MUSIQUE

L’été avant l’heure avec Bleu Toucan à La Maroquinerie

© Guillaume Lacoste

De retour sur Paris après un Point Éphémère plein à craquer au mois d’octobre, nos deux oisillons rêveurs investissaient cette fois le quartier de Belleville, et plus précisément la scène intimiste de la Maroquinerie pour venir présenter leur nouveau single, Le vent se lève, à un public pour le moins désireux et très exalté. 

Il est 20h, les lumières s’éteignent, Thomas Emeriau alias Ramó – qui plus petit reprenait les mélodies de Jean-Michel Jarre sur son clavier d’enfant – première partie de la soirée, arrive sur scène devant son attirail de synthé et boites à rythme. Pas une voix transcendante voire même fragile, mais qui amène un certain charme et de la résonance aux beats proposés par le parisien qui, dans une transe presque communicative, mettra en chauffe un public un peu timide au début mais qui finira par lâcher prise sur le tard, fin prêt pour Bleu Toucan.

© Guillaume Lacoste

Manu et Léo ne font rien comme les autres, bien au contraire. Nos deux dictateurs du cool, flanqués de leur chemise aux gros imprimés, rappliquent sur scène à 21h pétantes. Les présentations attendront, le duo démarre en trombe avec 1 in 2 et Cuore Moi, deux nouvelles compositions toujours baignées de cette mystérieuse et suave production propre à Bleu Toucan. Entre les émulsions electro-pop et les nombreux gags de Manu, la Maroquinerie s’embrase petit à petit, avec un public en totale osmose, dont la chaleur corporelle téléportera la salle aux tropiques de Toucanopolis (destination imaginaire rêvée des deux toucans).

Quelques degrés, titres et litres de bière plus tard, Léo et Manu proposent un interlude aux accents Hanoï Café ; Hanoï Rieux (Shangai Tisane), lors duquel ils trinqueront avec leur fans, amusés par la situation. Le duo reprend avec un inédit En toute discrétion, puis enchaîne avec le doux et «  summer vibes  » Le vent se lève, single sorti le mois dernier. Les titres défilent – mine de rien ils en ont quelques-uns pour des gars qui sortent un titre par an – toujours avec un soupçon d’improvisation par moments, et d’instinct sur d’autres. Au bout de 45 minutes de show, Manu et Léo quittent la scène sous les impros de leurs acolytes de scène, Simon Bismuth (batterie) et Frédéric Darroux (basse). Fini  ? Que nenni… les deux compères reviennent sur scène en peignoir, épongeant coup sur coup BananeGarden (prochain single à venir), leur tube Hanoï Café, pour finir sur un de leurs premiers titres, Coco.

© Guillaume Lacoste

Si on est d’abord surpris d’assister à un concert qui démarre à l’heure (ce qui est assez rare il faut le dire), on l’est davantage sur la performance du duo qui, avec peu de titres au compteur, présente un set d’une heure et demi aussi inspiré et inspirant qu’électrique, devant un public à l’image du duo, dévoué et en totale osmose avec l’instant.

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