Maze in France #19 – Le Roi Angus, élan dream pop maîtrisé

C’est une de nos découvertes de février 2018. Après un premier album en 2015, Le Roi Angus revient avec Est-ce que tu vois le Tigre ? . Un album à la fois abordable et onirique, au sein duquel  le groupe cherche à faire ses preuves, et à définir une véritable identité visuelle et musicale.

Ils sont cinq, ils sont Suisses, mais ils sont avant tout francophones. Ainsi en plus d’emprunter un langage original qui leur est bien propre, Le Roi Angus chante dans la langue du pays qui semblent les avoir d’ores et déjà adoptés. Si aujourd’hui Le Roi Angus commence à rayonner en France, c’est grace à ce second album fort convainquant et abouti. Est-ce que tu vois le tigre ?  est sorti chez Echo Orange le 2 Février 2018 en version digitale, il est également disponible en CD et vinyle depuis le 2 Mars. Cet album dessine une suite subtile à leur premier opus, Iles Essentiel.

 

Est-ce que tu vois le tigre ? – Visuel

 

Des lignes de basse maîtrisées, des textes mis en valeur par une voix assurée et feutrée. Le Roi Angus fusionne des caractéristiques qui propulsent son style énergique et majestueux. Est-ce que tu vois le tigre ? indique une véritable maturité en studio qui ne demande qu’à être assouvie sur scène.

A l’image de La Wax, qui se projette sur des mélodies entraînantes, ce dernier album amène l’auditeur et le spectateur dans une virée sensationnelle et loufoque. Un éloge authentique et coloré, présent au sein des morceaux Lesbos ou L’été, qui  auront tout à fait leur place dans des playlists estivales. 

 

 

Loin d’être négligé le style du Roi Angus s’avère, au contraire, être une disposition sophistiquée de différents codes. Des choix qui interloquent l’auditeur, et l’invitent à se réapproprier cette musicalité. Le groupe s’attribuent des empreintes diverses, en associant une dream pop presque californienne, associée à une variété française mielleuse et attachante. Un faisceau mélodieux qui se démarque et constitue un ensemble décomplexé.

Le Roi Angus est à la fois ancré et à contre courant au sein de la scène indépendante actuelle. En effet, le groupe fait revivre des guitares plus sixties et s’éloigne d’un groove impétueux, aujourd’hui imposé par des synthés omniprésents dans la musique. Le Roi Angus joue les poètes maudits et amoureux. Il produit des compositions qui dénotent, qui déconnent, mais qui ne perdent pas de leur objectivité.

Une approche de la musique juste et encourageante. C’est une démarche fructueuse, comme l’a démontré leur passage au Silencio à Paris, le 28 Février dernier. Un groupe à voir, et une actualité à  suivre, sur leur page Facebook, avec des concerts à venir prochainement.

 

Caroline Fauvel

LILLE

Du cinéma et de la musique - Master 1 Métiers de la Culture

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