DECRYPTAGE – La deuxième vague de “quartiers de reconquête républicaine” est lancée

Le 8 février, Christophe Castaner a lancé à Dreux en Eure-et-Loir une deuxième vague de “quartiers de reconquête républicaine” (QRR). Pourquoi ont-ils été choisis ? A quels changements les habitants doivent-ils s’attendre ?

C’est la mesure phare qui a accompagné la mise en place de la police de sécurité du quotidien. En 2018, Gérard Collomb, ancien ministre de l’intérieur, avait déjà lancé la première vague. Quinze Quartiers de Reconquête Républicaine (QRR) avaient ainsi été mis en place. Aujourd’hui, et conformément à ce qu’il avait annoncé, Christophe Castaner ne fait pas que marcher dans les pas de son prédécesseur. Il va plus loin. En doublant le nombre de quartiers concernés pour 2019, ce n’est pas quinze, mais trente-deux QRR qui vont voir le jour aux quatre coins de la France.

Restaurer la paix et la sécurité

« Pour une présence renforcée sur le terrain, une action accrue contre les trafics et une nouvelle relation à la population », c’est ainsi que le site internet du ministère de l’intérieur définit la mesure. Si Dreux a ouvert le bal, Grenoble, Saint-Etienne, Rouen ou encore Saint-Denis font également partie des élues. Leur point commun ? Il s’agit de villes où se cristallisent dans certains lieux « d’importantes difficultés liées à la sécurité ou liées à des problématiques sociales ». Violences, trafic de drogue, délinquance ou plus simplement encore un chômage de masse. Parfois, tout cela à la fois.

Trente-deux nouveaux quartiers font partie de la deuxième vague de “reconquête républicaine” /Site du ministère de l’intérieur

Dans le cadre de cette “reconquête républicaine”, les quartiers les plus sensibles de ces villes devraient voir arriver entre quinze et trente policiers ou gendarmes supplémentaires. Tout droit sortis de l’école ou encore fonctionnaires plus expérimentés, ils s’attaqueront aux deux piliers de la mesure. Une partie sera affectée à la lutte contre les trafics, tandis que l’autre patrouillera afin d’aller au contact de la population et des commerçants. Le but serait, selon le gouvernement, d’apporter la paix et la sécurité dans ces quartiers qui souffrent trop souvent de l’abandon d’un Etat qui n’en a que faire d’eux.

Mais ce n’est pas tout, ces quartiers vont également accueillir une cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS). Les préfets des départements concernés et les procureurs de la République travailleront en coopération au sein de cette institution afin de démanteler les réseaux qui y sont installés.

Une mesure qui fait débat

« Quand un dispositif fonctionne, il faut le renforcer », voilà comment Christophe Castaner a débuté son tweet annonçant la création de dix-sept nouveaux quartiers qui viennent s’ajouter aux quinze qui étaient déjà dans les tuyaux. Du côté des élus bientôt être concernés par la mesure, les avis semblent plus mitigés.

Pour certains, l’aide de l’Etat s’était déjà trop fait attendre et se réjouissent de ce coup de pouce. Mais pour d’autres, à l’instar de Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, tout cela reste trop évasif. Ils attendent beaucoup de cette police de sécurité quotidienne. Cependant, beaucoup de questions restent en suspend concernant les moyens humains ou encore les outils d’accompagnements qui vont leur être alloués.

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