MUSIQUE

Moodoïd nous ouvre les portes de la Cité Champagne

Quatre ans après son premier album, Le Monde Möö, Moodoïd continue de faire chavirer les cœurs. Il nous entraîne cette fois dans les méandres sinueuses de l’éclatante Cité Champagne, ville auréolée de lumière et de sensualité, son album sorti le 8 juin dernier.

Nous avions rencontré Moodoïd fin avril, il nous parlait alors de Cité Champagne dont il venait justement d’annoncer la publication future : “J’avais envie que cet album soit mon album urbain, celui du bruit, de l’effervescence.” L’album se décline ainsi autour de la notion de ville, d’urbanité, sa nervosité perpétuelle et sa démesure, celle où les langages s’entremêlent. La Cité Champagne se révèle alors comme étant la ville de tous les possibles, où la beauté est omniprésente.

Depuis octobre dernier, Moodoïd nous berce dans cette esthétique rouge vif, charnelle et luxuriante. Reptile, Miss Smith et Planète Tokyo sont à nouveau présent ici, après leur publication au sein de l’EP Reptile. Pour son dernier album, Moodoïd pose fièrement en maître triomphant de la Cité Champagne sur la pochette.

« Ça me permet de développer une identité visuelle, un personnage de scène, c’est très important pour moi l’idée qu’un album doit être accompagné d’un univers particulier. »

La force de cette album est une véritable unicité musicale, comme Moodoïd avait su la constituer dans Le Monde Möö. Chaque morceau s’articule de manière logique et ne connote pas avec l’ensemble, il y a ici un véritable travail d’harmonie tourné vers l’électro-pop. Cependant la musique de Moodoïd conserve son aspect multiculturel, chantant en Français, en Anglais, mais aussi en Japonais. De Langage à Chamberlain Hotel, en passant par Amour Voiture, la Cité Champagne se veut être un voyage sensoriel en lévitation au dessus de ce monde mosaïque, construit entre l’ébullition tokyoïte et le charme sexy des soirées parisiennes.

Pour cet album Moodoïd a en effet parcouru le monde et particulièrement le Japon, pays avec lequel il entretient un lien tout particulier. Il s’est ainsi offert un duo avec la chanteuse de Wednesday Campanella, pour un melting-pot détonnant, sensuel à souhait, mettant en lumière la beauté d’un langage étranger. Puisant dans la musique de Prince,  de la funk,  des Yellow Magic Orchestra, et des eighties en général, Pablo Padovani et ses différents collaborateurs se sont par conséquent éloignés du psychédélisme inhérent de la musique de Moodoïd. Ils parviennent pourtant ici à nous transporter dans un univers à la fois onirique et érotique, menant l’auditeur aux confins d’une intrigue amoureuse éperdue.

Les thèmes abordés par l’album sont très divers : la sexualité, l’amour, la tristesse, l’étrange, l’altérité, le désespoir… Pablo Padovani signe toujours ses textes avec autant de brio, seul le morceau très pop Chamberlain Hotel a été composé par l’artiste Flavien Berger. En effet, Moodoïd continue de bien s’entourer pour composer sa musique. On retrouve alors à la production Pierre Rousseau, échappé du groupe Paradis, David Wrench et Lex. Et si les musiciens ne sont plus tous les mêmes depuis Le Monde Möö, la féminité excitante du groupe continue de s’épanouir ici, grace à des sonorités vocales assumées et au caractère transitoire de son protagoniste.

Pour retrouver Moodoïd en live rendez-vous à la Magnifique Society le 17 juin, à la soirée  Carte Blanche organisée par Flavien Berger dans le cadre du Days Off le 5 juillet, ou le 17 juillet à Arles pour les Escales du Cargo. Moodoïd se produira également dans son nouveau pays de cœur, au Japon, pour le Summer Sonic en août prochain.


Cité Champagne, de Moodoid, Because Musique, sorti le 8 juin 2018

 

Auteur·rice

Du cinéma et de la musique - Master Métiers de la Culture

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