CANNES 2019 – « The Dead Don’t Die », mortel ennui

SELECTION OFFICIELLE – COMPETITION – Présenté en ouverture du 72e Festival de Cannes, et sorti en salles en France ce mercredi. The Dead Don’t Die déçoit, malgré un casting monumental.

Un « casting à réveiller les morts » ne suffit pas à animer le spectateur pris en otage dans un pot-pourri démagogique et ennuyeux. Bienvenu, dans la petite ville américaine de Centerville, perturbée par un changement climatique anormal où le jour et la nuit ne sont plus en accord, où les animaux se comportent étrangement. Les policiers Cliff Robertson (Bill Murray), Ronald Peterson (Adam Driver) et Mindy Morrison (Chloé Sévigny) vont devoir affronter les célèbres zombies, morts-vivants, ces créatures de l’au-delà symbole branché du cinéma de genre. Dans cette petite bourgade, ils croisent alors une Tilda Swinton croque-mort spécialiste des arts martiaux, un Steve Buscemi fermier redneck, un Caleb Landry Jones geek invétéré, un Tom Waits clochard céleste, un Iggy Pop zombéifié et une Selena Gomez hipster de la grande ville en vadrouille.

Jim Jarmusch échoue littéralement dans le zombie-movie apocalyptique et parodique. Sur l’air de la BO éponyme du film The Dead Don’t Die, composé par un certain Sturgill Simpson, une chanson que tout les personnages connaissent, puisque “C’est la BO du film” nous déclare Adam Driver, nous rappelant qu’il est un acteur dans un film de Jarmusch. Cette citation filée tout au long du film est mixée avec un comique de répétition pesant, une salade composée d’auto-références et d’hommage à la pop culture (David Lynch, Star Wars, Psychose, Romero, Carpenter…).

Le ton du film pourrait nous faire penser à du Bertrand Blier ou même du Quentin Dupieux pourtant ici, le réalisateur de Down by law s’enlise dans cette comédie, où le rire est rare et se manifeste uniquement par la qualité de ses acteurs. La satire absurde de l’Amérique de Trump, les climato-sceptiques, le capitalisme, la gentrification, tant de thèmes abordés transformé en accumulation de messages grossiers, au cas où le spectateur n’aurait pas compris l’ambiguïté du scénario. Des intentions donc certes louables pour l’émergence d’un film de divertissement raté et moraliste, où Jim Jarmusch nous fait la leçon pendant près de deux heures, à nous, pauvres vivants zombéifiés par la société.

Diane Lestage

J'entretiens une relation de polygamie culturelle avec le cinéma, le théâtre et la littérature classique.

1 commentaire
  1. Bonsoir,
    je viens de voir ce film et je pense qu’il doit déplaire à tous ceux et celles qui se reconnaissent dans la dernière description des zombies faite par Tom waits
    Bien cordialement