SOCIÉTÉ

Bloquer pour se faire entendre : l’activisme vegan fait du bruit aux Pays-Bas

120 activistes vegans, majoritairement issus du mouvement Anonymous for the Voiceless, ont occupé un élevage toute la journée de lundi. Certains d’entre eux sont toujours en garde à vue.

Près de Tilbourg aux Pays-Bas, ce sont pas moins de 200 activistes qui se sont donnés rendez-vous pour une action appelée “Meat the victims”. Le principe de ces actions bien connues du milieu est d’occuper un élevage déterminé jusqu’à ce que la police cède et laisse entrer la presse nationale afin qu’elle puisse venir filmer les conditions d’élevage dénoncées par les forças.

Après un weekend pacifique et légal passé sur la place de Dam Square, les activistes d’Anonymous for the Voiceless ont porté leur militantisme un cran (illégal cette fois-ci) plus loin. Une partie d’entre eux s’est infiltrée à l’intérieur d’un élevage de porcs perdu au milieu de la campagne hollandaise. Sur place, des conditions d’élevage déplorables ont été découvertes : des porcs entassés dans des boxes faisant à peine leur taille, des porcelets séparés de leur mère par des grillages, des bêtes malades et infectées… Le constat est alarmant.

Épaulés moralement par 80 membres de leur groupe à l’extérieur du hangar, les forcenés ont été enfermés à l’intérieur du lieu qu’ils bloquent. La police a en effet décidé de boucler toutes les issues, de fermer les portes et de barrer tout accès aux médias qui souhaitaient couvrir l’événement.

Ce n’est qu’aux alentours de 23h que les portes ont enfin été ouvertes et que la police a laissé sortir le groupe du hangar. Après un contrôle d’identité massif, les activistes ont pu être relâchés dans la nature. C’était sans compter sur l’impossibilité de réutiliser leurs véhicules, détruits et retournés par des fermiers en colère venus protester contre leur action plus tôt dans la journée.

À quoi servent ces actions sauvages ? Deux réponses peuvent être apportées à cette question. D’une part, les militants veulent rencontrer la raison pour laquelle ils marchent dans la rue et élèvent la voix chaque jour. D’autre part, il s’agit de dénoncer les pratiques jugées hypocrites de l’industrie. Il y a en effet, selon eux, une tendance des éleveurs à clamer que leurs bêtes sont élevées dans de bonnes conditions, alors que la réalité est toute autre.

À l’image des vidéos chocs diffusées par les groupes tels que L214, Sea Sheperds, Animal Rights ou 269 Life France, le but est de filmer la réalité obscure dont nous n’avons pas forcément conscience lorsque nous achetons nos pièces de viande dans le commerce. Pour éveiller les consciences, les activistes montrent au grand jour d’où provient la chaire animale et dans quelles conditions (parfois terribles) elle a été produite.

© Keonigiri

Auteur·rice

Directrice de la communication, tout droit venue de Belgique pour vous servir. Passionnée de lecture, d'écriture, de photographie et de musique classique.

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