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Killing Joke, Dédo proche de son public

Nous suivons Dédo, avec plus ou moins d’attention, depuis ses débuts au Jamel Comedy Club. Depuis tout ce temps, ce ne sont pas les projets couronnés de succès qui manquent. S’il a su entretenir le personnage du métalleux acerbe, il a pourtant bien évolué depuis lors.

Jusqu’au 28 juillet, pour sa dernière, vous pourrez voir le nouveau spectacle de Dédo, Killing Joke, à la Nouvelle Seine. Il revêt à nouveau le costume du personnage qu’il a créé et qui lui va si bien. Le métalleux acerbe et désabusé, qui avec ses blagues nous met devant l’absurdité de certaines situations quotidiennes et des réactions que nous pouvons avoir. Ainsi, Dédo balaie pendant une heure des sujets aussi variés que les histoires d’amour, l’enfance, l’éducation, les canards ou encore la chanson. Il nous emmène d’un sujet à l’autre avec subtilité et décalage, trouvant des liens là où nous ne les voyons pas immédiatement.

Assumant ses influences venant de la scène du Stand Up américain, Killing Joke nous présente un style très personnel. Même s’il saute d’un sujet à l’autre sans arrêt et s’amuse des réactions du public devant l’incongruité de situations qu’il raconte et de certaines réflexions qu’il peut faire, deux éléments sont frappants. Tout d’abord, et de son propre aveu, ce qui amuse le plus Dédo pendant ses représentations, ce sont les interactions avec le public. S’il s’amuse déjà des réactions de surprise à certaines de ses blagues, c’est en posant des questions à ses spectateurs et spectatrices qu’il prend le plus plaisir à monter sur scène. Il crée ainsi une relation complice avec l’assistance, se lançant dans une espèce de discussion au fil de son texte. La partie improvisée de son spectacle en est donc d’autant plus importante – et plaisante.

(Photo issue de la page Facebook de Dédo – crédits Laura Gilli)

 

Enfin, le second point remarquable de Killing Joke est de n’utiliser quasiment que de l’humour inclusif. Même quand ses blagues s’inscrivent dans un sujet particulièrement délicat. Si Dédo tourne en ridicule des situations et des réactions, notamment par rapport à la politique ou aux attentats, il ne se moque pas des personnes derrière ces réactions. Son humour ne s’exerce pas malgré les gens et a fortiori le public, mais avec chacun·e. Si certaines situations peuvent mettre mal à l’aise à cause du sujet abordé, ce n’est pas à cause de moqueries mais parce qu’il nous pousse à sortir de notre zone de confort.

En bref, notre seul regret est d’avoir découvert ce spectacle trop tard. On vous conseille de courir le voir avant qu’il ne s’arrête et de suivre le travail de Dédo, notamment l’Histoire Racontée par des Chaussettes, une excellente émission actuellement en production.

Auteur·rice

Je suis un ingénieur créatif, étudiant en curiosité, vadrouilleur de l'Internet amateur de culture.

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