« Apprentis Parents » – Une comédie familiale réussie

Sous des dehors très prévisibles, Apprentis parents est une comédie familiale sur l’adoption touchante et réussie.

Pete et Ellie sont en couple depuis plusieurs années, à la tête d’une petite entreprise de rénovation de maisons, heureux en ménage et en affaires. Pourtant, quelque chose leur manque. Ils décident alors d’adopter une enfant. Mais l’assistance publique va finalement décider de leur en confier trois, une épreuve pour laquelle ce couple ne s’était pas forcément préparé mais dont ils va finalement triompher.

Une famille instantanée

Aux Etats-Unis comme en France, le système d’accueil et de prise en charge des enfants abandonnés ou maltraités est mal en point. Les structures sont surchargées et les familles prêtent à accueillir des enfants trop peu nombreuses ou peu qualifiées. Or le nombre d’enfant à placer ne cesse de croitre. Tout l’enjeu est donc de motiver des personnes ou des couples désireux d’avoir des enfants et de les accompagner afin d’en faire des familles d’accueil pérennes capables, à l’issue du processus, d’adopter les enfants qui leurs sont confiés et de les faire définitivement sortir du système.

Ellie (Rose Byrne) et Pete (Mark Wahlberg) (c) 2018 Paramount Pictures

Pete (Mark Walhberg) et Ellie (Rose Byrne) décident de se lancer dans le cette aventure un peu par hasard, par ennui mais aussi par défi et désir de faire une “bonne action”. Les voilà donc embarqués dans une espèce de boot camp spécial parents animé par le duo Octavia Spencer et Tig Notaro, les deux responsables du centre d’accueil. A l’issue de huit semaines de formation intensive, le jeune couple d’entrepreneurs est propulsé parents de Lizzie, Juan et Lita, fratrie dont la mère junkie finit de purger une peine de prison.

Prévisible mais efficace

Et tout commence bien. Les enfants sont très heureux d’être ensemble, dans une famille relativement aisée et très aimante qui leur fait leurs premiers cadeaux à noël. De leur côté, Pete et Ellie, bien qu’un peu épuisés, s’épanouissent complètement dans leur nouveau rôle. Même leurs familles, dubitatives au départ, tombent sous le charme de cette fratrie mal partie dans la vie. C’est ce qu’on appelle la « lune de miel ». Car, rapidement, tout va se gâter : Lizzie, 15 ans, poursuit sa crise d’adolescence et défit toute autorité, Juan est un petit garçon craintif et maladroit qui se coince les doigts et la tête dès qu’il en l’occasion et Lita, terreur haute comme trois pommes n’arrête d’hurler que pour engouffrer des chips, seul aliment qu’elle accepter d’ingérer. Pete et Ellie se mettent à  regretter leur soirées en tête et tête, les sorties au cinéma et les nuits de plus de 8h… Les gags burlesques et les scènes de crises de nerfs s’enchainent de manière très efficace bien que prévisible. Le scénario, bien rythmé, sait également distiller les embuches nécessaires à la dose d’émotion obligatoire, notamment en faisant ressurgir la mère biologique à un moment clé.  

Le réalisateur Sean Anders avec Tig Notaro et Octavia Spencer (c) 2018 Paramount Pictures /All rights reserved / Hopper Stone SMPSP

Plus complexe qu’il n’y parait

Sous ses aspects de comédie « Disney channel », le film fait preuve d’une certaine complexité. Certes, la maison de Pete et Ellie ressemble à une maison de poupée et tout le monde est bien trop maquillé mais le film parvient à aborder franchement des thèmes difficiles et d’actualité : la communauté latino aux Etats-Unis, l’abus de drogue, le service public de l’adoption, le devenir des adolescents, la réinsertion, la maltraitance infantile mais aussi, avec humour, l’homoparentalité ou la religion.

La crédibilité de l’ensemble (et, en particulier, des enfants, souvent difficiles mais jamais caricaturaux) vient probablement du fait que le film est inspiré de la vie du réalisateur Sean Anders qui a lui-même adopté trois enfants. La sincérité est l’atout principal de ce long métrage qui retrace avec une justesse évidente les montagnes russes émotionnelles qui sont le propre de toutes les histoires d’adoption. Le film s’assume totalement comme familial et tout public, ce qui en fait également sa force. Après Pupille de Jeanne Herry sorti fin 2018 qui traitait déjà de ce sujet, voilà donc de quoi donner envie de sauter le pas de l’adoption.

Chloë Braz-Vieira

Rédactrice en chef de la rubrique art. Toujours quelque part entre un théâtre, un film, un ballet, un opéra et une expo.

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