Une nuit à Lyon dans les bras de Vendredi Sur Mer

Samedi soir, la sirène des eaux pop-romantiques Vendredi Sur Mer est passée par Lyon pour présenter son album Premiers Emois. Une soirée rose et bleu sur les toits du Sucre où l’artiste a fait chavirer les coeurs et les corps.

Agglutiné.es dans l’interminable file d’attente du club Le Sucre, on s’étonne de voir autant de monde, tous venu.es admirer la jeune suisse Charline Mignot aka Vendredi Sur Mer. La dernière fois qu’on l’avait entraperçu c’était en 2018, sur la scène du Printemps de Bourges où elle défendait timidement son premier EP Marées basses devant une foule qui ne la connaissait pas encore. On a le temps de discuter, de tout, de rien, de nos expectations de ce soir. On se dit que c’est quand même une prouesse de faire jouer une artiste qui sort un tube intitulé Chewing-Gum dans un lieu nommé Le Sucre. Puis, c’est vrai, Vendredi Sur Mer, c’est comme un bonbon, ça colle à la peau, ça colle au coeur mais surtout ça se croque à pleine bouche, c’est doux mais ça peut parfois casser les dents. Trêve de friandises, on découvre la première partie : le québécois Les Louanges fait ses preuves et livre une prestation éclair haut perchée quelque part entre le jazz et la chill-wave. Lumières noires, flash bleus, Vendredi sur Mer peut alors commencer.

Romance d’un soir

“Prépare toi à vivre l’amour, en une fraction de seconde”, dans les enceintes, la voix de Vendredi Sur Mer retentit et nous invite d’emblée à plonger dans ses Premiers Emois, un voyage accéléré auquel on a hâte de goûter. C’est une créature bleue argentée qui s’offre à la foule sur Lune à l’autre, ombres saturées, coeurs qui fondent, les dés sont lancés. Dans le journal intime grand ouvert de la jeune femme, on croise des filles désirs qui font pleurer les garçons et des Histoires sans fin à l’eau de rose, dans le conte romantique de Vendredi sur Mer, on dit Je t’aime trop tôt et tant pis si ça fait mal.

Vagues à larmes

Blottie dans son coquillage, niché au fond de la scène, Charline se console en chantant, elle nous conte ses amours, ses déboires “Chaque jour, je traîne un peu plus mon chagrin” (Mon chagrin), ses complaintes lancinantes (Laisse -moi), les mélodies larmoyantes (Larmes à gauche). Ce soir, à Lyon, c’est une artiste sensible et émue qui se dévoile sans pudeur à son public, et qui fera même briller quelques larmes suite à un souvenir lointain mais intact “ J’ai écris ma toute première chanson à Lyon, […] j’étais en terrasse à Hôtel de Ville avec mon amie Helena, qui est d’ailleurs dans la salle ce soir.” Sous une pluie de fleurs jetées sur la scène par l’amie en question , Vendredi sur Mer se met à nue devant une foule conquise.

Corps (é)mouvants

Au concert de Vendredi Sur Mer, comme en amour, on ne fait pas que pleurer, on désire et on danse langoureusement. Accompagnée depuis le début par ses deux danseurs fétiches, le show prend vie et se reflète dans les corps, la chanteuse n’hésite pas à prendre part aux chorégraphies qui se présentent comme un théâtre d’émotions et de mouvements expressifs. Une complicité évidente qui s’accentue au fil du spectacle.

“Les lumières dansaient, elles éclairaient ses yeux, c’était les reflets d’une femme à la peau bleue”, impossible de passer à côté du tube indigo qui a fait jaillir le succès de la jeune artiste. Car Vendredi Sur Mer, ce n’est pas que du spleen et de la nostalgie rose, c’est aussi du désir et de la sensualité à revendre. La température augmente d’un cran en deuxième partie de concert. Fini les chagrins, place à l’amour des corps, la foule ondule et se prélasse sur L’amour avec toi , Encore et sur l’incontournable Femme à la peau bleue. Le show se clôt sur Ecoute Chérie chanté en coeur par la foule qui avait sûrement perfectionné sa chorégraphie pour l’occasion.

On ressort du concert le coeur guimauve et les yeux fleurs bleus, nous sommes Samedi, pas de large à l’horizon mais pourtant il n’y a que Vendredi Sur Mer qui flotte dans l’air.


Vendredi sur Mer en concert :

  • Le 19 avril à l’EMB Sannois
  • Le 27 avril aux Nuits Botaniques
  • Le 29 juin à Clermont Ferrand
  • Le 10 juillet aux Days Off (Paris)
  • Le 11 juillet aux Francofolies de la Rochelle
  • Le 14 juillet à Dour
  • Le 20 juillet à Carhaix (Vieilles Charrues)
  • Le 3 octobre à Rennes
  • Le 16 octobre à Strasbourg
  • Le 30 novembre à Paris (Olympia)

Pauline Pitrou

Lyon / Paris

Fervente prêtresse de la pop française et de tout ce qui s'écoute avec le coeur.

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