« La solitude des grandes personnes » – Un pastiche du Petit Prince

La solitude des grandes personnes d’Aurélien Gougaud est un livre nous emmenant dans les aventures d’un enfant. Par son regard juvénile, le narrateur nous fait redécouvrir la ville et les hommes sous un autre visage.

Le narrateur est un enfant solitaire. Dans les débuts du livre, l’enfant a l’habitude d’aller à la bibliothèque durant la journée pendant que sa mère travaille. Il découvre précocement la lecture. Il lit des classiques littéraires et nous fait voyager au gré de ses lectures. La solitude des grandes personnes est avant tout un périple littéraire. On y rencontre alors la bibliothèque personnelle de l’auteur qui a pu l’inspirer dans son écriture. L’enfant évoque alors à Sherlock Holmes, Jules Verne ou les romans de Marguerite Duras et ces lectures se reflètent dans l’écriture et la narration de l’auteur. 

Le périple d’un enfant insouciant 

Pour combler sa solitude, il se lie d’amitié avec un chat, nommé Jupiter, avec lequel il joue à la bibliothèque. Après avoir parcouru le rayon « littérature d’évasion », l’enfant apprend que les Egyptiens vénéraient les chats sous l’Antiquité. Il décide d’entreprendre un voyage pour amener le chat de la bibliothèque en Égypte. C’est alors que nous suivons les aventures d’un enfant fuguant son foyer maternel pour aller au pays des félins. Or, avec son jeune âge et ses maigres économies, son voyage se limite à des épisodes au sein de sa ville où il rencontre plusieurs personnes rencontrant une même caractéristique : la solitude. Ces aventures présentent une narration sans éclats puisque le lecteur ne peut que connaître l’issue de ce court voyage. 

L’enchantement du monde par un enfant 

Le regard juvénile du narrateur nous plonge dans des réflexions sur l’âge avec insouciance et nous permet d’avoir du recul sur les préoccupations du quotidien, voire sur des préoccupations plus profondes. L’auteur écrit alors : « Je crois qu’avoir des enfants, c’est d’abord une manière de rendre son vieillissement plus acceptable. Rien de plus effrayant que la fuite des années, que la flétrissure des corps, que l’acceptation de la mort comme unique échéance. Donc à la place, on crée un mini-soi pour le regarder vivre tant que c’est encore beau. Tant que l’on grandit, et non que l’on vieillit ».  Ces réflexions par les yeux d’un enfant nous permettent ainsi d’avoir du recul comme l’écrivain semble avoir du recul sur la société par le biais de sa création littéraire comme l’aurait souhaité Stendhal. Il nous montre alors le reflet de notre quotidien qui peut paraître fantasque. 

Malheureusement, nous pouvons regretter cette multitude de discours au sein du même ouvrage. Le narrateur peut parler avec une voix d’enfant comme il peut parler avec des éléments de langage bien trop riches pour un une personne d’un jeune âge, d’autant plus qu’il évoque parfois des préférences littéraires qui ne semblent pas refléter l’image d’un enfant. Il affiche alors des préférences littéraires qui ne peut coïncider avec la réalité. Il dit notamment préférer la Bibleà Alice au pays des merveilles. Ces éléments rendent alors la lecture sceptique et empêche alors le lecteur de se mettre dans la peau de cet enfant prodige. 

A défaut d’avoir le talent de Saint-Exupéry, l’auteur de La solitude des grandes personnesn’a réalisé qu’un pastiche surfait avec une narration quoique légère et insipide, sous-estimant alors sa valeur littéraire. 


La solitude des grandes personnes d’Aurélien Gougaud, aux éditions Albin Michel, 14€. 

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