Le fléau de la pollution plastique

Mardi 19 mars, une baleine a été retrouvée morte au large des Philippines avec pas moins de quarante kilos de plastique dans le ventre. Une nouvelle image alarmante quant à la pollution plastique, plus particulièrement, des océans. Les experts prévoient qu’en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans la mer.

Le plastique est un problème écologique de taille tant par sa production que son recyclage. Dans tous ces aspects, cette matière paraît désastreuse pour l’environnement et notre santé, et pourtant le plastique est omniprésent dans notre société de consommation. Il emballe toutes sortes d’aliments, de technologies. On le retrouve aussi dans nos vêtements. Il est souvent difficile de s’en rendre compte tant notre société est habituée à son usage constant.

Plastique partout, justice nulle part

S’il est compliqué de remettre en question nos habitudes de consommation, WWF publiait le 5 mars un nouveau rapport « Pollution plastique : à qui la faute ? » pour alerter à la fois les gouvernements, les industries et entreprises et les individus. Un tiers des déchets plastiques, soit 100 millions de tonnes, entrent dans la nature et polluent les terres, les rivières et les océans chaque année indique l’ONG. Un chiffre révélateur des problèmes que posent le plastique et d’une situation qui peut rapidement devenir hors de contrôle. Comme de nombreux problèmes environnementaux, la pollution plastique n’est pas mieux gérée en France qu’ailleurs avec en 2018 seulement 20% du plastique recyclé.

Les impacts du plastique sur notre environnement

Les impacts environnementaux sont les plus évidents et équivoques notamment à l’aide d’images chocs comme celles du « continent de plastique », un zone de l’océan Pacifique entre Hawaï et la Californie où s’accumulent des kilomètres carrés de déchets plastiques. Pour l’habitat maritime, le plastique provoque des enchevêtrements, soit des poissons pris dans divers déchets plastiques qui finissent par en mourir, l’ingestion du plastique par les espèces maritimes et aussi de nombreux dommages à l’habitat marin.

Les impacts sociaux sont également importants, le principal étant la gestion non-réglementée des déchets plastiques. Ensuite, l’humain lui aussi ingère du plastique, plus précisément des micro-plastiques qui fragilisent son organisme. Les sols et les eaux sont contaminés par le plastique qui met de nombreuses années à se biodégrader.

Pour toutes ces raisons présentées dans son rapport, l’ONG propose des solutions à l’ensemble de la société pour limiter la pollution plastique. Les entreprises et les industries sont les premiers concernés car ils produisent et utilisent le plastique. Il faudrait qu’ils réduisent le plastique inutile et excessif notamment le suremballage, utilisent des matières plastiques recyclées ou des alternatives durables ce qui est rarement le cas. Ils doivent également s’investir dans l’innovation et la recherche d’alternatives durables ainsi qu’investir financièrement dans des systèmes de gestion des déchets respectueux de l’environnement.

Le pouvoir des citoyens

Chaque individu participe plus ou moins à la pollution plastique, que ce soit en achetant des produits en plastique ou en ne recyclant pas. Le problème étant que la place du plastique dans la société n’est pas remise en question. Le fait que le plastique soit une matière recyclée légitime souvent son usage excessif, voire l’encourage comme le déplore Anaelle, créatrice du blog La Révolution des Tortues. Elle partage sur son blog des astuces pour une transition vers une consommation « moins mais mieux », ainsi que ses réflexions sur l’écologie et ses enjeux actuels.

L’un des premiers pas vers une consommation plus responsable serait de prendre conscience des déchets que l’on produit et poser la question de leur utilité ou des alternatives qui pourrait les réduire. Anaelle suggère de limiter le plus possible d’acheter des produits en plastique ou emballé dans du plastique, en achetant en vrac notamment. Cependant, elle ne considère pas que le zéro-déchet soit réalisable par tous étant donné que ce mode de vie consiste à ne plus produire aucun déchet de toute sorte. Cette façon de vivre reste un « horizon, un objectif qu’il faut essayer de garder en tête en s’interrogeant sur la sur-pollution souvent inutile ».

La difficulté d’adopter un tel comportement vis-à-vis de notre consommation est que tout est organisé pour pousser à l’usage du plastique. Au lieu de sur-responsabiliser les individus, qui ne sont pas seuls à polluer, Anaelle invite à boycotter les emballages plastiques mais surtout à changer son mode de consommation.

Réduire notre consommation

Selon Anaelle, « la croissance verte n’existe pas, elle repousse toujours le problème, c’est la consommation qu’il faut remettre en question ». Elle admet que la volonté des entreprises de grande distribution comme Carrefour de pousser vers le zéro déchet en emballant moins ses produits a du mal à l’enthousiasmer car la grande distribution est le problème en soi.

Les actions collectives jouent un rôle primordial car elles permettront, à terme, de mettre fin au système capitaliste de surconsommation. Joindre une association est un bon début, Anaelle rappelle que l’association Zero waste est présente dans de nombreuses villes en France. Ces dernières préparent des actions de nettoyage par exemple ou des semaines « zéro-déchets », même si elles ne sont pas suivies strictement permettent aux citoyens de se questionner sur leur consommation.

La bloggeuse de La Révolution des Tortues s’interroge tout de même sur les actions collectives possibles. Le problème étant qu’aujourd’hui les gens ont peur de s’engager, de prendre des risques aux vues d’un gouvernement à la tolérance décroissante. Comment arrêter cette machine infernale désastreuse pour l’environnement ? Anaelle n’a pas encore la réponse à cette question mais souligne que « l’histoire a montré que l’on pouvait renverser des systèmes, même depuis longtemps établis, alors tout est possible ».

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