CINÉMA

Agnès Varda, toute en cinéma

La réalisatrice de la Nouvelle vague s’est éteinte dans la nuit du 28 mars, à l’âge de 90 ans.

«  Je me disais, j’aimerais faire un film qui ne soit pas tellement agréable à voir mais auquel on pense beaucoup après  ». Elle incarnait le cinéma libre dans tous ses états, elle était la mémoire joyeuse d’une oeuvre multiforme, elle s’imposait dans un monde trop souvent dominé par les hommes, la réalisatrice, photographe et plasticienne française Agnès Varda est morte dans la nuit du 28 mars, à l’âge de 90 ans, a annoncé sa famille.

 À la fois maitresse de son destin et témoin du génie des autres, elle fut l’une des première femmes du cinéma français à pouvoir construire une oeuvre riche et diverse. Fictions, documentaires, biographies, autoportraits, longs et courts métrages, tous les styles et formats furent visités par la veuve de Jacques Demy. 

Prod DB © Ciné Tamaris / DR Agnes VARDA, realisatrice belge nee en 1928

Agnès Varda, de son vrai prénom Arlette, avait commencé par étudier la photographie et l’histoire de l’art pour finalement s’orienter vers le cinéma, et signifier son premier film La Pointe courte en 1954, où se révélait un jeune premier, Philippe Noiret. Elle se rapproche alors d’un mouvement de jeunes cinéastes ambitieux et talentueux, la Nouvelle Vague, dont elle sera parfois un peu oubliée. D’une curiosité sans égale, autodidacte, elle trace  une carrière atypique entre films et documentaires. La Riviera, Les châteaux de la Loire, les Blacks Panthers ou encore le cinéma de Jacques Demy, toujours lui, furent autant de sujets dans des oeuvres s’éloignant du documentaire classique télévisuel  pour s’aventurer vers des formes plus expérimentales. Parmi ses plus célèbres fictions figurent Cléo de 5 à 7, son deuxième long métrage sorti en 1962,  L’une chante, l’autre pas (1977), Sans toit ni loi (1985) ou encore Jacquot de Nantes (1991), variation sur Jacques Demy, décidément.  

Après la disparition de celui-ci, elle revient vers le documentaire et livre par exemple, un bijou de sensibilité : Les Plages d’Agnès. Dans un camion photomaton, elle sillonne les routes de France avec le photographe JR, un geste artistique en perpétuel mouvement qui relie ces deux obsessionnels des visages. Transformé en film, Visages, Villages est présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2017.

Connue du grand public, à la fois pour son oeuvre et ses engagements mais également plus récemment pour son look détonant, Agnès Varda était aussi très respectée par la profession, récompensée à de très nombreuses reprises. En 1985, elle reçoit le Lion d’or à la Mostra de Venise pour son film Sans toit, ni loi. Par la suite, un César d’honneur en 2001,  une Palme d’or en 2016 et un Oscar d’honneur en 2017 lui seront décernés.

Mais parce que le cinéma n’est pas qu’une histoire de chiffres et de palmarès, mais bien affaire d’images immortelles, terminons ce triste article par deux extraits, l’un et l’autre marqués par plusieurs thèmes du cinéma d’Agnès Varda : la mélancolie, le souvenir, l’enfance et la vie malgré tout.

Cléo de 5 à 7 (1962)

Kung-Fu Master (1988)

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