« Le Daim » : entretien avec Quentin Dupieux et Jean Dujardin

Discussion décousue avec Quentin Dupieux et Jean Dujardin dans un bar, à l’occasion d’une avant-première du Daim, à Nantes.

Nous sommes une dizaine à nous impatienter lorsque deux vestes en daim sortent d’un fourgon noir. Elles entrent dans le bar et s’assoient, Quentin commande un Get 27 ; en opposition, Jean préfère une eau minérale, nous expliquant que la veille la soirée fut arrosée : « on revient de Belgique alors tu comprends…  ». Ce jeudi 6 juin, en milieu d’après-midi, nous retrouvons donc Jean Dujardin et Quentin Dupieux pour une interview fleuve.

Pour commencer, Quentin, comment t’es venue l’idée d’un film sur une veste tueuse ?

Quentin Dupieux : (Rires) Je suis désolé, on m’a posé cette question plusieurs fois et en réalité je ne sais toujours pas comment m’est venue cette idée. Par exemple, oublie ce film là et prends tout les autres, tu ne sais pas comment vient une idée. On ne sait jamais, quel que soit le domaine. Un jour, tu veux repeindre ta chambre en bleu mais tu ne sais pas pourquoi. Enfin, ce n’est pas aussi con que ça, mais presque.

Tu tiens le même discours que celui qui ouvre Rubber (2010)...

Q.D.  : Un peu oui, mais je ne veux pas avoir l’air d’être je-m’en-foutiste. Il y a quand même du travail sérieux, mais la pêche aux idées c’est difficile à expliquer. C’est l’instinct. Si ça se trouve je me goure à chaque fois. J’ai pleins d’idées et je ne prends que les mauvaises. On verra… on fera le tri plus tard. L’instinct  !

Comment qualifier ce film  ? Un film d’auteur  ? Un documentaire  ? Un O.V.N.I.  ?

Q.D.  : Non O.V.N.I. c’est fini, c’était il y a dix ans. C’est une comédie mélangée… enfin je ne sais pas, je ne veux pas dire hybride car c’est un vilain mot. Pour moi, c’est une vraie comédie qui mélange les genres. C’est aussi simple que ça. C’est un film de cinéma.

Du fait de ce mélange des genres, on ne sait jamais trop comment se positionner...

Q.D.  : On le voit dans les avant-premières, parfois ça éclate, le public rit fort d’un seul coup et c’est très étonnant.

Jean Dujardin  : Et c’est plutôt bon signe que la comédie ne soit pas balisée, qu’on ait des trucs un peu fous. On peut l’explorer. Effectivement, il y a ces comédies familiales, que je ne critique pas d’ailleurs, il les faut mais il n’y a pas que ça non plus. Certains réalisateurs cherchent d’autres choses et c’est rassurant que le public s’y intéresse. Dans Le Daim, chacun se marre où il veut. Par exemple, mon frère est effrayé par le film, il l’adore mais il en a peur, il se dit que ce mec c’est possiblement lui. Et d’autres se marrent parce qu’ils ont besoin de se libérer de ce truc là. Quand la femme se fait embrocher par ma hache les gens se marrent parce que c’est un fantasme qui se réalise (rires). Ça rentre bien net.

Q.D.  : C’est un perfect  ! Le public ne souffre pas devant la scène car il y a un truc qui donne envie. C’est un petit brin de violence pendant une seconde.

Jean, visiblement les comédies françaises familiales ne semblent pas t’intéresser. Mais est-ce en tant que spectateur ou acteur ?

J.D. : Elle ne m’ont jamais vraiment emballés d’une manière générale. En tant qu’acteur ce sont des rôles que je n’ai plus envie de jouer. Je l’ai fait dans 4 000 sketchs d’Un Gars et Une Fille, cette idée de la vie à deux, les cuisines, les salles de bain, les vacances… J’ai tout fait et je retrouvais ces situations là dans les comédies qu’on me proposait. Pour le cinéma, je n’avais pas envie de ça, ça m’embarque plus quand je fais OSS dans les années 1950 parce qu’il y a un costume, un univers. Je veux rentrer dans la photo, je veux pas raconter la vie que je suis en train de vivre. C’est pour ça que je fais parfois des personnages barrés ou déguisés. C’est pas que je fuis ma vie mais je ne veux pas recommencer ce que je fais chez moi.

C’est révélateur quand on voit tes derniers films, que ce soit I Feel Good, Le Daim, ou même J’Accuse qui vient de terminer son tournage, tu es toujours en costumes. Finalement, le film de Quentin Dupieux permet le retournement de situation, ton costume te manipule et non l’inverse...

J.D.  : Je l’ai toujours fait en fait, avec Brice j’étais déjà en costume. En revanche, je ne suis pas d’accord, pour moi il n’y pas de costume dans Le Daim, au contraire je suis totalement à poil. Le blouson est un prétexte pour se parler, finalement ce blouson c’est lui, c’est lui qui s’amuse avec, il tourne autour, il le regarde. Ce costume c’est une béquille, un appui pour jouer mais pas plus que ça. Je crois que ce qui m’intéressais, c’est le fait d’être dénudé. J’ai un vêtement, une tenue, pas de bagages, rien. Ce mec est dépouillé de tout, c’est vachement agréable d’être dépouillé de tout.

D’ailleurs il y a un coté simplicité, c’est un film sur la folie que vous déroulez sagement et qui redéfinit le psychopathe au cinéma. Jusqu’ici, la représentation de celui-ci était relativement théâtrale comme ce qu’a pu faire Jack Nicholson dans ses numéros de fous. Toi, Jean, tu fais le fou du quotidien, plus inquiétant. Vous avez fait tout les deux un travail sur la simplicité...

J.D.  : Je trouve que c’est beaucoup plus intéressant. Et puis surtout, c’est dans l’actualité. Ces gens qui, comme mon personnage de Georges, sont capables de franchir la ligne de crête, on peut les retrouver partout. Ce que fait Jack Nicholson, c’est fascinant car on voit qu’il est vraiment cintré donc c’est différent, je le mettrai encore dans une autre case. Moi je voulais traverser cette zone là, mais certainement pas la fabriquer. Quentin a installé tout un processus qui m’a permis de ne pas avoir grand-chose à faire. Je devais justement être très normal et faire des choses anormales car il avait décidé que je fasse ces choses là. Si en plus je devais paraphraser la folie, ce n’était pas possible.

As-tu pris ça comme un pari, d’être la tête d’affiche d’un film comme celui-ci  ?

J.D.  : J’appréhende toujours un rôle de la même façon. Il faut que j’ai l’envie pendant quatre, cinq, six semaines – selon les tournages – de vivre à un endroit où je pourrais avoir des sensations nouvelles, proposer autre chose et de le faire si possible avec quelqu’un qui a une vision, un univers. Là, évidement quand Quentin me parle de cette idée là je la trouve forcément très singulière et originale, elle m’intéresse immédiatement.

Avec quand même une partie de risque. On voit quelqu’un qui tombe amoureux de sa veste en daim, ce n’est pas forcement évident à jouer si  ?

J.D. : Je le dis souvent mais des trouilles j’en ai dans la vie, en revanche je n’en ai aucune dans ce métier. Soit, je suis très courageux soit, totalement inconscient. Quand j’accepte The Artist (2011), j’accepte l’idée d’être une star des années 20 pendant deux mois. Ça me plaît avant même d’imaginer un film, avant même d’imaginer le résultat. En fait, c’est un plaisir très égoïste, l’idée d’être immédiatement dans la photo, de rentrer dans le cadre et de me dire «  je serai Georges avec son blouson, je vais partir avec une voiture  »… Je me fais ma petite boutique interne, je me fais plaisir et parfois ce plaisir se voit, enfin j’espère.

« Il y a des choses qui ne m’intéresses pas dans le cinéma, par exemple, tout ce qui est en-dessous de la ceinture je trouve que c’est un mauvais sujet. On savait avec Jean que ce n’était pas notre zone, on s’arrête d’ailleurs bien avant. »

Quentin Dupieux

Sait-on si la frontière de la schizophrénie est franchie dans le film  ? On voit clairement Georges jouer du fait qu’il parle à son blouson. On peut imaginer qu’il finisse par y croire vraiment

J.D.  : Au début, il est déjà passé de l’autre coté. Quand il joue à faire parler son blouson avec sa caméra, c’est plus quelque chose d’enfantin. Ce mec se désociabilise en allant se réfugier dans un endroit paumé, vivre son rêve d’avoir un blouson, il peut le filmer parce qu’on lui a donné un caméscope… En fait, il est disponible pour sa vie. Ce qu’on n’arrive plus véritablement à faire, parce que la société, parce que la famille, parce qu’on t’impose un cadre. Lui, il est hors – cadre, donc il peut rester des heures à filmer un blouson et il peut le faire parler comme un gosse qui ferait jouer ses petits soldats. Moi je trouve que c’est agréable, c’est un gros fantasme l’idée de te dire «  tiens je vais me mettre dans un endroit pendant une semaine, un mois ou deux  » et vivre en régression totale, de manière animale. Je mange, je dors, je vais boire au ruisseau, je chasses les gens, les maisons…

Q.D.  : Mais on n’a jamais parlé de schizophrénie entre nous. Ça n’a jamais été un sujet mais on pourrait. Vous pouvez imaginer ce que vous voulez et c’est ça qui est bien.

Quentin quelle est ton affinité avec les vieux téléviseurs ? On en trouve dans toute ta filmographie.

Q.D  : Effectivement, il y en a quasiment un dans chaque film. Et puis, c’est beau. Après moi, je viens de ça. On dirait un peu vieux qui parle de son époque mais c’est vrai. En fait, je trouve qu’il y a plus d’émotions dans un tube cathodique ; là je suis vraiment comme un vieux con, pardon Pierre Tchernia…

J.D.  : C’est comme avec les bagnoles  ! Tu en as partout  !

Q.D.  : Oui voilà. Avec un écran plasma j’ai du mal à ressentir l’émotion.

Copyright atelier de production

Tu es chef-opérateur de tes films, ça change quoi dans ton rapport à l’équipe  ?

Q.D.  : Ça va plus vite  ! Si je suis chef-opérateur ce n’est pas pour dire aux gens que je suis chef-op. À l’origine je viens de la vidéo et quand j’étais gamin je filmais moi-même. Quand j’ai commencé à faire du cinéma on m’a dit qu’il y avait un monsieur dont c’était le métier qui le ferait à ma place. Je me suis laissé faire une fois mais au final, j’utilisais très peu la caméra, parce que sur le plateau il y avait trois heures d’installation pour la lumière et moi j’avais dix minutes pour travailler avec les comédiens. J’ai trouvé ça débile parce que filmer les comédiens c’est le plus important. Les éclairer pour avoir un beau reflet sur le mur en arrière-plan ça peut être bien, et c’est important sur certains films, mais moi j’étais frustré. C’est un tournage qui m’a ennuyé parce que j ai passé trop de temps a attendre. Donc maintenant je le fais moi-même, à l’instinct et ça va beaucoup plus vite. Aujourd’hui, le digital permet des temps d’installation très court donc je passe mes journée avec les comédiens sur le plateau. Un film comme Le Daim ou Au Poste, les comédiens passent la journée entière devant la caméra.

Depuis Réalité (2014), où le film était traversé par la musique de Philip Glass, tu ne composes plus pour tes films. Il y a-t-il une raison particulière  ?

Q.D.  : Oui, ma musique, qui est limitée, répétitive et très bête, polluait mes films. Après c’était bien de le faire. C’était super de plaquer ma musique sur quatre longs métrages. Mais pouvoir utiliser la musique de grands compositeurs, fait décoller mon film, d’un seul coup je peux véhiculer des émotions et des sensations que je ne peux pas procurer avec ma musique qui fait «  coin-coin  » et «  pouêt-pouêt  ». J’ai réalisé que ça suffisait, après rien ne m’empêche à l’avenir d’utiliser des portions de ma musique mais là je l’ai trop utilisé dans mes film et c’était bien que j’en sorte car ça les étouffait. Je le ressens vraiment très fort. Depuis Au Poste, je vois une vraie différence de réception, ça ne fait plus fuir les personnes âgées, ils sont plus ouvert grâce à la musique qui raconte autre chose que «  BOUM-BOUM-BOUM  » qui reste une émotion très limitée.

Finalement cumuler tes deux métiers, c’est trop clivant  ?

Q.D.  : Oui, puis je l’ai déjà fait. Il ne faut pas se répéter.

Tu parles de ta volonté de faire tout toi-même, si on en revient à Nonfilm (2001) où on ressent vraiment ta liberté totale, c’est un film quasi expérimental. Pourrais-tu refaire ça aujourd’hui ?

Q.D.  : Je fais la même chose là, avec Le Daim. Sauf qu’il y a un script, un scenario écrit. Mais j’ai la même sensation de liberté. Avec simplement le fait d’avoir un filet qui est le scénario. Nonfilm c’est sans filet, j’ai écris deux pages et j’ai fabriqué le scénario sur place, ce qui était complètement stupide mais c’était hyper intéressant de le faire. C’est comme si j’avais affronté le cauchemar du cinéaste qui déboule sur un tournage et qui ne sait pas quoi tourner. Je l’ai fait, ça m’a forcé à travailler mais en fait quand je fais Le Daim je suis dans la même sensation d’inventivité que Nonfilm. Je suis toujours dans cette phase de recherche où faire un plan est extraordinaire, je suis pas du tout blasé de mon métier et j’espère que ça se ressent.

Copyright atelier de production

Dans le film, Georges s’engouffre dans une spirale meurtrière, jusqu’où étiez vous prêt à aller visuellement  ?

Q.D.  : Il y a des choses qui ne m’intéressent pas dans le cinéma, par exemple tout ce qui est en dessous de la ceinture, je trouve que c’est un mauvais sujet. On savait avec Jean que ce n’était pas notre zone, on s’arrête d’ailleurs bien avant. Ma limite c’est le cul, les films qui se servent du cul pour faire un objet cinématographique ça ne m’intéresse pas. Utiliser ce truc d’intimité pour créer du choc ou une authenticité pour moi c’est bidon, je préfères créer quelque chose de l’ordre du cérébral plutôt que du choc basique. Mais certains réalisateurs s’en sortent très bien avec ça.

Tu t’es déjà déjà exprimé sur le fait que tu ne savais pas toujours finir tes films. Avais-tu déjà la fin du Daim en tête avant de commencer le tournage  ? On a le sentiment que cette fin est rapide et précipitée par rapport au reste du film qui est progressif.

Q.D.  : Ce n’est pas vrai, il m’est arrivé une fois de ne pas savoir comment finir un film. Cette fin précipitée était voulue, je ne voulais pas qu’il y ait de troisième acte. Je voulais que le film s’arrête à la fin du deuxième pour créer une sensation inintéressante, c’était là dès l’écriture.

« On voit un torrent sur le bord d’une route et je lui propose d’aller laper dedans. On l’a volé ce plan. Ça c’est super, cette une façon encore amateur de faire du cinéma, c’est vraiment créatif. »

Jean Dujardin

Georges a une part très enfantine, que l’on peut retrouver dans Le Retour du Héro, Brice de Nice ou même I Feel Good. Jean, qu’est-ce qui te plaît tant dans ces personnages  ?

J.D.  : Je ne sais pas du tout pourquoi. On va pas faire une psychanalyse mais peut-être parce que c’est un thème qui me touche, j’y vois de l’enfance et pourquoi pas la mienne. Je sais que j’ai été un peu isolé quand j’étais gosse. Ça me touche ces mecs dans la rue qu’on voit gueuler tout seul, ils sont désocialisés, ça réveille quelque chose en moi. J’injecte de l’enfance pour souvent pardonner, réparer mes personnages qui font des choses pas très charitables, qui sont cons, gênants. Si OSS n’a pas de l’enfance, ça peut être gênant. Quand on me demandais si un rôle comme OSS était dangereux, je répondais que non. Un mec qui s’amuse à faire caqueter les poules avec une lumière il a juste huit ans et demi, alors il peut tout dire parce que rien ne sera grave, c’est juste un enfant. Georges a de ça, quand il découvre son caméscope, il a une attitude de gosse. «  – T’es cinéaste  ? – Ouais, peut être ouais  » (réplique que lui lance Adèle Haenel dans le film). Ça le rend plus attachant et l’idée c’est quand même que le spectateur s’attache au personnage. Quand tu as la prétention d’être là pendant tout un film, il faut bien assurer.

Pouvez-vous nous raconter des anecdotes de tournage  ?

Q.D.  : Il y en a plein certainement… (il réfléchit)

J.D. : Moi je pense tout de suite à la météo (rires), ça n’a pas grand intérêt mais quand on avait une lumière un peu ouaté ça ressemblait au film, quand la neige arrivait c’était génial, quand il se mettait à pleuvoir c’était super. Tous les éléments participaient au film, la vallée d’Aspe on appelle ça le pot de chambre, c’est-à-dire que quand il flotte ou quand il souffle, c’est violent. Dans les Pyrénées, c’était assez désertique et plutôt jolie mais dès qu’il y avait trop de soleil c’était plus trop notre film. Moi je me souvient de ça, j’ai un gros souvenir des éléments.

Q.D.  : Parlons de l’anecdote du paysan avec le couteau (rires)

J.D.  : Oui, il y a un mec qui voulait tuer l’équipe (rires), un Georges quoi…

Q.D.  : Il ne savait pas qui on était et on a jamais su ce qu’il voulait.

À l’avenir, peut-on imaginer un retour du duo Dupieux et Dujardin  ? Un prochain film  ?

Q.D. : Oui, un petit rendez-vous tous les deux ans, c’est possible. Ce qui est sûr, c’est que maintenant que j’ai pratiqué l’animal, j’adorerai écrire avec lui en tête. De la même façon, que j’ai écris pour des gens avec qui j’avais déjà travaillé. Je pense que les collaborations peuvent évoluer, il y a un truc génial quand on ne se connait pas, c’est un climat intéressant deux artistes qui ne se connaissent pas et qui débutent un projet. Mais c’est aussi intéressant de se connaître et d’essayer de franchir une étape, d’apporter de nouvelles choses.

…Et un retour d’Éric Judor  ?

Q.D.  : Possiblement  !

Alors qu’en est-il de ton nouveau film  ?

Q.D.  : Mandibule, le producteur a lâché l’information alors que moi je voulais attendre le sortie de Le Daim. Mais bon c’est un film avec Grégoire Ludig, David Marsais et Adèle Exarchopoulos qui est donc Mandibule et puisque ça a été écrit je peux le dire, c’est l’histoire d’une mouche géante.

On vient d’évoquer Éric Judor, Jean tu n’avais pas pour projet de faire Zorro avec lui  ?

J.D.  : C’était il y a un moment. On avait fait Zorro dans sa série Platane et on s’était bien amusé. Je ne sais pas où ça en est, il y a eu plusieurs versions mais j’étais pas forcement satisfait du scénario. Je pense que lui non plus. Ça fait partie des trucs qu’on lance et qui tombent un peu dans l’oubli.

Q.D.  : Après qui a envie de voir Zorro en 2019  ? Levez la main…

Qu’est-ce que tu as envie de jouer et que l’on ne t’a pas encore proposé  ?

J.D.  : J’avais vraiment envie de travailler cette zone de la psychiatrie que je joue dans Le Daim. Pour le coup, avant d’avoir l’opportunité de retrouver un rôle comme ça ce n’est pas pour tout de suite. Sinon j’ai des envies très bêtes, très enfantines, j’ai envie de refaire du cheval, j’ai envie d’avoir une épée. Ça peut s’appeler Zorro ou ça peut s’appeler autrement, mais je veux croire à ce que je fais. Quand j’étais sur The Artist je m’y croyais vraiment, il y avait de la musique sur le plateau, on avait pas de prise de son, je croyais à tout ce que je faisais. J’étais totalement habité parce que je l’avais décidé ! Sinon c’est ennuyeux, un plateau de cinéma. Je laisse des places vide pour avoir des rencontres comme celle de Quentin.

Copyright atelier de production

Tu ne peux donc investir un rôle seulement lorsque tu l’auras décidé ? On imagine malgré tout que c’est plus facile de rentrer dans un rôle avec une ambiance de plateau comme celle pour The Artist

J.D.  : Pas forcement, Le Daim c’est un confort formidable. Il y a Quentin qui me laisse parfois au large donc j’ai de l’espace pour jouer. En même temps, on est tellement peu que les déplacements entre deux plateaux on part rouler en voiture et on en profite pour faire des plans intérieurs, on vois un torrent sur le bord d’une route et je lui propose d’aller laper dedans. On l’a volé ce plan. Ça c’est super, c’est une façon encore amateur de faire du cinéma, c’est vraiment créatif.

Avant de nous quitter, Jean Dujardin nous raconte avoir retrouvé la veste en daim, qu’il porte lors de l’interview, dans de vieux placards. Il a d’ailleurs acheté celle que porte Quentin Dupieux pour lui un faire cadeau.

Peut-être ne sont-ils pas totalement sortis indemnes de leur tournage Pyrénéen.

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