Doris Day, une page se tourne

© Leo Fuchs, 1978

Doris Day, l’actrice et chanteuse des années 50-60 vient de mourir à l’âge de 97 ans. Vedette de toute une génération et blondinette inoubliable, Doris Day était bien plus qu’une simple actrice de screwball comedy. Retour sur la carrière de cette actrice, chanteuse et activiste.

Simplement par son look virginal et par le choix de ses rôles au cinéma, Doris Day devient très vite un sex-symbol américain, pourtant bien loin des bimbos de l’époque. L’actrice le dira elle-même : « Les hommes veulent me mettre dans leur lit mais en m’épousant d’abord. » C’est donc exactement ce genre de femmes là qu’elle incarne. Dans ses premiers films, à la fin des années 40, elle joue généralement dans des comédies musicales car sa voix est aussi reconnaissable que son look.

L’un de ses rôles les plus connus : Confidences sur l’oreiller.

De la comédie au drame

Plus tard, elle se démarque dans les screwball-comedies. Les cinéphiles se rappellent de son duo mythique avec Rock Hudson dans trois films : Confidences sur l’oreiller en 1959, Ne m’envoyez pas de fleurs en 1961 et Un pyjama pour deux en 1964. Femme d’affaire énergique, mère dévouée, bonne épouse… Les mœurs de ces années-là en font la femme modèle. Bien souvent, ses rencontrent masculines essaient de se jouer d’elle avant de s’en mordre les doigts car elle est en réalité bien plus maligne et forte qu’elle en a l’air. Clark Gable, David Niven, Cary Grant, elle a les plus grands acteurs de l’époque en rôle titre à ses côtés et les rend plus doux et vulnérables.

Étrangement, le grand public se rappelle surtout de Doris Day pour un rôle beaucoup plus sombre. En 1956, Alfred Hitchcock fait d’elle sa nouvelle muse aux côtés de James Stewart dans L’Homme qui en savait trop. Elle joue une mère dévastée par l’enlèvement de son petit garçon et prête à tout pour le retrouver. C’est d’ailleurs dans ce long-métrage qu’elle interprète la chanson qui lui vaudra un tube planétaire : Que Sera, Sera.

Hitchcock lui offre une chanson au succès planétaire.

Des millions de disques vendus

C’est à un très jeune âge que Doris Day se découvre une passion pour la musique. Elle se met à écouter les mêmes chansons en boucle pour avoir une parfaite maîtrise de sa voix. Elle le dira de nombreuses fois, son idole n’est autre que Ella Fitzgerald. Au début des années 40, elle part en tournée avec le groupe « Les Brown ». Elle considère ses années sur les routes comme les plus belles de sa vie. Mais cela ne dure pas et la jeune femme pose alors ses valises du côté d’Hollywood.

Doris Day reprend Dream a little dream de son idole.

Bien avant de devenir la girl next door, elle incarne de nombreux rôles dans des comédies musicales. Son premier film, en 1948, Romance à Rio, sera un grand succès, rapidement suivi par La Blonde du Far-West, plus connu sous le nom de Calamity Jane en 1953. En parallèle de sa carrière d’actrice, Doris Day a réalisé des dizaines d’albums avec nombres de ses singles enregistrés dans les tops mondiaux : A guy is a guy, Sentimental Journey… Sa voix est d’autant plus connu qu’elle chante très souvent les chansons de génériques d’ouverture de ses films. C’est le cas notamment de Pillowtalk ou Move Over, Darling.

Doris Day incarne Calamity Jane au cinéma en 1953.

Le grand amour de sa vie : les animaux

A la fin des années soixante, son mari et manager, Martin Melcher décède en lui laissant une surprise : il lui a signé un contrat pour que Doris day ait sa propre série télé. The Doris Day Show est lancé en 1968. L’actrice y incarne une jeune veuve et maman de deux enfants qui doit survivre dans une société changeante. Exactement comme dans la vraie vie. L’actrice vieillissante sent qu’elle, et le type de rôle qu’elle incarne, n’ont plus leur place à Hollywood. Elle refuse le rôle de titre de Mrs Robinson, dans Le Lauréat,de Mike Nichols en 1967, car elle le juge trop vulgaire.

A l’arrêt de sa série en 1973, Doris Day prend sa retraite pour se consacrer à sa fondation pour la défense des animaux. Chats, chiens, chevaux… L’actrice les sauvent et les installent tout d’abord dans sa propriété avant de fonder sa propre fondation. Encore aujourd’hui, elle s’occupe de secourir, de donner des soins et de trouver une nouvelle maison à des animaux abandonnés ou qui subissent de mauvais traitements. Reconnu dans tous les Etats-Unis, la fondation est l’une des « plus belles œuvres de sa vie. ».

En 1984, le groupe WHAM lui avait déjà rendu hommage en la décrivant comme un rayon de soleil. Et effectivement aujourd’hui, le ciel brille un peu moins à cause du décès de cette étoile.

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