CINÉMA

Le confessioni : un thriller politico-financier sauce italienne

Un moine, une écrivaine, un chanteur populaire, des politiques et des financiers dans le cadre paisible d’un hôtel de luxe en Allemagne. Que peut-il bien arriver ? La mort de l’un d’entre eux. Le réalisateur Roberto Andò se mue en Agatha Christie italien.

Le confessioni (« Les confessions » en français) raconte un décès suspect survenu lors d’un sommet international destiné à éradiquer définitivement la pauvreté dans le monde. Daniel Roché (incarné par l’acteur français Daniel Auteuil) est un expert financier, directeur du FMI, qui convoque un moine pour se confesser. Le lendemain de leur rencontre, Roché est retrouvé mort dans sa chambre. Le moine refuse de livrer le contenu de sa discussion avec le financier aux autorités pour protéger le secret de la confession. Il est alors accusé de l’avoir assassiné.

Pleins phares sur le fond

Le cadre est lumineux et paisible, parfait pour un film du genre. La mise en scène est très sobre laissant l’intrigue captiver le spectateur. Si le décor planté correspond tout à fait à ceux au sein desquels se déroulent les vrais réunions de ce type, ce n’est pas un film réaliste. C’est plutôt un conte politique ou une farce dans laquelle les ministres et les financiers ne sont que de vulgaires marionnettes d’un système financier qui est une « mafia » moderne. Le réalisateur revendique s’être inspiré du film d’Albert Hitchcock I Confess. Le film tombe vite dans une opposition assez attendue entre l’humanisme du moine et le monde économico-politique : il y a quelque chose de pourri au royaume de la finance.

Quelques écueils

L’acteur Toni Servillo incarne le moine qui se retrouve au centre de toutes les attentions après la mort de Daniel Roché. Il revêt sa tenue de moine et d’un visage humaniste de façon impeccable. Mais le reste du casting est assez décevant. On retrouve Pierfrancesco Favino, Connie Nielsen, Marie-José Croze, Moritz Bleibtreu, Lambert Wilson, Richard Sammel, Togo Igawa, Johan Heldenbergh, Stéphane Freiss, Andy de la Tour, Alexeï Gouskov… pour ne citer qu’eux. Ce n’est en aucun cas leur talent d’acteur qui pose problème mais plutôt le choix du réalisateur de faire un casting aussi international qui est un pari raté. On passe du français à l’italien à l’anglais avec parfois des extraits dans d’autres langues encore… Et le rythme du film y perd beaucoup.

Mêler politique, finance, secrets et religion est une bonne idée. Le moine est un personnage silencieux pendant la majeure partie du film mais c’est grâce à lui les langues finissent par se délier. Si l’ambiance de mystère est fascinante et réussie, il semble qu’à avoir voulu montrer beaucoup trop (trop de personnages, trop de dénonciations qui partent un peu dans tous les sens, trop de langues différentes etc.), le réalisateur embrouille un peu son spectateur. A voir si vous êtes un fan de films policiers, mais vous risquez d’être déçu si c’est l’aspect altermondialiste qui vous intéresse le plus.

Auteur·rice

Secrétaire générale de la rédaction du magazine Maze. Provinciale provençale étudiante à Sciences Po Paris. Expatriée à la Missouri School of Journalism pour un an. astrig@maze.fr

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