8 mars : les droits des femmes en cinq chiffres

La lutte pour les droits des femmes s’exprime souvent en pensées, en actions et en débats. Mais les inégalités entre les femmes et les hommes et les violences faites aux femmes sont une réalité concrète à exprimer en chiffres.

26%

C’est l’écart moyen entre le salaire des femmes et ceux des hommes. En France, en 2019, les femmes continuent en moyenne de gagner un salaire inférieur de 26% à celui des hommes. Plusieurs variables permettent d’expliquer les inégalités salariales. D’abord, les femmes ont souvent moins d’heures travaillées que les hommes. C’est-à-dire qu’elles ont tendance à travailler en temps partiel mais aussi à réaliser moins d’heures supplémentaires. En cause, entre autres : les tâches domestiques qu’elles effectuent. Toutefois, il y a une variable qui peine à s’expliquer : la discrimination pure. C’est lorsqu’il y a une inégalité salariale pour un même poste, à compétences et quantité de travail égales. Toujours est-il que les femmes peinent à accéder à des postes valorisés, comme ceux de cadres. Chaque 8 mars désormais, pour protester contre ces inégalités salariales, femmes et hommes sont appelées à quitter le travail à 15h40, heure à partir de laquelle les femmes travailleraient gratuitement, au vu des inégalités de salaires.

11

C’est le nombre de jours que dure le congé de paternité en vigueur aujourd’hui en France. Pour les femmes, ce congé est de quatre mois. Le débat est en cours pour allonger la durée du congé de paternité à 21 jours et ainsi encourager les pères à y recourir. Aujourd’hui, ils sont sept sur dix à le faire, selon une étude de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). De plus, « les plus fort taux de recours se trouvent parmi les cadres (environ 80%) », note l’IGAS. Les plus faibles taux de recours se trouvent parmi les travailleurs indépendants et les ouvriers (32%). Dans la majorité des cas, le faible salaire des femmes peut permettre d’expliquer pourquoi leur conjoint y recourent peu. Et les mentalités, même si elles tendent à évoluer, continuent de donner aux femmes la totale responsabilité des questions familiales.

130

C’est le nombre de femmes tuées par leur compagnon ou ex-compagnon en 2017, selon la police et la gendarmerie. Une femme meurt tous les trois jours. Le chiffre augmente jusqu’à 247 morts lorsque l’on prend en compte les suicides et les victimes collatérales des violences conjugales. C’est une réalité régulière, qui tend à augmenter. Le bilan est lourd. Et cette emprise que constituent les violences conjugales rendent difficile, parfois impossible, le dépôt de plainte.

67%

C’est le nombre de femmes évoluant dans le monde des médias qui affirment avoir été victimes de propos sexistes dans ce milieu, résultat de l’enquête #EntenduàLaRedac. Étudiantes en journalisme ou salariées dans les rédactions, elles ont répondu à l’appel par trois associations : Prenons la une, Nous toutes et Paye ton journal. Depuis le début du mouvement #MeToo, où de nombreuses personnes ont pris la parole sur des faits d’agressions sexuelles et de viols notamment, beaucoup d’univers ont été touchés. Cinéma, politique… Aujourd’hui ce sont les femmes du monde médiatique qui prennent la parole et surtout sont écoutées. Une réalité qui donne à voir un monde professionnel marqué par le patriarcat.

Deux fois moins

Les femmes ont parlé deux fois moins de temps que les hommes ces dernières années à la radio et à la télévision, toutes chaînes confondues. C’est le résultat d’une récente étude de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), qui a analysé grâce à un logiciel spécialement créé, 700.000 heures de programmes. Les données remontent à 2001 pour la radio, et 2010 pour la télévision, elles concernent autant les journalistes que les animateurs, les experts ou les personnes interrogées dans les reportages. Le temps de parole des femmes représente 33% à la télévision, et à peine 31% à la radio. Aucune chaîne n’atteint la parité. Les seules à se démarquer : la chaîne d’info France 24 avec 45% de temps de parole féminin, et M6 avec 41%. L’écart est abyssal sur les chaînes consacrées au sport : 7,4% de femmes sur Eurosport et 16,5 sur la chaîne l’Equipe, par exemple. “Ces inégalités de représentation tendent à se réduire au fil des années”, note toutefois l’auteur de l’étude David Doukhan. Ainsi, à la radio, le temps de parole des femmes a augmenté de 9,3% entre 2001 et 2018 et à la télévision, de 4,7% de 2010 à 2018, une évolution particulièrement visible sur les chaînes publiques (+7%).

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