Rembobinons – Manu le Malin, du donjon à la Rave pour le Climat

Chaque mois, Maze rembobine ses cassettes et vous dévoile de nouveaux horizons sonores. Ce mois-ci, retour sur l’engagement d’une grande figure de la musique techno et de l’underground : Manu Le Malin, aka The Driver.

Sentez vous les vibrations  ? Ce flot de personnes regroupées pour une seule et même cause  ? Les sourires sur les visages en cette période de tensions, de remises en question  ?

Le 16 mars dernier a eu lieu la Rave 4 climate (ou Rave pour le climat) à Paris, événement qui a réunis des acteurs de la scène électronique et des milliers de gens autour d’une cause qui nous concerne tous : les changements climatiques et l’écologie.

Manu le Malin, artiste complet et connu de tous les fans de musique underground, était sur le char. Revenons sur la carrière d’un artiste qui a toujours su se réinventer et qui, aujourd’hui encore, réussi à rassembler les foules autour de causes engagées par le biais d’une seule passion : la musique.

Les débuts de l’enfant terrible du hardcore

Un soir d’avril 1992, Manu le Malin découvre ce qui deviendra son échappatoire, en plus d’être un déclic : les rave party. A l’âge de 10 ans, déconnecté de sa famille et de l’école, il se met à écouter des sons durs, sombres, violents, qui caractériseront plus tard sa musique et ses sets. Ces soirées seront pour lui des lieux de communions entre des gens incompris autour d’un nouveau mouvement, le plus important n’étant alors pas la musique mais le fait de se regrouper et de partager ces moments.

Suite à cette découverte, il commence à mixer et la hardcore s’impose à lui lorsqu’il arrive dans le milieu gabber, mouvement à la danse et aux codes vestimentaires bien définis. Il voit son nom inscrit sur un flyer pour la première fois quelques mois plus tard, en novembre 1992, et débute la carrière de celui qu’on connaît maintenant sous le nom de Manu le Malin.

L’œuvre d’une vie

Le Dj aux multiples facettes a de nombreux projets à son actif, entre musique électronique, groupe de rock, retrait de la scène française et closing de l’Astropolis. Le documentaire Sous le donjon de Manu Le Malin de Sourdoreille production, dont Mario Roulin est le réalisateur, relate tout les passages de sa vie qui l’on forgé et amené au sommet.

Le Dj a toujours eu une affection particulière pour la Bretagne qui accueille le festival Astropolis depuis plus de 20 ans et prend place chaque année au château de Keriolet, à Concarneau. Ses créateurs ont toujours mis en avant la musique sombre de Manu le Malin depuis ses débuts jusqu’à ses projets plus techno sous le pseudo The Driver. Il est également le parrain du festival.

Sa rencontre avec Torgull est un marqueur dans son parcours car il deviendra son partenaire et son ami. Ils ont tout les deux participé à la création d’un mix pour l’opéra de Montpellier, ce qui fût la rencontre de deux mondes, et une expérience magnifique selon lui.

Par la suite, le label [Bloc 46] voit le jour et, dans la lignée, le groupe Palindrome, qui sera l’occasion pour Manu Le Malin de s’éclipser de la scène électronique en devenant le chanteur du groupe. Il enchaîne les concerts après la conception de ce premier album qui sera aussi le dernier.

C’est après cette aventure qu’il se referme sur lui même, dans la solitude, après avoir perdu ses amis, sa femme et surtout ses fans, ces derniers ne se retrouvant plus dans sa musique. La quarantaine approchant, il s’isole et tombe dans le jeu. Laurent Garnier le qualifie alors de «  diamant brut qui s’est fait écorcher car il a tout fait avec sincérité  ».

Il signe son retour sous le pseudo The Driver qui lui permet de se diversifier de la hardcore et de s’aventurer plus vers une techno toujours aussi dark et représentative de son parcours, bien que moins rapide en bpm. Ce nouveau tournant et sa collaboration avec Electric Rescue lui permettent de se faire redécouvrir dans toute la diversité qu’il est capable d’apporter à la scène électronique française. Il déclarera : «  J’suis reparti pour 20 piges là c’est clair  », démontrant ainsi cette passion qu’il n’a jamais perdu de vue.

Danser pour le changement

Lors de ses mix en rave dans les années 90, Manu le Malin s’engage contre la répression policière qui a toujours lié musiques électroniques et drogues avec une circulaire qui entraîne une déferlante de fermeture et de répression dans ces soirées.

Aujourd’hui Manu le Malin, comme de nombreux artistes, s’engage en faveur de causes qui nous touchent tous. La Rave 4 Climate du 16 mars en est une belle preuve. Cet événement a réuni de nombreux artistes de la scène électronique internationale (notamment Laurent Garnier) sur un char, au centre d’une masse de parisiens prêts à danser pour réveiller un gouvernement qui n’a pas l’air de faire bouger les choses en faveur d’une société plus respectueuse de l’environnement.

Vidéo et post de promotion pour la Rave 4 Climate

Cet engagement montre l’urgence de la situation à laquelle nous faisons tous face en cette période de changements climatiques important. Une nouvelle facette de cet artiste qui a toujours su mettre tout son cœur à l’ouvrage et nous inspire dans cette lutte qui nous place au centre des préoccupations actuelles, sur un air de techno toujours aussi fédérateur.

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