Photo : Eytan Jan
Batteur de Tame Impala et membre d’Aquaserge et Aquagascallo, Julien Barbagallo est de retour en solo avec son deuxième album Grand Chien. Dans ce nouvel opus, le Tarnais joue avec la langue française pour offrir un album où les émotions s’évadent dans de grands espaces.
Cheveux en broussaille, petite chemise colorée, le Tarnais Julien Barbagallo a tout d’un troubadour des temps modernes. Guidé par sons sens de l’écriture bien ciselée, par les beaux sentiments et les voyages, il se profile à la manière d’un poète occitan médiéval. Et pourtant, sa musique a tout d’intemporel. Mystique et rêveuse.
S’il sort son album Grand chien sous le nom de Barbagallo, le musicien se dépense dans plusieurs groupes depuis plusieurs années : Tame Impala, Aquaserge, Aquagascallo. “Je ne cherche pas à multiplier les projets, je ne suis pas un hyperactif, explique-t-il. J ‘ai toujours suivi le courant où qu’il m’emmène du coup c’est parfois très varié et simultané. Parfois plus calme. Il faut vivre les projets quand ils se présentent, sans trop réfléchir. En général les choses rebondissent d’elles-mêmes.”
Et pour Barbagallo, les choses rebondissent bien. A chaque nouveau projet, il met son sens artistique à l’épreuve et l’aiguise. A chaque nouveau projet, il mûrit aussi.
“Toutes les rencontres que j’ai fait ces 10 dernières années, toutes les amitiés que j’ai pu tisser ont une influence sur moi et donc sur ma musique.”
Un album-voyage
Pour son deuxième album en solo, Barbagallo dégage de belles ritournelles pop, avec de délicieuses pincées de psychédélisme. “Je vois cet album comme un mélange d’émotions qui vit au fond de moi et quand vient le moment d’écrire je jette un filet de pêche et vois ce qui remonte.”
Dans son filet poétique, on retrouve des traces de son éloignement en Australie et lors de la tournée, des destinations de son tour du monde, son retour chez lui, à Toulouse, des univers parallèles, des lieux d’exil où les hommes sont parfois loin. On y décèle aussi ses racines siciliennes, comme sur le morceau Mungibeddu. “J’ai pas mal enregistré à la maison à Melbourne mais aussi en tournée à l’hôtel ou dans le tourbus quand je partais avec Tame Impala”, confie-t-il. Pour lui, l’amour est un voyage comme il le raconte dans le titre Le nouveau Sidobre. De vallées en vallées, les grands espaces libèrent les beaux sentiments qui gagnent en intensité.
Trouver le mot juste
Véritable troubadour, il travaille particulièrement la texture de la mélodie. “C’est en règle générale comme ça que je fonctionne : la mélodie en premier. Ça doit venir du temps où j’écoutais beaucoup de chansons anglo-saxonnes sans comprendre les paroles. Tout mon intérêt reposait sur la mélodie, les arrangements.”
Mais derrière ce sens aiguë de la mélodie, ce qu’il le caractérise, particulièrement sur cet album, c’est bien son travail sur le texte et les mots. “Le travail sur les paroles est assez long, je tourne tout dans tous les sens, je cherche le mot juste, la forme juste. Je cherche surtout à échapper au langage comme système en quelque sorte. J’appelle la magie.”
Une recherche qui se retrouve bien dans le travail de la Souterraine, sorte de laboratoire de l’underground musical français qui a été le premier à révéler le talent de Barbagallo. “La Souterraine montre bien qu’il existe en France un tas d’artistes qui font avancer la langue, qui jouent avec.”
Et ce boulimique musical ne s’arrêtera par en si bon chemin. “J’ai commencé à travailler sur le prochain disque. J’ai aussi un projet de chansons pop en occitan aussi, une sorte de Pet Sounds occitan mais il va falloir trouver le temps ! “
En concert le 14/01 à l’Aéronef à Lille, le 24/02 à la Nouvelle Vague à Saint-Malo, le 1/03 au Cargö à Caen et le 23/03 au Moulin à Marseille.




