Plongée dans l’univers Électro à la Philharmonie de Paris

Jusqu’au 11 août à la Philharmonie de Paris, l’exposition Electro, De Kraftwerk à Daft Punk propose une plongée dans l’univers de la musique électronique à travers son histoire, ses objets, ses artistes et ses esthétiques sonores et visuelles.

« Buy it, use it, break it, fix it, trash it, change it, mail it, upgrade it… ». Avant même de pénétrer dans l’espace d’exposition, la petite voix du robot de Daft Punk résonne déjà dans le hall de la Philharmonie de Paris. Petit point matériel à l’entrée : chacun se pare d’un casque pour pouvoir se brancher aux installations sonore de l’exposition.

L’événement Électro, De Kraftwerk à Daft Punk revient sur plus d’un siècle de bidouillage d’objets, de création de bruits en tout genre, d’une esthétique qui sort des sentiers battus dès les années 80 pour devenir un mouvement mondial de contestation et d’expression de la vie, fédéré autour de la musique électronique.

Musique et machines

On découvre l’exposition comme on entre dans le temple de l’électro. La musique est omniprésente, l’éclairage est sombre et nos sens sont stimulés de toutes parts.

Seuls quelques spots de lumière et des néons de couleurs nous éclairent. Poursuivis par la petite voix de Technologic mais aussi bercés par une playlist réalisée par Laurent Garnier, on découvre d’abord les pionniers, « femmes et hommes machines » qui ont œuvré à déconstruire les acquis musicaux du XXe siècle et créer un nouveau genre à partir de bricolage, d’expérimentations et d’instruments inventés dès 1901.

Une reconstitution du studio de Jean-Michel Jarre – Crédit : Marie Crabié

Aujourd’hui compilées dans des machines, ces fonctions de découpage et de collage de sons constituent le cœur de métier du DJ. Un travail que l’on peut visualiser grâce à la reconstitution du studio du célèbre Jean-Michel Jarre qui, pour l’occasion, a posé tous ses synthétiseurs dans un gros box en verre.

Mais l’événement n’invite pas seulement à admirer la musique mais plutôt à la créer, la matérialiser, la vivre. À l’image d’une installation interactive et didactique positionnée un peu plus loin dans le parcours de l’exposition, qui permet aux visiteurs de mettre en action une dizaine d’instruments sous leurs yeux grâce un petit clavier connecté.

Esthétique et codes

Au-delà de l’aspect technique de l’électro, c’est toute une esthétique que l’exposition présente. De nombreuses photos, créations visuelles numériques, vidéos et projets montrent les codes de ce genre musical et ses imaginaires qui évoluent dans le temps.

Un imaginaire qui s’incarne à travers l’oeuvre de Kraftwerk synthétisée par Ralf Hütter en 2017 avec le concept The Catalogue 12345678. Le projet est présenté en 3D invitant ainsi le visiteur à se plonger dans leur univers qui mêle son, image, film et poésie technologique.

Jacob Khrist, La DJ et musicienne Ellen Allien, Festival N.A.M.E., Roubaix, 2017 – Crédit : La Philharmonie de Paris via DP

Dans une scénographie sombre et labyrinthique, on s’imprègne de la culture électro, vécue comme un art total où la réalisation visuelle rejoint la création sonore pour une expérience enivrante. Au delà des machines et de la musique, l’événement entraîne le visiteur à la rencontre de la communauté humaine qui fait vivre la musique électronique, à travers de nombreuses photos et vidéos où les protagonistes s’abandonnent à ses rythmes enlevés et entêtants.

L’exposition Électro raconte un univers de la nuit, de la fête et de ses jeunes en quête de liberté qui refusent toute catégorisation, sociale, politique ou sexuelle. On en ressort avec les sens un peu chamboulés par tant de sollicitations visuelles et sonores, mais avec une idée globale de ce qu’est la musique électronique, un art trandisciplinaire qui raconte la société et incite à rêver.

Électro De Kraftwerk à Daft Punk, jusqu’au 11 août 2019 à la Philharmonie de Paris, 221 avenue Jean Jaurès, Paris 19ème. Tarif: 0-11€.

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