CINÉMAFestival de Cannes

CANNES 2019 – « Vivarium », l’histoire sans fond

© The Jokers Films

SEMAINE DE LA CRITIQUE – Après Without Name en 2016, Lorcan Finnegan, réalisateur irlandais, revient avec un deuxième long-métrage, Vivarium, film de science-fiction horrifique qui nous a laissé de glace.

A la recherche de leur première maison, un jeune couple, incarné par Imogen Poots et Jesse Eisenberg, effectue la visite d’une maison dans un lotissement fraîchement construit en compagnie d’un agent immobilier au comportement plus qu’étrange. Sourire crispé, obséquiosité inquiétante et absence de toute chaleur humaine sont les éléments qui caractérisent Martin, l’aimable agent immobilier incarné par Eanna Hardwicke. Arrivés dans la maison standardisée et sans âme, Martin s’évapore soudainement, laissant le jeune couple dans le quartier inanimé qu’ils ne parviennent plus à quitter. Enfermés, les deux jeunes amants se voient forcés à éduquer un enfant déposé devant leur maison si ils souhaitent un jour pouvoir rentrer chez eux. Un mutant ressemblant étrangement à l’agent immobilier qui les a entrainé dans cette prison à ciel ouvert. Le couple est entraîné dans un quotidien rythmé par cet enfant-robot qui tente de trouver un semblant d’humanité, en les imitant dans tous leurs faits et gestes. La folie gagne doucement le couple, et alors que Jesse Eisenberg creuse sans trêve le sol en pâte à modeler du jardin pour trouver une sortie, Imogen Poots tente en vain de percer à jour le jeune garçon pour trouver des réponses.

Qu’est-ce qu’a voulu nous dire Lorcan Finnegan avec ce film ? Surement rien. Vivarium commence pourtant bien. Le plan d’ouverture nous montre des oisillons éjectés du nid par leur mère devant lesquels se déroule le générique. L’entretien éclair avec Martin et l’arrivée dans le quartier verdâtre, qui semble être fait de papier mâché, nous fait entrer efficacement dans l’univers du film. Le potentiel comique qui aurait pu être jouissif s’éteint rapidement pour faire place à l’angoisse. Mais rien ne justifie ce kidnapping atypique dont la critique de l’American way of life blanc n’est pas une justification suffisante. La boucle est bouclée, les mères sont faîtes pour éduquer leur progéniture et mourir. L’instinct maternelle est présenté comme une faiblesse trop humaine, et pour survivre il leur aurait suffit de tuer l’enfant dans l’oeuf et de suivre l’exemple de la nature. Promesse déçue donc pour Vivarium, qui nous aura laissé aussi froid que la banlieue qu’il présente.

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