Agendart – Des artistes sans frontières à l’honneur

Tous les quinze jours, la rédaction “Art” de Maze vous propose une sélection d’évènements culturels à ne pas manquer. Au programme cette fois-ci: un grand photographe chinois disparu trop tôt, un peintre hongrois….

Photographie – Ren Hang à la MEP de Paris

Avec Love, Ren Hang, la Maison Européenne de la Photographie (MEP) de Paris consacre la première grande exposition française à l’artiste chinois. Le jeune homme qui a mis fin à ces jours en 2016 à l’âge de 25 ans a eu le temps de laisser une oeuvre forte et marquante déjà reconnue. Pour le nouveau directeur de la MEP, l’anglais Simon Baker, les photos de Ren Hang composent un portrait très juste de la jeunesse contemporaine affranchie des codes de l’identité, à l’aise dans sa sexualité audacieuse et avide de divertissement. Très esthétique et composée l’ ‘oeuvre du chinois laisse toutefois transpirer une certaine inquiétude, comme si cette jeunesse était habitée par une certaine intranquillité.

Love, Ren Hang, du 6 mars au 26 mai, du mercredi au dimanche à la Maison européenne de la photographie à Paris. Tarif: 11/7€. Informations et billetterie:https://www.mep-fr.org

Untitled, 2016   © Courtesy of Estate of Ren Hang and stieglitz19

Exposition – Niko Pirosmani, le “Douanier Rousseau” du Caucase à Arles

La Fondation Vincent Van Gogh d’Arles met à l’honneur ce peintre géorgien, vagabond disparu dans la misère en 1918 et demeuré méconnu du grand public. L’exposition réunit plus de ses 30 tableaux qui ont tous en commun leurs couleurs éclatantes (même quand il s’agit de noir !). Dans un style relativement naïf, Pirosmani peint des scènes traditionnelles, des repas mais aussi et surtout de nombreux animaux – ce qui lui doit son surnom du “Douanier Rousseau du Caucase”. Le parcours de visite est ponctué d’hommages d’artistes pour qui Pirosmani est une figure importante. Si on retient surtout les photographies de Shirana Shabazi et la “table-hommage” de Tadao Ando, on retrouve aussi des oeuvres de Raphaela Vogel et Christina Forrer et même une petite esquisse de Picasso… Autre grand nom: celui de Van Gogh dont trois oeuvres sont présentées afin d’initier une tentative de dialogue entre les deux peintres.

Fondation Vincent Van Gogh à Arles. Jusqu’au 1er juin 2019. Tarif: 9/15€. Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Informations et billetterie: http://www.fondation-vincentvangogh-arles.org

Girafe, © Infinitart Foundation Vienna – Photo: Roberto Bigano

Danse – A bras le corps de Boris Charmatz et Dimitri Chamblas

Les célébrations du 350ème anniversaire de l’Opéra de Paris et des 30 ans de l’Opéra Bastille se poursuivent… au Centre Pompidou. Les 22 et 23 mars prochains les deux danseurs étoiles Karl Paquette et Stéphane Bullion interpréteront un duo signé par Boris Charmatz et Dimitri Chamblas. Les deux trublions de la danse française se sont un peu assagis, institutionnalisés depuis leurs études au Conservatoire (Charmatz est notamment directeur du Musée de la danse/ Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne et Chamblas est fondateur-directeur de la 3ème scène, la plateforme numérique de l’Opéra de Paris). Les deux chorégraphes ont composé cette pièce sur une musique de Niccolo Paganini au début des années 1990 qui, au fil des représentations, a pris de la bouteille et à évolué pour gagner en légèreté et maturité, à l’image des deux créateurs et des deux danseurs.

A bras le corps de Boris Charmatz et Dimitri Chamblas au Centre Pompidou (Grande Salle). Durée: 40min environ. Tarif: 18/14/9€. Informations et réservations: https://www.centrepompidou.fr

Photographie – Andy Summers au Pavillon Populaire de Montpellier

Vancouver – August 1982 © Andy Summers

Andy Summers est surtout connu pour être le guitariste du groupe The Police. Pourtant, depuis 1979, il poursuit également une carrière de photographe que l’exposition du Pavillon Populaire de Montpellier permet de découvrir. Plus de 250 tirages en noir et blanc, dont une majorité d’inédits sont présentés. L’exposition est divisée en deux parties, l’étage du Pavillon étant exclusivement consacré aux clichés des tournées manifestement très “sex, drug and rock’n’roll” de Police Au rez-de-chaussée, l’accrochage (malheureusement pas toujours très subtil) réunit des photos anciennes et récentes prises tout autour du monde. Andy Summers n’est pas un grand technicien – il le sait et l’assume – et bien qu’il se réfère à des grands maîtres tels que Gary Winogrand et Walker Evans, ses clichés ne sont pas de ce niveau. Ils ne sont toutefois pas dénués d’intérêt et ses cadrages “audacieux” (qu’il qualifie lui même de “cadrages bousculés”) sont généralement heureux et donnent à voir la “certaine étrangeté” qui donne son titre à l’exposition. In fine, cette rétrospective parvient à offrir une plongée somme toute assez passionnante dans les coulisses de la vie d’une rock star globe-trotteuse.

Andy Summers, Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire de Montpellier. Jusqu’au 14 avril 2019, du mardi au samedi (10h-13h et 14h-18h). Gratuit.

Chloë Braz-Vieira

Rédactrice en chef de la rubrique art. Toujours quelque part entre un théâtre, un film, un ballet, un opéra et une expo.

2 commentaires
  1. J’aimerais savoir, sur un plan critique, ce que vous signifiez par “accorochage peu subtil” concernant l’exposition Andy Summers…Je suis toujours très intéressé pae ce genre d’agument, surtout lorsqu’ils abondent en exemples précis…

    Gilles Mora