CINÉMA

« Mary et la fleur de la sorcière » – Un Disney à la japonaise

Sorti le 21 février 2018, Mary et la fleur de la sorcière est un film d’animation japonais, premier né des studios Ponoc. L’histoire se déroule dans la campagne anglaise et on suit la découverte d’un monde magique avec la jeune Mary, petite fille énergique et turbulente.

Mary et la fleur de la sorcière était sûrement le film d’animation le plus attendu par les fans du genre en 2018, et il avait de quoi promettre la lune : premier film d’animation du studio Ponoc, studio créé par des anciens employés de Ghibli notamment par le réalisateur Hiromasa Yonebayashi, dont on se souvent de la douceur de son Souvenirs de Marnie, ou encore de la passion de son Arrietty  ; une qualité visuelle et une bande originale aussi belle qu’agréable, et la bande annonce faisait penser à un joli mélange entre les sorcelleries de Kiki la petite sorcière et le côté fantasque du Château Ambulant. Beaucoup d’héritage donc, peut être trop, très lourd à porter.

Mary et la fleur de la sorcière tient ses promesses musicales et visuelles, la première scène notamment est à couper le souffle, et tout le film respire Ghibli dans l’esthétique, mais c’est à peu près les seules qualités notables du film. Le scénario est prévisible, et n’apporte aucune profondeur au développement des personnages ou des thématiques, déjà peu profondes, abordées dans le film. Les personnages sont plats et leur personnalité tient dans l’épaisseur d’une feuille de papier : Mary est le seul personnage étoffé, une sympathique petite fille, maladroite et enthousiaste mais qui gagne en assurance durant le film.

Le film devient tombe dans un grotesque ridicule – notamment durant la visite de l’académie des sorciers – à tel point qu’on se demande si cela ne fait pas partie du scénario, si le masque carnavalesque n’est pas prêt à tomber à tout moment pour nous révéler la farce. Mais non. On est bien loin de la profondeur des films de Hayao Miyazaki ou de son compère Takahata. Certes, l’idée n’est pas de comparer ce film à ceux de ses mentors, mais les références aux films des studios Ghibli sont nombreuses durant le film, et une affiliation si clairement marquée méritait un scénario plus soigné.

Le studio Ponoc ne reprendra pas le flambeau du studio Ghibli. Peut être pour notre plus grand bien car de nombreux jeunes réalisateurs japonais pointent leur nez, et leurs films valent le coup d’œil : on peut penser à Night is short, Walk on Girl de Maasaki Yuasa, le Miss Hokusai de Keiichi Hara, ou encore le Silent Voice de Naoko Yamada.

Un conseil : n’allez pas voir Mary et la fleur de la sorcière, écoutez à la limite sa bande-originale sur YouTube, mais penchez-vous plutôt sur les nouveaux prodiges japonais, bien moins connus mais bien plus intéressants.

Auteur·rice

Docteur en curiosité, conteuse d'histoire, adepte des vidéos de vulgarisation sur youtube, et fan incontestée d'Alain Damasio, je veux changer le monde (entre autre) et faire dégonfler mes chevilles !

    Vous pourriez aussi aimer

    More in CINÉMA