raconte l’histoire d’une jeune fille qui cherche des réponses, tantôt par la psychanalyse, tantôt par la réappropriation de son corps à travers la danse. Elle ne se pose pas seulement des questions mais cherche aussi à renouer avec l’enfant qu’elle était et qu’elle a le sentiment d’avoir abandonnée en occultant son passé. Cette enfant, c’est Odette. Une petite fille qui a souffert de la pédophilie d’un ami de la famille, des viols répétés qui lui ont volé son enfance.

© Le bruit du OFF

Entre rire et douleur

Le spectateur est averti dès le titre du spectacle  : «  La danse de la colère  » se veut être un véritable exutoire de la souffrance. Dans cette lente mais poignante reconstruction, les mots ne sont pas adoucis, les faits sont décrits et mimés en détail à chaque fois, et plus encore quand ils sont lourds. Et pourtant, on rit un peu. Déborah Moreau, à qui Andréa Bescond a passé le flambeau dans le rôle d’Odette, joue elle-même l’ensemble des personnalités rencontrées au cours de sa vie. Elle force leurs traits et dédramatise ainsi à merveille l’histoire poignante qu’elle nous raconte.

La comédienne court, saute, danse, hurle et pleure dans un décor scénique épuré où, seule une chaise, marque la place de la psy, à laquelle Odette tente tout au long du spectacle, de livrer son vécu. A ces instants de thérapie se superposent les souvenirs de la jeune fille, dans lesquels elle livre son amour de la danse et rencontre de vieux amis. Elle nous parle, son corps nous parle et les mouvements semblent panser les plaies.

La réputation du spectacle n’est plus à faire puisque pour cette création, Andréa Bescond a reçu le Molière du meilleur seul(e) en scène et ainsi que le Prix Nouveau Talent Théâtre SACD, le Prix Jeune Talent de l’Académie Française et est lauréate de La Fondation Charles Olmont.

Côté théâtre, André Bescond et Eric Métayer ne s’arrêtent pas là et présentent cette année au OFF d’Avignon leur nouvelle production  ; «  Déglutis ça ira mieux  », qui promet elle aussi de traiter par le rire un sujet douloureux et tant mieux, on en veut encore  !

Festival OFF d’Avignon,  tous les jours à 20h45 jusq’au 28 juillet  – Durée : 1h40 – Théâtre du Chêne Noir – Tarifs : Abonné 15 € / Plein tarif 22 € 

1 commentaire
  1. Très belle performance ! Avec un jeu tout en nuance pour interpréter tous ces personnages…
    On est séduit par la poêle , la mise ne scène et l’actrice .
    Beau succès