CINÉMA

Les traces du talent de Philip K. Dick dans le cinéma SF

Né en 1928 dans l’Illinois, Philip K. Dick n’était ni scénariste ni réalisateur, mais avec quarante-quatre romans et cent vingt-et-une nouvelles, l’auteur de science-fiction a laissé derrière lui une trace dans la littérature qui sera beaucoup reprise dans le cinéma moderne.

C’est dans les années 1950 que Philip K. Dick entame sa carrière littéraire. À cette époque-là aux États-Unis, la science-fiction est en plein essor ; les invasions extra-terrestres dominent les œuvres du genre, traduisant l’angoisse et la peur de l’Autre et de l’Inconnu dans le contexte de la Guerre Froide où la menace d’une attaque soviétique est latente.
Méfiant du gouvernement, c’est en traduisant cela dans son œuvre que l’auteur américain se démarque des autres romans de science-fiction de son époque.
Si Philip K. Dick connaît un succès croissant dans les années 1960 — notamment en gagnant le prix Hugo, attribué aux œuvres de science-fiction, et celui du meilleur roman en 1962 pour Le Maître du Haut Château— ce ne sera qu’une vingtaine d’années plus tard que son œuvre marquera fortement le cinéma de science-fiction.

Des traces de son œuvre dans les classiques de la science-fiction…

En 1984, l’influence de l’auteur se fait ressentir dans la nouvelle franchise Terminator, de James Cameron. Celle-ci reprend des thèmes récurrents chez l’auteur : des androïdes qui ressemblent à des humains, le voyage dans le temps, la guerre… Reprenant aussi le thème des androïdes, Blade Runner de Ridley Scott, sorti en 1982 est basé sur le roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? paru en 1966. Si le titre du film change grandement du titre original, le script lui-même a posé beaucoup de problèmes— il existe officiellement sept versions différentes de Blade Runner.

… À une présence immuable, encore aujourd’hui

Mais l’influence de Philip K. Dick ne se limite pas aux années 1980. Plus tard, dans les années 1990 et 2000, ses œuvres continuent de marquer le cinéma. Total Recall de Paul Verhoeven parait en 1990, inspiré de Souvenirs à vendre. On y retrouve le leitmotiv de la planète Mars et la méfiance qui marque profondément l’œuvre de l’écrivain et qu’on retrouve aussi dans Blade Runner. D’ailleurs, le thème de la méfiance devient central dans Minority Report (2002) de Steven Spielberg, qui reprend le roman du même nom, thème qui caractérise d’ailleurs l’œuvre de l’auteur et le genre du Paranoid Fiction, sous-genre de la science-fiction (on trouve d’ailleurs des attributs de ce genre chez George Orwell beaucoup plus tôt — dystopies, régimes totalitaires, conspirations, soupçon du gouvernement…). Si Philip K. Dick explorait ces thèmes, c’est certainement dû à la paranoïa et aux hallucinations dont il souffrait. Dans la plupart de ses œuvres, ses personnages vivent une vie visiblement ordinaire jusqu’au moment où ils réalisent que toute leur réalité, tout ce qu’ils pensaient être vrai, n’était qu’illusoire.
Cet aspect de son œuvre inspirera par ailleurs de grands réalisateurs. Parmi ces réalisateurs et films se trouvent David Fincher, avec Fight Club, Matrix des Wachowskis, Being John Malkovich de Spike Jonze, Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry, Donnie Darko de Richard Kelly, ou encore Memento et Inception de Christopher Nolan.

En définitive, la marque laissée par Philip K. Dick dans le cinéma de science-fiction est indiscutable. Ses œuvres explorent des thèmes repris encore et encore depuis maintenant plus de trente ans, et son influence s’est par la suite élargie vers d’autres genres cinématographiques, certains réalisateurs choisissant d’intégrer des caractéristiques précises dans leurs films— qu’ils soient de science-fiction ou non.
Aujourd’hui on attend donc avec impatience la sortie de Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, la suite du film de 1982 avec Harrison Ford, qu’on pourra apprécier en salles à partir du 6 octobre. Amazon Prime héberge de plus la série The Man in the High Castle, adaptation du Maître du Haut Château et le même site accueillera courant 2018 la série Philip K. Dick’s Electric Dreams, produite par Bryan Cranston.

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